POLYGRAPHE DE ROTHE
tement dans la transmission des vibrations, défauts évités avec soin dans l'appareil de Meurisse et de Mathieu. »
« Cependant cet appareil présente des défauts dans la partie qui forme le tracé et dans celle qui reçoit les mouvements à enregistrer. )>
« VLe tracé se fait difficilement sur papier noirci; la fixation de la plume n'est possible qu'avec une vis relativement grossière pouvant imprimer dos mouvements à la tige qui supporte le tambour enregistreur; aussi les courbes doivent être tracées avec un frottement considérable. »
« 2" Le moteur qui abaisse et soulève le tambour d'air contre l'axe de la pelotte, s'use si vite, qu'il nécessite des réparations continuelles. »
Fig. 96. — Polygraphe de Rothe.
« 3° Un défaut plus grand encore, c'est la fixation de l'appareil au moyen d'une manchette avec boutons et lanières, de sorte qu'il s'applique lâchement et peut vaciller sur le bras ou le thorax.
« 4° Il est en outre peu propre à la réception des battements du cœur, par suite de la courbure de sa plaque fondamentale qui croise les espaces intercostaux. »
H. Rothe a corrigé ces différentes imperfections et son appareil donne un tracé bien distinct/méme lorsque les battements du cœur sont extrêmement faibles.
Au moyen de cet appareil on peut obtenir deux espèces
êm- POLtÔEAl'PHE Ï)E ROTIIB.
de tràcé's, ce qui est important lorsqu'on veut comparer les mouvements circulatoires à ceux de la respiration, ou les battements du pouls avec ceux du cœur, ou les battements du c(J)ur dans deux points différents du cœur, ou enfin les pulsations du pouls dans deux artères symétriques.
Le polygraphe de Rothe est composé de trois instruments di,?tincts pour recevoir les mouvements A et B [fig-. 96] et A [fig. 97]. Puis de deux tambours enregistreurs de Marey GGr [fig. 96]. Et enfin d'un cylindre mobile autour d'un axe perpendiculaire F [fig. 96], mis en mouvement par un travail d'horlogerie D [fig. 96] caché, et recevant le tracé par l'intermédiaire du levier de JMarey. Les tambours de ]\Iarey ont un très petit diamètre 3.5 centim.; ils sont recouverts d'une membrane de caoutchouc très mince p«uT augmenter leur sensibilité. Le premier placement de leur levier écrivant (long de 10 centim.) se fait en lui imprimant un mouvement convenable autour d'une tige perpendiculaire; le placement plus délicat vis-à-vis du cylindre se fait au moyen de la Vis G ; La position du levier écrivant peut être régularisée horizontalement par la vis H. Le tuyau aboutissant au tambour est pourvu d'un robinet J, qui sert à régler la tension de l'air renfermé dans le tambouf.»ido 'Wi
Dans le' cas de respiration profonde ou de battements du cœur exagérée, on peut obtenir des courbes moins élevées, sans altérer leur exactitude; en mettant, par l'intermédiaire d'un tube en caoutchouc, le tuyau en rapport avec une bouteille en verre, èn partie remplie d'eau, fermée par un bouchon de caoutchouc traversé d'un tube en verre. On peut élargir ainsi l'espace d'air du tambour, d'autant plus que le niveau de l'eau dans la bouteille est plus bas. Le cylindre tournant possède une circonférence de 0 m. 30, et une hauteur de 0 m. 07; il accomplit une rotation en SO secondes; A l'endroit K se trouve un manche d'arrêt et au point L un second pour commander le mouvement.
Le sac élastique A [fig. 96], en forme de bouteille, est destiné à recevoir les mouvements de la respiration; on l'attache autour du corps, dans la ré^ioil' supérieure de l'abdomen.
L'appareil destiné à recevoir les battements du cœur et du pouls B [fig. 96] A [fig. 97] est calqué sur le sphygmographe de ]\Ieurisse et IMalhiou, perfectionné par Griinmach. D'une plaque fondamentale p [fig. 97] s'élève un ressort recourbé /, à l'extrémité libre duquel est fixée une petite pelotte métallique jo^, dont
rOLYGRAPHE DE ROTHE.
l'axe se dirige perpendiculairement en haut et transmet les mouvements de la pelotte à l'air d'un tambour L de 4 centim. de diamètre, placé horizontalement et fermé par une mince membrane de caoutchouc. Ce tambour est muni d'un tuyau r, qui le met en rapport avec un tambour enregistreur ; il est mobile au moyen d'une roue dentée sur une tige à crémaillère perpendiculaire à la plaque fondamentale du sphygmographe [fig. 96^. Une vis t régularise la tension du ressort /. ., n ; ^
Pour obtenir le battement du cœur, on attache une courroie à la plaque fondamentale recouverte à sa face inférieure de cuir mince, dans le sens de son grand diamètre. Une lanière élastique munie de boucles, qui, après l'applifcation du sphygmographe au thorax, est enlacée autour de celui-ci, en passant audessus de la tige dentée, sert à maintenir la pelotte pressée dans l'espace intercostal.
