‹ Le circulation et le poulsChapitre 297 sur 669 · APPAREIL SPHYGMO-PHOTOGRAPHIQUE D'OZANAM · texte numérisé non relu

APPAREIL SPHYGMO-PHOTOGRAPHIQUE D'OZANAM

Fissure de la membraue de caoutchouc. — Si la fissure est vaste, si elle est survenue dans une membrane usée, il vaut mieux la remplacer, la dépense en est si faible !

Mais lorsqu'il n'y a qu'une seule fissure, il suffit, pour parer à cet accident, de verser dessus une goutte de collodion. L'éther, qui est un dissolvant du caoutchouc^ agglutine les bords ; le collodion, en se desséchant, les consolide, et la membrane peut encore servir longtemps.

APPABBIL SPHyGMGO-PHOTOGRAPHIQUB DIT DOCTEUR OZANAM.

La précision mathématique avec laquelle la lumière fixe instantanément la forme des objets m'avait fait désirer depuis

Fig. 101. Spliygmographe photographique d'Ozaiiam.

longtemps d'appliquer la photographie à la reprodûction fidèle du cours du sang dans les vaisseaux du corps humain.

Je vais expliquer en peu de mots par quels moyens j'ai réussi à réaliser cette idée, à l'aide d'un nouvel appareil enregistreur, que je fis exécuter par le say a.nt Brépuet vers l'année 1866. Il fallait remplir quatre conditions pour arriver au but désiré : 1° Rei»rodnirc artificiellement l'artère par un tube dont les

APPAEEIL SPHYGMO-PHOTOGKAPHIQUE D'OZANAM. 439

parois transparentes pussent laisser passer librement Ta lumière et le regard,

2" Imiter le sang par une colonne liquide, dont le niveau pût être influencé à chaque instant par l'impulsion sanguine; et qui, s'élevant ou s'abaissant dans le tube, lui laissât néanmoins toute sa transparence.

3" Inscrire la ligne ondulante au moyen d'un appareil curseur, portant un papier ou verre prêt à recevoir l'impression de la lumière partout où le niveau du liquide lui permettrait de parvenir.

4° Renfermer ces divers éléments dans une cliambrc noire

convenablement disposée.

Ces quati^e conditions ont été obtenues dans l'appareil suivant :

Une petite chambre noire portative de 3S centimètres de long sur 12 de haut et 4 d'épaisseur renferme tout l'instrument. Elle est divisée à moitié de hauteur, comme le couvercle d'une boîte et laisse à jour pondant la préparation tous les éléments de l'appareil. vi

Vers le milieu de la longueur, un tube de cuivre tournant, couvre et découvre à volonté une fente longitudinale, verticale, linéaire, par laquelle seule la lumière doit pénétrer.

Le long de cette fente se place l'artère transparente, composée d'un tube de verre renfermant du mercure, et dont le petit réservoir pyramidal muni d'un tube élastique s'applique directement sur l'artère ou sur le cœur. La forme cylindrique du tube de verre produit l'effet d'une loupe et favorise la concentration de la lumière .

Dispositions diverses de l'appareil. — On peut varier de plusieurs manières la disposition de l'instrument.

i° Appareil à flottenr. — En se servant d'un flotteur qui dépasse le tube de verre abaissé et qui vienne faire ^'craw devant la fente de la chambre noire; il n'y a, dès lors, aucun intermédiaire entre la lumière et l'écran, l'impression lumineuse est plus nette. C'est un avantage qui compense la moindre sensibilité que le flgtteur imprime au mercure.

2° Photographie linéaire. — Si, au lieu d'une photographie à fondplein,on yovX^xixmQ photogra-phie linéaire, mmm<d celle de l'écriture, il suffirait de placer le tube sur le côté de la fente lumineuse, et de terminer le flotteur par un fil de fer coudé à

440 APPAREIL SPHYGMO-PHOTOGKAPHIQUE D'OZANAM.

angle droit, dont la faible épaisseur s'interposerait seule aux rayons lumineux. Dans ce cas, un seul point du champ d'action échappe à la lumière ; on obtient une ligne noire sur un fond blanc. Nous avons recueilli, sous cette forme, l'image des tremblements musculaires chez un homme atteint de sclérose de la moelle ; l'inscription a été parfaite.

Mais ces procédés sont, je crois, inférieurs au premier, dans lequel le mercure, n'ayant à soulever aucun poids, oscille en liberté.

3" Appareil cîrcuSaîrc. — On peut encore employer,comme je l'ai fait autrefois, un cylindre tournant, muni d'une plaque ou d'un papier sensible ; dans ce cas, un second cylindre enveloppe le premier et sert de chambre noire n'ayant qu'une fente pour recevoir le tube de mercure. Mais la difficulté de se servir d'un papier souvent trop peu sensible rend ce procédé moins maniable que le premier, et j'ai dû y renoncer.

4° Crossîssement de l'image. — Enfin, on peut obtenir la photographie du pouls par le microscope solaire ou à gaz oxy-hydrogène,en mettant le tube oscillant au foyer, et recevant l'image contre un panorama, tournant à une courte distance et recouvert d'une chambre noire à une seule fente verticale.

On produit ainsi des projections très étendues et on les grossit facilement de 10 à 15 diamètres, si on le désire.

Par cet artifice on transforme, ou multiplie le temps ^^bx V espace; aussi l'œil pourra-t-il apprécier facilement les modifications survenues dans un centième d'ondulation pendant un centième de seconde, puisque chacune d'elles occupera encore sur l'image une étendue d'un millimètre.

Il y a, dans ce procédé, de quoi répondre à toutes les exigences de la science exacte*.

' Notre appareil est supporté par deux pieds, autour desquels il peut s'incliner à frottement, afin de pouvoir par cette inclinaison suivre celle du soleil et recevoir ainsi la plénitude de ses layons. Une vis le iixe alors dans la position reconnue la meilleure.

Ces deux instruments sont actuellement construits par Ch. Etiknniî, H, avenuf d'Orléans, à Montrouge.

Page 1