‹ Le circulation et le poulsChapitre 350 sur 669 · COMPRESSIONS ET' DÉCOMPRESSIONS ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

COMPRESSIONS ET' DÉCOMPRESSIONS ARTIFICIELLES

de même qu'elle ajoute maintenant Y oxygène à l'atmosphère délétère ou trop raréfiée pour la rendre respirable, de même elle pourra, revêtant l'homme d'un nouveau scaphandre, ou le maintenant dans une petite chambre à air soit comprimé soit raréfié, rétablir pour lui les conditions normales de son existence, et lui permettre de les dépasser un peu par ses ascensions, ou ses descentes dans les profondeurs inexplorées jusqu'ici.

COMPEESSIONS ET DECOMPRESSIONS ARTIFICIELLES,

Etudions maintenant ce que la science a tenté pour les compressions et décompressions artificielles au moyen des haim d''air, et leur influence sur la circulation.

Bain d'aiir comprimé. Le docteur PRAVAZ * père^ de Lyon, fut le premier, en 1860, à construire des appareils pour utiliser les bains d'air comprimé; il assure avoir trouvé quelquefois une réduction de | dans la fréquence du pouls.

Berlin ^, en 1855, prétendait qu'un seul bain d'air peut quelquefois abaisser le pouls de 12 à 15 pulsations, parfois mêine 30 ou 36, Et ce ralentissement persiste assez longtemps après sortie du bain d'air. Cela prouve que la pression de l'air n'est point la seule cause qui agit alors pour ralentir le cœur, car, s'il en était ainsi, l'effet devrait cesser en même temps que la cause. Von Vivenot ' a fait de nombreuses recherches à ce sujet en 1864, dans l'établissement à air comprimé de Johannisberg ; pendant trois mois il expérimenta sur 609 cas, dont 423 lui sont personnels, La compression fut poussée jusqu'à lOôO™'" H. G, en variant d'une foule de manières les conditions : tour à tour le matin, au lit, après le repas, pendant la pression progressive, au sommet de pression^ pendant la descente; et de cet ensemble de données il résulte :

1° Que Vair comprime ralentit le pouls, non seulement pendant la compression, mais même après.

2° Que le ralentissement est proportionné à la fréquence que h pouls possédait avant.

3° Que la hauteur de la courbe sphjgmique décroit, tandis que h , polycrotisme disparaît peu à peu, remplacé par la ligne droite.

* PnAVAz. Essai sur l'emploi médicinal de l'air comprimé. IS.'jO, p. 37. i ' Bkrtin. Etude clinique de l'emploi et des effets de l'air compri/né, 1855, p. 31 ' Von Vivenot. Uel/er den e'uifluss rerslaeklen und vermind luftdri'wkes, et' Med. jahrbiichcr der KK. gesellcliaft der aerzte zii Wiea. Heft Ill.seite 207, 186;

THÉORIE DE L^HYPEROXYGÉNATION.

Le docteur Pram;2r fils *, de Lyon, est arrivé en 1875 à des résultats analogues. Expérimentant avec les appareils à compression de son père, il s'est soumis à des pressions qui ont varié entre 700 et "ôO"""', 0 étant la pression normale. Il a constaté; comme Vivenot, l'augmentation de la tension artérielle et le ralentissement des pulsations cardiaques. Mais il a signalé un fait encore inconnu : c'est, d'une part, V accélération à\x pouls dans les premiers moments du séjour dans l'appareil, accélération causée sans doute par V augmentation àQ température, puis, d'autre part, sur le tracé sphygmographique, la ligne d'ascension qui devient de plus en pins oblique, et se trouve remplacée en partie par un jo^ateaM analogue à celui de l'athérome artériel. Ce plateau paraît dù à l'obstacle que la pression apporte à la dilatation artérielle, c'est une sorte de rétrécissement artificiel.

Ainsi quand la vie s'éteint sous l'influence de compressions atmosphériques trop fortes, ce n'est pas seulement par suite de la diminution progressive du nombre des battements du cœur, mais aussi par l'affaissement de l'organe, qui ne peut plus opérer une diastole suffisante pour se remplir de sang.

Waldenburg et Paul Bert affirment que, dans \air comprimé, la pression sanguine augmente dans les carotides sous l'influence de la pression du gaz.

