LE^POULS PHYSIOLOGIQUE AUX DIFFÉRENTS AGES. LE POULS PHYSIOLOGIQUE
Êtymologib. — Pouls. — Latin .Pulsus. — Grec Sçuytxoç. — Norwégien, dan. suéd. allemand Pm^5. — Anglais Puise. — Italien Polso. — Espagnol Pulso. — Finnois Tykytys [pulsatiori), Sttonén Iskeja [artère battante).
Définition. — Le Pouls est le mouvement de dilatation et de contractioti successif, que l'ondée sanguine chassée par la systole du cœur imprime à tout V arbre artériel.
Nous disons : dilatation et contraction^ car pendant la diastole du cœur, l'artère, ne recevant plus d'impulsion, revient sur ellemême par .son élasticité naturelle. Ainsi, comme le fait remarquer Weber, l'essence du pouls n'est pas absolument la même que celle de la circulation. La circulation, c'est la progression du sang : materia progrediens. Le pouls, c'est la forme que cette progression imprime aux parois vasculaires : forma materiœ progredientis. Et cette forme dépend de cinq circonstances ou qualités définies : le temps^ l'espace, la force, le nombre, le rliytlime ou la mesure ; nous les étudierons tour à tour.
Choix de l'artère. Toutes les artères donnent une pulsation, mais on ne peut explorer convenablement que les fortes artères, celles qui sont disposées sur un plan résistant et qui ne fuient pas trop devant le doigt explorateur.
Pour cela, il faut qu'elles occupent une région facile à palper. L'artère radiale, réunissant la plupart de ces qualités, a été choisie de tout temps pour explorer les battements artériels, et c'est là ce qu'on appelle : tâter le pouls. Par exception, on peut explorer la brachiale, la cubitale, la temporale., la faciale, les nasales, V occipitale, la crurale, la carotide ou même V aorte abdominale, enfin les vaisseaux capillaires ou les tissus érectiles. Ce que nous allons dire s'applique donc avant toutàlam(^za/e;nous indiquerons plus tard les spécialités de chaque vaisseau.
RÈGLES POUR TATER LE POULS RADIAL.
DÉFINITION DU POULS NORMAL. — Le poiils normal est celui
qui donne au chronomètre 60 à 70 pulsations par minute pour Vhomme adulte.
Il est toujours modérément développé, ni trop dur, ni trop mou^ d'une force moyenne, d'une égalité parfaite, soit dans ses ondulations, soit dans leurs intervalles.
Il varie infiniment suivant les circonstances météorologiques et les actes physiologiques, suivant les âges et les sexes ; il varie surtout beaucoup dans l'état pathologique, et ces variations servent à éclairer le diagnostic et le pronostic. C'était autrefois le principal guide du praticien, alors que l'auscultation et la percussion étaient inconnues.
RÈGLES POUR TATER LE POULS RADIAL. — 1° Pour tâter le pouls
radial, le médecin dispose sur le trajet de celte artère, à trois centimètres environ au dessus du poignet, en dedans du tendon de l'abducteur du pouce, les trois doigts indicateur., médius et annulaire, réunis doucement et sans effort. Uindicateur sera placé le plus bas près du carpe, un peu au-dessus de l'apophyse styloïde du radius, et leur pulpe sera située sur la même ligne, pour qu'ils puissent explorer simultanément l'artère. Il est bon de laisser un petit intervalle entre l'indicateur et le médius, pour que le tact soit plus libre.
2" Le pouce du médecin, tourné à lapartie postérieure dubras, y prend un point d'appui, qui permet de comprimer plus ou moins l'artère, et de juger ainsi de la fermeté de ses parois, de la tension artérielle et des diverses modifications de l'acte propulseur.
3° Il ne faudrait pas renverser les positions, soutenir le dos du bras, des quatre doigts, et appliquer le pouce sur l'artère radiale ; en effet, les collatérales du pouce étant assez fortes^ leur pulsation perçue par le médecin pourrait l'induire en erreur; et, ajoutant leur chiffre à celui de l'artère du malade, il trouverait 120 pulsations au lieu de 60, par exemple^ sans compter un pouls fort irrégulier, les deux cœurs ne battant pas à l'unisson.
4" Pendant que l'on tâte le pouls^ il faut varier à trois reprises les pressions que l'on exerce sur l'artère: par Ib. première ^ o^a. efjleure à peine la peau, pour examiner le pouls superflciel; par la deuxième, on appuie sur l'artère, de manière à la faire céder, pour étudier le ponls moyen ; par la troisième, on comprime fortement, pour oblitérer presque le calibre de l'artère, et
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l'on explore le pouls profond ; on reconnaît ainsi la tension vasculaire, et ce qu'il faut lui opposer de force pour empêcher le sang de traverser sous les doigts.