Pour appliquer au pouls l'appareil de réception B [fig.96], on le fixe au bras du sujet, au moyen d'une double vis s. Les deux rubans de ces vis métalliques, sont appropriés pour des bras très forts, mais on peut les employer aussi chez des enfants en interposant un coussin ; ils sont courbés, et la courbure de l'un est plus forte [fig.97].Le rubanle moins courbé est fendu pour pouvoir enlever ou placer la vis, qui est mobile dans une charnière. Alors le ruban fendu est passé sous le ressort; et, en serrant la vis SS, laplaque fondamentale est fixée sur le bras. Les vis S'S' servent à assurer la fixité dans le cas où la forme du bras exige que le ruban fendu ne repose que sur une moitié de la plaque fondamentale.
L'endroit le plus convenable pour l'application du sphygmo-
424 SPHYGMOGRAPHES PHOTOGRAPHIQUES.
graphe est l'articulalion du coude à cause de l'étendue de la surface extérieure et de l'existence d'un plan résistant au dessous de l'artère cubitale. Dans la région de l'artère radiale les résistances sont trop grandes.
En serrant ou desserrant les vis, on régularise la tension du ressort du sphygmographe, mais, si l'on serre trop la vis, on peut changer considérablement les conditions de circulation.
SPHYGMOGBAPHES PHOTOGRAPHIQUES DE CZBRMAK ET STEIN.
A. Appareil par occultatiou. — En 18..., CZERMAK ^ mettant un index, sans poids appréciable, sur l'artère qu'il voulait explorer, en recevait la tranche oscillante, à travers la fente verticale d'un appareil où circulait un papier collodioné. La lumière du jour, concentrée par une lentille biconvexe, achevait l'œuvre, et, inscrivant la lumière partout où ne passait pas l'index, déterminait une courbe qui était celle du pouls.
B. Appareil par réllexioii. — Essayant encore d'un autre mode, CZERMAK recevait l'image des mouvements de l'artère sur un miroir qui les réfléchissait sur un écran en marche.
Mais ces essais sont restés à l'état de pure expérience jusqu'à ce jour, parce que, sous cette forme, ils n'étaient point applicables à toutes les artères, et que, n'appuyant pas fermement sur le vaisseau, on ne pouvait en reconnaître la véritable expression^ souvent masquée par les tissus épais qui le recouvrent.
Appareil photographique k levier de IStein. — Au
congrès médical de Bruxelles en 1876, le docteur STEIN de Francfort a montré un nouveau sphygmographe photographique, très analogue à l'index de Czermak. Il se compose d'un sphygmographe à levier, terminé par une rondelle de papier noirci; cette rondelle est percée au centre d'une petite fente à travers laquelle passe un filet de lumière, qui est reçu sur un papier sensibilisé. Le levier, mis en mouvement, fait osciller la lumière, et le papier sensibilisé en reproduit photographiquement les oscillations ^.
* CzERMAK. Sitzuûgsber, der K. K. Académie der Wischeuschaft, Jalirg. 47, p. 438.
- 'ëi'tvAH. Eiii jjJwtoitphygmofiraphische Studie, Vogcl's photographische luitthei-' lungea, Jahr XII, Heit 67^ — Bçjiiu Kliu, Wocjjeuschr. 1876, p. 157,
POLYGEAPHE DE CANTALAMESSA.
SPHYGMOGRAPHE PHOTOGEAPHIQUE DE WINTBRNISS ET ULZMANN.
WINTERNISS et ULZMANN * inventèrent de leur côté, en 187S, un appareil très analogue au mien pour obtenir l'expression du pouls par la photographie. L'ampoule est remplie d'eau colorée on rouge. Mais l'adhérence de l'eau qui mouille et colore les parois du verre rend cet appareil inférieur au mien, qui du reste conserve la priorité, puisqu'il obtint une médaille à l'expositien photographique de Paris en 1876, fut présenté à l'Académie des sciences le 19 août 1867.
Mais, bien loin de croire que l'on est arrivé à la perfection, il faut reconnaître que les instruments enregistreurs naissent à peine, et que longtemps encore on devra les perfectionner. Ainsi l'instrument de Marey, le plus connu, le plus utilisé de tous, ne peut s'appliquer qu'à un petit nombre d'artères; il peut bien difficilement servir pour les enfants; — sa marche est souvent inégale; — son levier, trop puissant, écrase l'artère, et marque très souvent un plateau qui simule un rétrécissement, là où i) n'y a d'autre obstacle que celui causé par la pression du ressort.
En outre, une forte impulsion chassé parfois le levier inscripteur hors du champ de travail, et, dans cette ascension trop élevée^ il cesse d'être en rapport avec le ressort.
