‹ Le circulation et le poulsChapitre 23 sur 669 · DANS LES ÉCOLES · texte numérisé non relu

DANS LES ÉCOLES

Bientôt, plus d'un anatomiste finit par connaître les travaux de Césalpin. Le plus célèbre d'entre eux fut eustache RUDio, c/e Padoue, qui professa depuis 1599, et devint par conséquent le maître d'Harvey (Harvey étudia dans cette école pendant cinq ans, depuis 1597^ et fut reçu docteur dans cette même faculté en 1602J). Il résuma d'une façon complète, dans son enseignement, les idées de Colombo, à'Aranzi, de Guido et de Césalpin.

C'est par lui que l'on voit clairement la tradition du vrai, transmise pendant les cinquante-neuf ans qui s'écoulèrent entre les écrits des deux savants, depuis les Quœstiones peripateticœ du philosophe, comme il l'appelait, jusqu'au Tractatus de corde de Harvey en 1628.

C'est dans Zecchinelli ^ surtout qu'il faut puiser tous les éclair-^ cissements donnés sur ce point difficile. On y verra comment les enseignements de Rudio sur la structure et les fonctions du

' Freind. Histoire de la médecine depuis Gaiien jusqu'à la fin du XVI" siècle.

- Zecchinelli (Maria). Délie dottrine sulla struttura e sulle funzioni ciel cuore e delk arterie che imparo per la prima voila in Padova G. Harvey, da Eustachio Rudio, e corne esso lo guidarono direttamente a sludiare, conosceve e dimostrare la circulazïone del sangm. Padova, 1838.

SAEPI.

cœur et des artères, durent guider Guillaume Harvey, da.ns ses études d'abord, puis dans sa démonstration de la circulation du sang.

1552-1623. PAOLo sarpi, son rôle dans l'histoire

PAOLO SARPI, religieux servite, vécut en Italie à Venise, de 1552 à 1623, C'était un homme d'une grande science, ayant diton cette perspicacité qui devine, cette imagination active qui s'occupe de tout. Aussi plusieurs auteurs, parmi lesquels Jean Leonicenus, ont prétendu que Paolo Sarpi avait découvert la circulation du sang et connu les valvules des veines. Il aurait communiqué son secret à Fabrice d' Acquapendente, successeur de Fallope, qui à son tour le découvrit à Harvey, son élève à l'école de Padoue, et ce dernier reçut les honneurs de la découverte, comme s'il l'eût accomplie seul, par l'effort de son propre génie.

Mais c'est en vain que les adversaires de Harvey, le père Fulgence^ Vesliiig^ Jean Waldeus, Th. Bartholin, etc., ont voulu glorifier ainsi Paolo Sarpi ; de notre temps M. Bianchi-Govini a retrouvé et publié en 1838 un document nouveau^ une lettre de Sarpi lui-même, qui montre d'une manière précise l'état de la question

« Je ne suis plus, dit-il, dans une position qui me permette de faire des observations anatomiques sur des agneaux, des chèvres, des vaches et d'autres animaux. Si je le pouvais, je serais en ce moment plus désireux que jamais d'en répéter quelquesunes à cause du noble présent que vous m'avez fait du grand et bien utile ouvrage de l'illustre Vésale.

« Il y a réellement une grande analogie entre les choses déjà remarquées et notées par moi, à l'égard du mouvement du sang, dans le corps animal, et de la structure ainsi que de l'usage des valvules, et ce que je trouve avec plaisir indiqué, quoique moins clairement, dans les livres VII et IX de cet ouvrage. »

Que résulte-t-il de ce passage ? Que Sarpi en était à peu près au même point que Vésale. Il a observé les valvules des veines ; il a reconnu que le sang avait un mouvement. Mais de là à

' BiANCUi-GoviNi, Revue de Londres et de Westminster, Avril 1838,

SANTOiîIO. 49

décrire la circulation complète, telle qu'elle fut expliquée si admirablement par Harvey, il y a tout un monde. Aussi, tandis que les partisans de Sarpi vont jusqu'à dire que, député par le Saint-Père, à Londres, pour le concile de Trente, il y connut Harvey et lui fît part de ses idées sur la circulation, idées que le savant anglais aurait mises à profit plus tard, il faut, croyonsnous, retourner la question, et nous devons penser que, si Frà Paolo connut un jour la circulation, ce fut Ilarvey qui dut communiquer au savant religieux servite le résultat de ses expérimentations décisives.

Du reste, nulle part dans ses œuvres Frà Paolo ne se donne comme inventeur d'une si grande découverte, et ceux qui ont mis son nom en avant ont absolument dépassé sa pensée et son désir.

La gloire de Harvey reste donc ici bien intacte.

1S42. VIDUS VIDIUS. LES TUBERCULES fciIGMOIDES DE l'aOETE.

GUIDO GUIDI, plus connu sous le nom de Vidus Vidius, et médecin de François I", décrivit les corpuscules des valvules aortiques.

« Il y a^ dit-il, au milieu de chaque valvule sigmoïde, une pointe cartilagineuse ou tubercule, qui a la figure d'un demicercle. »

Les descriptions données par Aranzi, Rolfinkius et Kemper, cités par Morgagni, sont toutes postérieures au travail de Vidus Vidius.

1S61-1636. SANTORIO COMPOSE le PREMIER PULSILOGB.

SANTORio, généralement nommé Sanctorius., médecin istrien, prétendait avoir reconnu 73 espèces de pouls différents.

Il parle d'un instrument nommé pulsiloge, qu'il avait imaginé pour les obsèrver et les apprécier^ mais il n'en donne pas la description.

Il introduisit également l'usage du thermomètre et de l'hygromètre dans l'étude des phénomènes physiologiques et pathologiques.

C'était là d'excellentes données, mais il venait deux siècles trop tôt pour pouvoir s'en servir utilement.

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