3° On aura soin encore de presser alternativement avec un, deux, trois ou quatre doigts; on voit par là sous quel doigt la pulsation s'arrêtera après avoir soulevé les autres^ et l'on juge de sa pénétration.
6° Deux doigts réunis peuvent encore servir à étudier le tlicroOsmc: car au moment oii la grande pulsation, après avoir pénétré sous le premier doigt^ vient frapper le second, le premier éprouve une seconde impulsion plus faible ; c'est le choc en retour.
7° Le bras du malade doit être appuyé sur le lit^ l'avant-bras à demi fléchi sur le bras, pour relâcher les muscles. Le sujet ne doit pas remuer ses doigts, parce qu'alors les tendons fléchisseurs mêlent leur choc aux pulsations du pouls.
8° Il faut en outre considérer si l'on a affaire à un homme, une femme, un enfant, un vieillard. Tenir compte de l'émotion, du réveil, s'informer si le malade vient de s'agiter ou de manger, s'il a pris un purgatif, un vomitif, ou quelque autre remède, s'ila été saigné, toutes causes d'affaiblissement du pouls. Quand on a fait la part de ces diverses circonstances, on peut admettre que le pouls qu'on explore est le pouls naturel du sujet.
9° Le médecin devra examiner le pouls aux deux bras, afin de juger de leurs différences ; il explorera le pouls droit avec la main gauche, et le pouls gauche avec la main droite, pour que l'indicateur reçoive le principal choc artériel qui est au niveau de l'apophyse styloïde et pour qu'une habitude uniforme donne plus de sûreté à l'examen.
iO°Le médecin comptera le pouls durant une demi-minute^ et même une minute entière. En se bornant à quelques pulsations on risquerait de manquer les irrégularités qui souvent forment le signe palhognomonique de la maladie. Si le pouls s'arrête par moments, il faut encore noter après quel nombre de battements sui'vient cette pause, et si l'arrêt est périodique.
Après s'être familiarisé avec l'étude de la pulsation^ l'homme de 1 art doit apprendre les rapports du pouls avec toutes les fonctions du corps.
11° Rapports avec larcspiration^savoir: combien de pulsations se produisent pendant une respiration [inspiration et expira-
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tion comprises). Dans l'état de santé, une respiration correspond à 4 ou 5 pulsations. Il faut reconnaître si son rhythme est changé, si par exemple, pendant l'inspiration, le pouls bat moins vite ou moins fort que pendant l'expiration (signe qui, dans le croup, indique V asphyxie terminale).
12° Rapports avec la musculation : — remarquer si les faibles mouvements accélèrent singulièrement le pouls, comme on l'observe chez les enfants nerveux et dans la mérdngite granuleuse.
13° Rapports arec la digestion : — remarquer si le pouls grandit par la nourriture, ou s'accélère seulement; s'il faiblit beaucoup pendant et après les évacuations urinaires et alvines.
14° Rapports avec la circulation : — observer si l'un des deux pouls donne moins de force ou à^amplitude, s'il Qsiexvretard sur l'autre, ou sur le battement du cœur, ce qui peut devenir un signe d'obstacle, de rétrécissement et même à'anévrysme.
Que le médecin s'informe encore s'il n'y a pas eu autrefois quelque blessure de la région radiale ou des tissus environnant l'artère, car l'amplitude de son battement reste moindre, même après guérison.
15° Enfin l'étude des anomalies artérielles est indispensable ; si l'on ne veut tomber plus d'une fois dans l'erreur, il faut connaître les exceptions. ,
16° Au point de vue nosolog^lqne, le médecin doit, en explorant \e pouls, observer s'il appartient :
A, à une maladie aiguë,
B, à une maladie chronique,
C, ou à une aflfcotlon du cœur,
D, enfin à une action médicamenteuse ou un empoisonnement, car le diagnostic, le pronostic, l'indication thérapeutique, devront toujours se tirer de l'un de ces quatre éléments.
A. Pour les maladies aiguës, il faut prêter grande attention à la période de la maladie; reconnaître si l'on est à la période d'augment, à celle d'état où les symptômes sont stationnaires, ou dans la période de déclin, dans laquelle s'opèrent les changements par crises et métastases. Il faut encore tenir compte des jours et des heures de la maladie. On distingue le pouls de la rémission de celui àu paroxysme.
B. Dans les maladies chroniques, il y a souvent un jour de rémission, un jour de redoublement; \e pouls de \dL rémission est le