VITESSE DU SANG
erreurs. En effet, une tension plus ou moins grande doit faire varier beaucoup la nature des lignes d'ascension et de descente dupouls. C'est ainsi qu'un pouls plein dur donnera, sous le doigt, une ondulation courte, basse; il devra paraître petit ou faible au médecin qui l'explore, C'est que la plénitude de l'artère dilatée approche des limites extrêmes. Dès lors son élasticité ne lui permet plus qu'une oscillation fort limitée. Au contraire, ce que nous désignerions sous le nom de pouls plein et fort, en ne considérant que la hauteur de la pulsation, se trouve exprimer en réalité une circulation dans des artères peu remplies; car, si l'effort du sang peut les dilater au point de donner une ascension aussi élevée à chaque pulsation, c'est que l'artère, revenue sur elle-même et presque vide, jouissait de toute son élasticité. Le schéma suivant rend bien compte de ces phénomènes et de Terreur qui peut en résulter pour le praticien.
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Fig. 157. — Homme adulte. Pouls pleiu et dur (albuminiirip^ aptérielle).
Vitesse du sang. — La vitesse du sang est d'autant plus grande^ que les résistances sont moindres. Or la résistance est à la sortie, donc les capillaires sont le frein, etce irést point le cœur qui règle le mouvement, ou du moins il n'est point seul à le régler. — Quant aupouls, il est l'intermédiaire entre le cœur et les capillaireSj et donne le résultat de la tension artérielle, mais non de la vitesse.
Cette loi nous explique comment il était nécessaire que le cœur fût à peu près au centre du corps, pour qu'un équilibre naturel existât, et que la pression exercée par le sang des artères ascendantes se trouvât diminuée dans les artères des- 'dendantes. /iJU;. ..nqmu. .
Si le cœur se fut trouvé placé plus haut, vers l'eflcéphale, il eût développé trop d'effort dans la position couchée, pas assez îié,iis la station debout, et la circulation eût éprouvé des alterna- 'tîves trop grandes de vitesse ou de ralentissement. On peut donc établir comme un fait absolu, que la tension moyenne des artères va en flSinînnant en s'éloignaut fin ctenr.
Mais quand les capillaires se contractent, le sang passe moins vite, la tension cherche à s'équilibrer; donc la tensioji et la vitesse du sang sont dans un rapport inverse : aussi Marey a-t-il pro-
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posé la loi suivante comme expression générale des faits : le cœur bat d' autant plus vite^ qu'il a moins de peine à se vider, c'' est-àdire que la tension est moindre.
Suivant cet habile physiologiste, le cœur serait comme un moteur mécanique, d'une valeur constante, fournissant toujours la même somme de travail, marchant comme le piston d'une machine, allant plus vite quand le frein des capillaires se relâche, ralentissant sa marche quand le frein lui oppose une résistance plus grande, travaillant sans repos ni trêve, offrant seulement deux points morts aux changements de direction.
Cette théorie est trop mécanique. Sans doute le cœur est bien une véritable pompe hydraulique aspirante et foulante ; mais cette pompe est vivante. Il faut donc faire, comme nous le verrons bientôt, une large part à l'innervation du cœur, à la variabilité de son action, influence totalement indépendante de celle des capillaires.
; Transformation de la pression sanguine en chaleur dans LES CAPILLAIRES. — Si la prcssiou diminue aiusi progressivement, où est le siège, où est la cause de cette diminution? Ce ne peut être que dans les capillaires, qui représentent l'orifice multiple d'écoulement plus ou moins libre. N'est-ce pas là en effet que le sang perd sa couleur, ses vertus, et complète ses échanges, ses oxydations organiques? Arrivée à ces dernières limites, la pression diminue rapidement: — {° -^bly écoulement h travers les orifices; — 2° par absorption; — 3° ^dji: transformation delà pression en chaleur.
1° L 'écoulemeut est bien connu, nous n'y reviendrons . pas.
2° L'absorption. — Ces échanges, qui ont lieu par dialyse, exigent une certaine pression; déplus, à mesure que l'absorption s'opère^ l'abondance du liquide diminue ainsi que la pression elle-même.
3° Transformation. — Sous l'influence du resserrement plus ou moins grand des vaisseaux, le sang cède de la pression, c'est-à-dire du mouvement, et par la corrélation des forces^ si bien démontrée par Groves, ce mouvement, cette pression se change en clialeur. Telle est une des grandes sources de la chaleur vitale, et l'on voit, en même temps que son importance, sa liaison complète ave la tension vasculaire. On en pourrait tirer cette déduction :