THEORIE DE LA DÉCOMPRESSION
Le pouls est un véritable baromètre. A mesure qu'on s'élève sur de hauts plateaux, la pression atmosphérique diminue, et comme c'est elle qui s'oppose à l'expansion des liquides à la surface du corps, par suite de la poussée cardiaque, si la pression atmosphérique diminue, le cœur, rencontrant moins d'obstacles, répète ses battements avec plus de fréquence pour dépenser sa force d'action.
DE SAUSSURE opérant sa grande ascension du mont Blanc, observa son pouls et nota 72 battements à Chamounix dans la vallée, tandis qu'au col du Géant y à la hauteur de 4,000 mètres, après 4 heures de repos, destinées à faire la part de l'agitation et de la fatigue musculaire, il trouva 110. Parmi ses guides, l'un, qui avait 60 pulsations au départ, en comptait 112 à la station d'arrivée ; l'autre avait passé de 49 k 98.
GAY-LUSSAC ^ fît des observations analogues lorsqu'il s'éleva en ballon à 8,000 mètres de hauteur.
PARROT 5 en 1826, dans un voyage aux Pyrénées, expérimenta sur lui-môme et trouva pour son pouls :
Au niveau de la mer, à 1,000 mètres, à 1,S00 — à 2,000 — â 2,500 — à 3,000 — à 4,000 —
Le pouls serait doncun baromètre naturel, d'une délicatessemer-
' De Saussure. Voyage dans les Alpes, t. IV, p. 207.
« Gay-Lussac. Relation d'un voyage adrostatiq . Ann. de chim., t. LIT, p. 89, an III.
' Parrot. Veber die beschleuiiigung des menschlichen puhes nach maasgabe der evKohung d'is standpunckl.es ïibcr der meeresflacfïe. Froriep's notizen, 1826 t. X, p. 216.
70 pulsations par minute