Embrodt soutient l'opinion contraire ; après lui Pamus, Jacohson et Lazarus ^, enfin Basch 3, en dernier lieu, ont vérifié la réalité de l'abaissement de pression dans les artères. Les uns expérimentèrent sur la carotide et V aorte des chiens; les autres, avec le sphygmographe, sur l'artère radioÀe. Les pulsations deviennent déplus en plus petites, imperceptibles, mais à la fin de la séance d'inhalation, les battements reprennent leur forme normale, comme si le cœur avait reconquis la force de pression qui lui manquait et s'était rétabli dans une sorte d'équilibre fonctionnel.

THÉORIE DE l'hYPEROXYGÈNATION ET DE l'hYPEECARBONISATION.

Des troubles se produisent quand la pression de l'air augmente. On les observe surtout chez les plongeurs et ceux qui

' Pkavaz fils, J. C. T.Recherch. expérini. sur les effets physiol. de l'augmentât, de la'press. atmosph. Th. Paris, 18T5.

^ Jacobson et Lazabus. Influence du séjour dans l'air comprimé sur la pression sanguine. Centraibl. f. med Wissenscli u« 5, p. 93, 1877.

' Basch. Ueher den einfluss der athmung von comprirnirter und verdïmter luf aufden blutdruck der jnenschen. Med. Jahrbûcher vou Stricker heft. 4^p. 489,1877.

510 THÉOEIE DE L'HYPEROXYGÉNATION.

travaillent aux constructions sous-marines, lis se rattachent à une dissolution d'oxygène dans le sang, plus grande qu'à l'état normal.

Le sang artériel, dans les actes normaux de la respiration, ne se sature jamais complètement d'oxygène, il n'arrive à saturation ! que sous la pression de trois atmosphères. A partir de ce degré de pression, l'hématose est complète et l'oxygène s'ajoute ensuite au sang, suivant une progression qui se rapproche de la loi de Dalton. Mais ce n'est plus une combinaison oxy-hémoglobique, ce n'est que l'oxygène dissous. C'est lui qui, d'après P. ^er^*, fait sentir ses effets délétères à l'organisme, surtout par des convulsions dues à l'exagéi'ation du pouvoir excito-moteur de la moelle.

Mais, à côté de l'augmentation d'oxygène dans le sang artériel, il faut tenir compte aussi de V augmentation de Vacide carhoniqueen dissolution surtout dans le sang veineux. Sous l'influence des pressions forcées, il s'accumule en bien plus grande proportion que Toxygène, car il est bien plus soluble, et je suis très porté à croire que c'est à lui en grande partie que sont dus les accidents convulsifs ; c'est une hypercarbonisation.

On observe en même temps la diminution du nombre des pulsations du cœur, et l'ampliation de la capacité pulmonaii^e au maximum. Cette amplitude est due au refoulement du diahragme et à la compression des gaz intestinaux. Mais la quanité de gaz en volume qui traverse le poumon dans un temps donné ne change pas notablement dans l'air comprimé.

Inili«atious tliérapeiitiques. — Les affections cardiaques dans lesquelles il est bon de donner de l'air comprimé sont celles de Vorifice aortiqm, le rétrécissement et surtout V insuffisance; parce que les altérations d'élasticité pulmonaire sont généralement moins avancées que dans les affections de l'orifice mitral.

Baius d'air raréfié. — inhalation d'un air raréfié produit une dyspnée intense, la respiration ne s'exécute qu'à l'aide de toutes les puissances inspiratoires.

Dans ces conditions, on observe une augmentation dans la pression artérielle.

La décompression trop rapide détermine aussi de nombreux

* p. Bert Ojo» cit.

accidents : congestions, kémorrhagies^ paralysies; la généralité des physiologistes les attribuent à l'abord trop brusque du sang dans les vaisseaux capillaires. Mais, comme nous l'avons vu (p. SOS), une nouvelle opinion tend à se faire jour : tous les accidents qui accompagnent la décompression brusque depuis les plus faibles jusqu'à ceux qui entraînent la mort subite seraient, d'après les travaux de P. Bert, la conséquence du dégagement des bulles d'oxygène dans le sang st même dans les tissus, quand la compression a duré un temps suffisant. Il a reconnu que la quantité de gaz dissous est en rapport avec la pression.

