KEPPLER
De nos jours, il eût compté parmi les médecins distingués, amateurs du progrès et constamment armés des instruments de précision, gloire de la science moderne; mais en l'année 1600 il resta solitaire, incompris^ et ne fit pas de disciples.
156S. BOTALLI. - LA COMMUNICATION DES DEUX OREILLETTES. — LE CANAL ARTÉRIEL,
LEONARDO BOTALLI, né à Asti en Piémont, vint exercer eu France. Il fît connaître aux anatomistes le canal artériel et la communication des deux oreillettes chez le fœtus, ouverture qui reçut dès lors le nom de trou de Botal; on ne peut dire cependant qu'il eut le mérite de la découverte, car Galien lui-même a signalé ces faits dans son anatomie, mais ils avaient été fort oubliés.
Botal était grand paxiisan de la saignée ; et comme Avicenne avait enseigné que le corps humain contient, environ, 25 livres de sang, il affirmait, à son tour, que Ton pouvait sans crainte en retirer jusqu'à 17 livres par les saignées, sans nuire au malade ! Hélas! pauvres malades!
le^71-1630. KEPPLER ENSEIGNE A COMPTER LE POULS PAR LA MESURE DU TEMPS.
Cependant on tâtait le pouls des malades depuis des siècles ; on étudiait ses différences suivant les âges, les maladies. Hcrophile et Ru/us avaient essayé de le soumettre au rythme musical, Sanctorius de le montrer aux yeux avec son instrument, et personne n'avait eu l'idée si naturelle d'appliquer au pouls la mesure du temps !
Il fallut qu'un astronome, mais un de ces hommes universels qui s'occupent de toutes les sciences, JEAN KEPPLER, apprit aux médecins que l'homme né dans le temps devait être mesuré avec le tempSy et qu'il convenait de [compter le pouls par minutes et par secondes. Haller, qui nous a conservé ce souvenir dans ses Éléments de physiologie appelle avec admiration Keppler vir ad inveniendum natus. Cette conception fut des plus heureuses, car elle permit au clinicien de connaître par un rapport numérique fixe l'état du pouls en toutes circonstances; ce rapport numérique est encore, de nos jours, une des données les
' Hallkh. Elcmenta phyiiiulogiw . t. II, p. 2o9.
RIOLAN.
plus simples, les plus délicates et les plus fidèles de la séméiotique du pouls, puisqu'elle peut nous en faire distinguer, sans peine, une fraction d'un 60% un 100% un 150^ de minute.