VAEIATIONS DIURNES ET NOCTURNES DU POULS
D'après Double ^ , le pouls serait sujet à des oscillations diurnes; très tranquille le matin, il s'accélère de midi à 2 heures, puis diminue de force et de vitesse jusqu'à 8 heures, où il se relève un peu jusqu'à l'heure du coucher. Il se ralentit pendant le premier sommeil^ puis se développe progressivement pour grandir surtout au moment des repas.
KNOX ^, d'Edimbourg, avait également étudié les relations qui existent entre les moments de la journée et les diverses fonctions. Son pouls marquait 68 le matin à jeun, 64 à minuit après un léger souper. Il y a donc une faible diminution vers la fin du jour.
HOHL 3 a constaté cette même diminution chez les femmes enceintes.
HABDEN * n'a trouvé que deux pulsations de différence.
Knox insiste sur la diminution de l'irritabilité du cœur à la suite de la fatigue du jour. Et GUY M'a démontrée en faisant voir que les mêmes aliments ou boissons excitantes produisaient, au repas du matin, une accélération plus grande qu'à celui du soir, accélération qui durait aussi plus longtemps. Ces deux auteurs ont remarqué que les variations produites par les changements de position du corps sont aussi plus intenses le matin ; Nich inscrit, pour l'homme examiné debout^ puis couché, une différence de 10 pulsations le matin, de 8 vers midi, de 9 le soir.
Dans un travail publié en 1867, le docteur Prompt ^ a observé sur lui-même que l'homme adulte présente dans son pouls trois ou même quatre oscillations diurnes.
Un maximum à l'heure du réveil.
Un maximum après chaque repas.
Suivant cet auteur, ils sont dus à l'augmentation de la force du cœur par le repos et par la reconstitution nutritive. Chaque maximum est suivi d'un minimum.
Baërensprung , comparant ces maxima avec la température animale, fait observer qu'à chaque maximum du pouls correspond
* Double. Séméiotique.
^ Knox. Physiologie, obs. on the puisât, of the heart. Edimburgh med. and surg, Joiira. 1837, t. XLYII, p. 338.
' HoHL. Op. cit.
* Harden. 06*. on the puise and respirât. Americ. Journ. of med. science, 1843, vol. V.
' Guy. Op. cit.
" Prompt. Arch. de méd., 1867.
INFLUENCE DES ALTITUDES SUR LE POULS. 503
un maximum de température^ comme le démontre le thermomètre placé au creux de l'aisselle
Mais si les oscillations sont peu marquées dans l'état de santé, elles sont beaucoup plus nettement accusées dans les maladies aiguës ou fébriles; il est habituel alors d'observer une rémission dans la matinée, une exacerbation dans l'après-midi; d'où cette règle posée par nos anciens maîtres, qu'il faut explorer le pouls durant les deux périodes de redoublement et de rémission, sinon, l'on pourrait croire la maladie guérie, alors que le redoublement du soir dénoterait encore sa présence.
Quelquefois les périodes sont inverses et l'exacerbation a lieu le matin ; ce signe acquiert de l'importance quand il sert à distinguer la pbtisic aiguë de la fièvre typhoïde, où l'exacerbation a toujours lieu le soir.
Dans les fièvres intermittentes, le médecin soigneux devra noter les différences du pouls aux trois périodes àe frisson, chaleur et sueur.
DIFFÉRENCE DE TENSION DU SANG ET DE DIAMÈTRE DES ARTERES AUX DIFFÉRENTS INSTANTS DU JOUR.
La tension du sang dans les vaisseaijx varie à chaque instant,et par conséquent rélasticité,la conlractilité des parois varient aussi.
Vierordt et Aberle ^ ont reconnu que le diamètre artériel est plus grand le soir que le matin.
Ils choisirent la radiale comme plus superficielle et située sur un plan résistant. Puis, à l'aide d'une plaque, ils la déprimèrent, l'aplatirent, et purent ainsi mesurer son diamètre. Ils reconnurent par ce procédé que telle artère, qui le matin offrait une largeur de 2.92, avait le soir 3.44. Dans un cas même, ils notèrent : matin, 1.74; soir, 2. 43.