FLAMMES MANOMBTRIQUES SENSIBLES DE KŒNIG
Quand on place Tappareil kœnig * au niveau de la pointe du cœur, on voit, au moment de la systole, la flamme s'élever d'abord brusquement, puis plus lentement. Au moment de la diastole, elle s'abaisse lentement d'abord, et tout d'un coup très rapidement, au moment de cette même diastole. Cet abaissement terminal et brusque survient au moment de la contraction des oreillettes.
ludîcation diagnostique. — GÉRARDT ^, qui le premier appliqua cette méthode, s'en est servi pour déterminer la signification du double souffle crural de Y insuffisance aortique.
Parfois le premier de ces souffles cruraux, celui qui correspond à la diastole artérielle, est dédoublé. Dans ce cas Gérardt a pu constater que la systole artérielle se fait en deux temps. L'insuffisance aortique paraît favoriser cette altération du rhythme cardiaque.
SPHYGMOPHONE DE STEIN.
On désigne sous ce nom un appareil muni d'un téléphone, avec lequel on entend les battements du pouls et du cœur, aussi bien de loin que de près, avec toutes ses nuances.
L'inventeur de cet appareil est le docteur S. Th. STEIN % de Frankfort-sur-le-Mein. — Il se fait fort, par ce moyen, de reconnaître les moindres signes de vie dans le corps humain. Il peut encore, dit-il, faire apprécier les plus légères altérations du type normal, et donner ainsi un aide puissant à la clinique médicale.
Pour faire entendre le pouls radial, il fixe sur le trajet de l'artère un dispositif composé d'un contact de platine, établi par le pouls lui-même, entre deux boutons métalliques^ dont l'inférieur appliqué sur le vaisseau est en rapport avec le pôle positif d'un élément de pile, tandis que le supérieur est relié au pôle négatif. Un téléphone est établi dans le circuit de la pile.
' KoENiG (R). Annales de Poggendorf. 1872, p. 161.
- Gebardt. De l'emploi de la flamme sensible pour le diagnostic. Deutsch. Arch. f. Klin. med. vol. XVI, p. 1:
^ Stein. Das sphygmojihon ; ein neuer electrotelephonischer apparat, zur diagnose der herz und puis Wegung. Berl. Klinisch. Woclienschr. n" 49, p. 723.1878.
PLÉTHYSMOGRAPHE DE MOSSO.
SPHTGMOMBTKES VOLUMBTRIQUBS.
C'est à POlSEUiLLEet àPiÉGU * qu'appartient (1846) l'idée d'enregistrer, non plus le mouvement d'une artère, mais le pouls de totalité transmis par le changement de volume d'un organe. Ils exploraient ainsi des membres entiers, la main, le bras, la jambe, renfermés dans un manchon plein de liquide, terminé par un tube de verre, où l'eau montait ou descendait suivant l'impulsion du cœur.
CHÉLius reprit cette idée en 18S0,puis le professeur BUISSON ^ dé Montpellier en 1862.
Deux ans après, FICK ^ donnait la description d'un appareil analogue, mais plus complet, dans lequel la branche libre, remplie de mercure, était surmontée d'un flotteur articulé, muni d'un crayon écrivant sur un cylindre.
Enfin, dès l'année 1869, MOSSO commença ses intéressantes recherches avec l'instrument de précision qu'il nomma Pléthysmographe et que nous allons étudier.
PLÉTHYSMOGRAPHE DE MOSSO.
Le principe duquel partie docteur MOSSO est simple. 11 s'agit de fermer par un anneau de caoutchouc un membre, l'avant-bras, par exemple, dans un cylindre en verre, de remplir la cavité avec de l'eau tiède, et de mesurer, au rtioyen d'un appareil spécial, la quantité d'eau qui, suivant l'augmentation ou la diminution du volume de l'organe, sort par une ouverture ménagée à cet effet.
Le cylindre contenant le bras est appuyé sur une planche suspendue à la voûte de la chambre, au moyen d'une corde, afin d'éviter que les petits mouvements involontaires du corps produisent un déplacement du bras dans ce cylindre.
La seconde partie de cet appareil résout le problème de mesurer et d'écrire les changements de volume d'un corps soumis à une pression toujours égale. •
L'ouverture du manchon se trouve en communication avec
' PiÉGU. 'Note sur les doubles mouvements observés aut membres sous la dépendance du cœur et de la resp. Acad. des se. P. 1846, t. XXII.
'Buisson. Quelques recherch. sur la circulât, à l'aide d'appareils enregistreurs. Th. P. 1S62, n° 67.
