PROFONDEURS ET COMPRESSIONS DE L'AIR
Ainsi V accélération du pouls dans ïair déprimé serait due à f asphyxie progressive par d.ésoxygénation, et le pouls deviendrait un nouveau moyen d''analyse, dont le chiffre pourrait nombrer à la fois V altitude, et \a. proportion d'oxygène à phaque hauteur donnée de V almosphère.
Mais, sans qu'il soit besoin d'aucun appareil, l'homme arrive par l'habitude, l'exercice et l'hérédité, cette seconde nature, à tolérer ce qui paraissait d'abord impossible à son organisation.
Les habitants du pays de Quito vivent à une altitude de 4000 mètres, sans connaître ni mal de montagne, ni oppression, ni palpitations, ni vertiges ; chez eux, par suite d'une moindre pression atmosphérique et sans douté aussi sous l'influence d'une gymnastique naturelle, les poumons ont gagné plus d'ampleur, la poitrine plus de capacité; elle se bombe en avant, les épaules se relèvent, il s'établit une accommodation entre le volume de Vorgane et la quantité d^air nécessaire à l'existence du sujet. Dès lors la fréquence du pouls n'est plus la même, et l'on comprend pourquoi Milne-Edwards^ parlant de ce fait, a voulu expliquer le mal de montagnes par la fatigue musculaire, au lieu de la décompression atmosphérique. Mais les épistaxis, les ecchymoses des yeux qui surviennent dans toute ascension un peu élevée chez les sujets inaccoutumés montrent assez que cette cause doit être aussi grandement prise en considération.
PROFONDEURS ET COMPRESSIONS DE l'aIR.
Si le pouls s'accélère par l'altitude, il se ralentit dans les profondeurs terrestres et par la compression de l'air.
En 1845, HUTCHINSON * en fît l'expérience dans une mine de 455 mètres de profondeur, où six hommes furent descendus. Or, malgré une élévation ^e température de 6 degrés, le pouls fut ralenti chez trois d'entre eux, deux n'éprouvèrent aucun effet; le dernier fut accéléré. Ces résultats inégaux tiennent aux éléments multiples introduits dans la question par la chaleur plus grande et l'insuffisance de l'air non renouvelé au fond des mines, car là aussi l'on retrouve les effets de la dèsoxygénation, tandis qu'à l'air libre il y aurait suroxygénation.
Ces causes multiples ont un avantage, c'est de se combattre
* HuTCHiNSON. On the capacity of the lungs, Med. chir. trans. 1S46, t. XXIX,