POLYGRAPHB DE CANTALAMESSA.
En 1881, CANTALAMESSA de Bologne décrivit dans la Rivista clinica ^ un nouveau polygraphe ; cet instrument, quoique imaginé par un autre auteur et dans un autre pays, n'est qu'un analogue du ckimograpke de Eotke il n'en diffère que par de légers détails.
^1 consiste en deux cylindres, parfois trois, autour desquels circule un papier sans fin noirci à la fumée, et qui, maintenu ainsi bien tendu à distance, peut fournir des tracés de plusieurs mètres de longueur. Nous n'en donnerons pas ici de description plus détaillée, renvoyant aux sources.
Cantalamessa attribue de sérieux inconvénients aux appa-
' WiNTERNiss et ULZiMANN. Ueber eine neue méthode des sphygmographische. Berliner cliuic Wochensclir. Jahrb. 1876, p. 742, *■ Cantalamessa. Nuoco Polygrapho.Rivïsi. cliaic. med. di Bologaa, p. 321, 1881.
SPHYGMOGRAPHE NATURHL.
reils munis d'un traceur à l'encre. « Le tracé », dit-il, « manque c( de finesse, exige une pression plus forte, glisse sur un point « graisseux sans marquer, empâte les contours, tandis que la « pointe, traçant sur le noir de fumée, imprime les formes avec (c une délicatesse infinie en blanc sur fond noir. »
Pour fixer les images prises au noir de fumée, une excellente formula a été donnée par Venturi, le, savant pharmacien de l'hôpital Sainte- Ursule; la voici :
Alcool à 36" Baumé 1000 grammes.
' Gomme mastic 6 id.
Faire macérer 6 ou Sjoursjusqu'à saturation; — filtrer;— ajouter à chaud :
Essence de térébenthine, 50 grammes.
On baigne le ti^acé dans ce mélange et l'on fait sécher; puis on le frotte avec un tampon de coton cardé pour le rendre brillant.
jjp on.
'^iia *i ûIj
Fig. 98. Polygraphe de Cantalamessa.
lI'iSPHYGMOGEAPHE NATUEEL FOURNI PAR l'oRGANISME (OZANAM).
zuhnc- ....
Lorsque dans la position assise on vient à croiser une jambe
sur l'autre, de telle façon que le creux poplité de l'une appuyée sur le genou de l'autre, on ne tarde pas à voir la jambe restée suspendue s'agiter d'un mouvement rhythmique. Et si l'on observe attentivement la pointe du pied, on reconnaît à chaque fois, qu'elle s'élève en donnant uye grande pulsation, suivie de deux
petites Or nous
naturel.
ivons 11
DIT Shà
les éléments a. un sphygmographe
L'artère comprimée contre legenou est la Poplitée. Et la force
SPHYGMOGRAPHE TÉLÉGRAPHIQUE DE UPHAM. 427,
d'impulsion du cœur y est telle qu'elle se communique au membre entier, .>^r!o - Mais la jambe offre un levier d'une grande longueur, qui multiplie la hauteur de l'ondulation, au point de la rendre visible à l'œil. Et, si disposant une plume à la pointe du pied, l'on approche un cylindre inscripteur, on peut obtenir un fidèle tracé de là pulsation artérielle accompagnée de ses dicrotismes et tel que celui-ci :
Je me rappelle avoir fait souvent cette observation dans ma jeunesse, et je m'étonne qu'elle n'ait pas conduit plutôt à la découverte du sphygmographe à levier.
SPHYGMOGRAPHÉ TlÈLÉGEAPHlQUE DU DOCTEUR UPHAM.
A la dernière assemblée de V American Science Association de ^alem^ le docteur UPHAM, après une leçon sur Iss battements du cœur, exhiba aux yeux dé t^uditeur étonné fes battements du cœur de plusieurs médecins et malades des hôpitaux de Boston, ville distante de 14 milles, i — Yoici comment s'était réalisé ce fait curieux : un fil du télégraphe électrique Franklin correspondait entre les deux localités, et tandis qu'une extrémité était mise en rapport avec le cœur ou le pouls des malades à Boston, les batteménts en étaient transmis automatiquement à travers le fil et rendus visibles à Salem au moyen d'un rayon de lumière de magnésium, qui vibrait sur le mur de la salle plongée dans l'obscurité.. On appliqua d'abord l'appareil à l'artère d'tin homme bien portant, l'endroit éclairé vibra 60 fois à la minute ; puis ce fut celle d'un individu très excitable, et les vibrations se répétèrent 90 fois. On eut successivement deux malades atteints l'un àe pneumonie,!' antre d'une affection organique du cœur; le premier donna 112 battements; sous l'influence du second^ le rayon se mit à osciller de la manière la plus irrégulière.'^"'^ '^^
SPHYGMOPHONE DE STEIN.