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INFLUENCE DE LA PEESSION VEINEUSE

donnée : il se produit un étal de pléthore dans cette veine et la pression y devient très forte.

MAGENDIE, * dans ses leçons au Collège de France, "a démontré qu'en serrant ou relâchant tour à tour une ligature qui entravait le retour du sang veineux par les collatérales, l'hémodynamomètre placé dans le seul calibre veineux resté libre montait tellement, que sa pression équivalait à celle du sang dans l'artère correspondante, tandis qu'en relâchant la ligature, la pression sanguine redescendait aussitôt au degré normal.

Infuenck de la pression veineuse sur la pression artérielle. — Nous venons de voir combien varie la pression veineuse, mais la circulation tout entière étant en communication constante, chaque variation de la pression des veines s'impose peu à peu, comme une vis a ter^o, aux capillaires d'abord, puis aux artères, puis au cœur gauche lui-même, en sorte que tout obstacle à la circulation exerce bientôt son retentissement sur la fonction entière, et c'est alors qu'apparaissent les symptômes généraux.

iStase veîncwse. — Quand les deux pressions artérielles et veineuses se trouvent équivalentes au sein d'un organe, le sang après quelques oscillations s'arrête d'abord dans les capillaires, puis, comme les artères sont toujours plus contractiles, c'est dans les veines plus faibles, plus dilatables, que le sang séjourne en définitive, c'est la stase veînewse.

Cette stase comprend trois périodes, suivant qu'elle est passagère, durable ou définitive. — Quand elle est passagère, elle produit d'abord : congestion et asphyxie. — Si elle persiste, il se fait : épmichemènt, transsudation. — Si elle dure indéfiniment, il y a régression ou atrophie, soit d'un tissu, soit d'une région, soit d'un organe.

Congestion. - — Cette première période, la seule que nous devions étudier ici, peut être plus ou moins longue, suivant les organes et leur richesse en vaisseaux capillaires, mais surtout suivant la pression qui s'exerce sur les parois vasculaires. A mesure que cette pression s'élève ou se prolonge, on voit les veines augmenter de volume et devenir turgescentes. La plupart des veines peuvent doubler, tripler de volume. — Il en est pour lesquelles cette mesure est dépassée.

' Magendie. Leçons sur les phén. phijs. de la vie. 1837, t. ill, p. 181.

STASE PAETIELLE OU LOCALE. ' 367

Le principal signe de la stase veineuse est la cyanose. Les tissus cutanés ou muqueux prennent une teinte livide et paraissent eux-mêmes d'autant plus gonflés, congestionnés, que les organes sont plus riches en réseaux veineux.

La stase veineuse peut être partielle ou générale.

Stase générale. Asphyxie. — Quand la stase devient générale^ elle conduit progressivement à X asphyxie.

L'asphyxie 'à privatif, çùutç vie) est la cessation de la vie, apparente d'abord, réelle plus tard, causée par Yarrêt de la circulation et de l'hématose. Cet arrêt peut provenir d'une cause externe ou interne.

La corde qui serre le cou du pendu arrête la circulation dans les jugulaires, la respiration dans les bronches et produit ainsi : stase sanguine, arrêt de V hématose.

L'homme qui se noie, n'est soumis qu'à la seconde influence, la privation d'air, mais l'ensemble des capillaires se refusant à laisser passer le sang chargé d'acide carbonique, la circulation s'arrête, il y a stase sanguine universelle.

Pour la stase de cause interne, on ne saurait donner un plus bel exemple que celui du choléra, où la cyanose des muqueuses et des extrémités est si fortement prononcée. Dans ce cas, la stase est due à trois causes réunies :

1° La faiblesse progressive du cœur et de la circulation qui s'éteint.

2° L'épaississement graduel du sang, qui, privé de sérum^ a presque cessé d'être liquide.

3° L'extrême insuffisance de l'hématose qui modifie la crase sanguine, laisse le sang chargé d'acide carbonique ; et l'on sait que le sang surchargé de 0^, ne traverse qu'avec une peine infinie les capillaires dont les vaso-constricteurs sont fortement excités par ce contact anti-physiologique.

Stase PARTIELLE ou LOCALE, — La stase partielle se montre dans les cas de refroidissement extrême et précède la congélation. Tout le monde connaît la couleur violacée des ongles, qui précède les engelures. On retrouve encore cette stase très prononcée à la fin de la plupart des affections du cœur, où les obstacles à la circulation soit cardiaque^ soit artérielle refoulent le sang dans les veines^ surtout celles du poumon et celles des extrémités.

lu asphyxie locale des extrémités, cette affection nouvelle si

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bien décrite par Maurice Raynaud, présente encore le fait d'une stase plus partielle, bornée aux mains, aux orteils, au nez ou aux oreilles, sous l'influence d'un spasme des vaso-moteurs.

Un exemple important de stase partielle ou locale^ c'est la stase papillairc de l'œil [staung papille). Accompagnée d'injection et de dilatation des veines rétiniennes, elle indique la présence d'un liquide épanché dans les méninges Mais le diagnostic ne doit point se borner à cette première donnée malgré son importance, car il faut savoir qu'on la trouve à la fois dans les lésions traumatiques du cerveau, commotions, fractures, blessures etc. et dans les méningites.

Compression des veines jugulaires ou sphagiasmus (de ccaYÎTiç jugulaire). La compression des jugulaires produit une augmentation de volume du cerveau; l'organe diminde ensuite progressivement quand on cesse la compression/et devient pour quelques instants plus petit qu'avant l'expérience.

Cette compression peut être instantanée., momentanée ou continue.

A. — Elle est instantanièe, quand elle est produite par un coup brusque donné sur la région jugulaire, surlout avec un instrument de petit volume, le tranchant de la main, une canne, un bâton ou la corde pour le pendu.

Le reflux du sang peut être assez brusque pour distendre la veine jusqu'à rupture, et pour produire du côté du cerveau l'étourdissement ou la perte de connaissance.

B. — Elle est momentanée quand un lien établi autour du cou fait gonfler les veines ; ainsi les vastes cravates du temps du Directoire et les cols de crin de 1830 comprimaient les veines du cou et produisaient des céphalées, des congestions , que le repos de la nuit ne parvenait pas toujours à faire cesser.

C3. — Elle est continue dans un grand nombre de cas de tumeurs du con, goitres, iumeviv?, kystiques, engorgements ganglionnaires, sarcomes du cou, etc. Aussi le syndrome asphyxie vientil ajouter son point noir au pronostic déjà si grave de la maladie primitive.

Stase veineuse traumatiqub. — Passage du sang dans les LYMPHATCQUES. — Sous l'influeuce d'un coup ou d'une chute,

' Panas. Coniribut. à Vétude des troubles circulât, visibles à l'ophïhalmoscope dans les lésions traumatiques de l'encéphale. Paris, 1876.

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