A 6 atmosphères, les effets fâcheux se font- sentir.

A 20 atmosphères, il y a des accidents convulsifs.

A 25, la mort survient très rapidement.

L'analyse démontre que la mort arrive dès que la proportion d'oxygène a augmenté de 1 tiers dans le sang artériel, et les troubles fonctionnels se montrent dès qu'il a augmenté de^ 3 volumes.

Ces phénomènes seraient déterminés non par la pression atmosphérique, mais par la tension de l'oxygène ambiant.

Règle générale, le pouls est plus fréquent dans les pays chauds que dam les pays froids.

C'est à nous. Français qui h abitons la contrée ]a plus lempéiée, qu rHppai-tie:it le meilleur chm.it et p r conséquent le tempérament le mieux équilibré, le pouls le plus normal. A Paris, c'est-à-dire à une altitude de SO à 60 mètres, — latitude de 49° environ, un homme de taille moyenne compte 60 à 70 pulsations et 18 respirations par minute.

Chez les peuples du nord, le pouls se ralentit, et, d'après Blumenbach le pouls des Groënlandais ne donnerait que 30 ou

pulsations par minute.

Un médecin anglais, J. FLOYER, poussant plus loin l'analyse, a formuLiunetable d^-s batlemonis du pouls chez l'homme sain, Jppuis l'équateur jusqu'au pôle. Il a établi que le pouls battait 120 fois

' Blumenbach. Institutions physiol. 1797, p. 37*

par minute à, l'équaleur; qu'il diminuait ensuite de 1 pulsation par degré, donnant ainsi la proportion suivante :

A l'Equateur ou 0 degré A 5 degrés

Si cette progression était véritable, si elle n'était pas le fruit d'une imagination trop féconde, il faudrait admettre que les battements sont en raison inverse des degrés de latitude. Le pouls le plus naturel devrait être celui du 45°; or c'est le climat de la France, en particulier de notre ville de Tours, qui se trouve à moitié chemin de l'équateur au pôle.

Les résultats concordent assez avec ceux de BLUMENBACH, puisque le Groenland occupant de 60 à 80° latitude nord, ses habitants, suivant la théorie, devraient avoir 50 à 30 pulsations.

Une pareille observation, si elle se montrait entourée de toutes les garanties scientifiques, serait fort importante, car l'homme, à l'état de repos complet se trouverait constituer le plus simple instrument d'orientation générale. Il indiquerait par le battement de son cœur la place qu'il occupe au nord ou au centre du sphéroïde terrestre.

Un médecin de la marine, le docteur JOUSSET de Lille, durant ses voyages aux Antilles, aux Indes, en Indo-Chine, a fait des observations multipliées sur des marins européens, créoles, mulâtres des Antilles, sur des nègres du Congo et du Sénégal, Condolfs^ Bambarras du rio Pongo et des îles Boussagots, sur des Chinois et des Cochinchinois. Il a étudié les modifications physiologiques les plus importantes que le passage d'un pays tempéré dans un pays chaud apporte dans les fonctions de l'économie. Il a reconnu l'accélération du rhythme du pouls au

120 pulsations par minute.

35? — théoriquement.

30 ? — théoriquement.

moment de l'arrivée, son ralentissement dans la suite, mais ralentissement relatif, car il reste toujours plus élevé que dans les régions tempérées; enfin l'exagération de la température du corps, exagération qui persiste parfois pendant plusieurs mois après le retour dans des zones tempérées. »

Mais nous sommes loin de posséder encore les éléments nécessaires pour résoudre cette question si compliquée de l'influence des climats tropicaux sur le pouls.

RATTRAY * entreprit sur ce sujet des recherches dans un voyage qu'ilfit d'Angleterre à Bahia (lat. 31° N. àlat. 11» S.) et retour, en croisant l'équateur. Les observations furent faites trois fois par jour,dans la position debout. Ses résultats paraissent d'abord contradictoires avec ceux de Floyer. En effet, il constata que le pouls le plus élevé du jour est celui du matin. La proportion sous les tropiques est plus basse de 2 battements î que sous les zones tempérées : 87 1 au lieu de 90. La circulation est aussi plus faible.

YoiciJe résumé de ses observations :

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