' FiCK. Ein blutwellen Zeichner. Arcli. fur aiiat. uud physioL I864i
PLËTHYSMOGRAPHE DE MOSSO.
un tube de verre, lequel se repliant à angle droit descend perpendiculairement jusqu'au niveau. Une éprouvettp cylindrique et graduée est suspendue à une double poulie très sensible, et tenue en équilibre au moyen d'un contre-poids auquel est attachée une plume pour écrire sur une bande de papier qui se déroule par un mouvement régulier.
L'éprouvette ,est suspendue de telle façon que le tube vertical en verre se trouve exactement dans son axe.
En supposant que le vase, placé au-dessous de l'éprouvette, soit rempli d'eau et que les vaisseaux de l'avant-bras dilaté augmentent le volume, une quantité correspondante d'eau sortira du cylindre et passera dans l'éprouvette.
Celle-ci, ayant augmenté de poids, s'enfoncera dans le vase sous-jacent, et déplacera une quantité d'eau égale à celle qui est reçue. Le contre-poids suivra en montant ce mouvement. De même, quand il y aura contraction des \ aisseaux, le volume de l'avant-bras diminuera; une certaine quantité d'eau rentrant dans le cylindre, l'éprouvette, devenue plus légère, remontera de nouveau, pendant que le contre-poids avec sa plume suivra un mouvement inverse.
Pour que la pression dans le cylindre soit constante, il faut que le niveau de l'eau dans l'éprouvette reste toujours dans le plan de la surface du liquide contenu dans le vase.
Pour éviter les déplacements de ces deux niveaux, Mosso emploie un vase très grand, rempli d'un mélange d'alcool et d'eau d'une densité plus faible que l'eau pure ; on peut trouver facilement la densité convenable pour chaque éprouvette. Avec ces précautions, l'éprouvette pourra se remplir, se vider, monter, descendre, sans que les variations de son poids puissent avoir une action sur le niveau du liquide contenu dans son intérieur ; les deux liquides resteront toujours au même niveau, et, malgré les variations de volume, la pression dans le cylindre sera invariable.
Une ^burette sert à ajouter ou à enlever de l'eau dans l'éprouvette. Sur une bande de papier haute de 20 centimètres, qui se déroule au-devant des appareils enregistreurs, Mosso inscrivait, au moyen de deux pléthysmographes, le volume de l'avant-bras droit et gauche, les mouvements respiratoires^ le pouls de la carotide, le temps évalué en secondes, pendant que d'autres plumes écrivaient les autres indications accessoires, telles que
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V abscisse, les irritations électriques, etc., et cela pendant des heures entières, même pendant le sommeil.
Cet appareil permet d'aborder des questions ayant un intérêt général, pour la physiologie de la pensée, l'activité cérébrale et la conscience humaine.
C'est ainsi que Mosso a fait des recherches intéressantes sur les causes du sommeil et sur l'action des substances qui peuvent le favoriser ou l'empêcher. Il a ouvert un nouveau champ à la pharmacologie expérimentale en nous donnant un moyen sur pour étudier directement l'action .des remèdes sur l'économie. Il résulte déjà des premières recherches , que les plus petites émotions se traduisent par une modification dans l'état des vaisseaux sanguins. La seule entrée d'une personne qui nous iutéresse pendant l'expérience produit une diminution de 4 à 15 " dans le volume de l'avant-bras. — Le travail du cerveau, pendant la solution d'un problème ou la lecture d'un morceau difficile, est accompagné par une contraction des vaisseaux du bras, proportionnelle à l'efiort de la pensée, à l'activité cérébrale oii se porte le sang. Enfin Mosso a remarqué que ses tracés indiquaient de loin en loin des modifications de volume de courte durée qui paraissent correspondre à des mouvements spontanés des vaisseaux, analogues à ceux qu'avait décrits Schifi dans les vaisseaux de l'oreille du lapin. ru t ua rï i
PLETHYSMOGRAPHE DE BOWDITSCH.
Tout récemment, en 1879, BOWDITSCH, en Amérique, a repris, le travail de Mosso et a fait construire, pour ses expérimentations, un nouveau pléthysmographe plus parfait, de forme différente; cet appareil a été décrit dans les comptes rendus de l'Académie des arts et sciences d'Amérique, année 1879 *. Nous n'avons pas pu nous le procurer. .f '^ji-ofjjfn J-^'
' BowDiTsCH. Nouvelle Forme de pléthysmographe. Proceeding of' the at&èr. Acad. of arts and science 1819. , , , /i ;, ■'