EFFETS DE LA RESPIRATIOIM ENTRAVÉE
la table externe de l'os sur une certaine étendue, on peut voir se produire tout aussi bien les accidents de l'entrée de l'air dans les yeines que si les jugulaires étaient intactes : il suffit pour cela que l'animal exécute quelques mouvements inspiratoires assez énergiques.
On peut faire la contre-épreuve : 1° Si l'on comprime ou lie les deux veines vertébrales à la base du cou en laissant libres les jugulaires; l'air ne pénétrera pas dans le système veineux.
2° Si l'on met à nu Tune des veines vertébrales, qu'on la lie et qu'on ouvre l'autre, on ne trouve d'air que dans les canaux diploïques du côté correspondant.
Indication thérapeutique. — Le Frank tire même cette déduction, que, dans l'opération du trépan, il est prudent de fermer avec de la cire à modeler les canaux osseux entamés, aussi bien pour parer aux kémorrhagies veineuses que pour éviter Ventrée de Vair dans les veines.
Nous ajouterons que pareil accident pourrait arriver en pratiquant la saignée du sinus longitudinal supérieur; saignée qui peut cependant se montrer si utile, si efficace dans le cours de la méningite et de V encéphalite chez les jeunes enfants dont les fontanelles sont encore accessibles à la lancette.
Effets de la respiration entravïée sur la circulation VEINEUSE. — Lorsqu'un obstacle vient entraver le libre accès de l'air dans les poumons pendant l'inspiration, le sang veineux afflue dans la poitrine.
Au contraire, lorsque le larynx se resserre pendant que les parois pectorales se contractent avec force, le sang reflue dans les veines extérieures. C'est là ce qui arrive à chaque effort musculaire, pendant le m, le chant et même la parole soutenue, mais plus encore pendant les efforts nécessaires pour vaincre une résistance, plonger, ou soulever un fardeau.
BERTIN * avait dès l'année 1758 parfaitement étudié ces divers phénomènes.
On les reconnaît facilement chez les personnes maigres, au gonflement des jugulaires et des veines de la face.
Lorsque ces efforts sont souvent répétés, ils peuvent amener une telle distension des veines^ que les valvules devien-
' Bertin. Mém. sur la principale cause du gonflern^. et du dégonflem^ alternatif des veines jugulaires, différent de celui qui est produit par la contract. de l'oreilletle droite du cœur, Mém. de l'Acad. des sciences, P. 1758, p. 260.