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INFLUENCE DES BAINS SUK LE POULS ET LA CIRCULATION

Ces effets ont été bien étudiés par marcard, et pour cela, il a distingué les bains froids, ticdes, chauds, très chauds.

Les bains frais ont peu d'action sur le pouls de l'homme sain ; ils paraissent pourtant diminuer légèrement sa fréquence ; sur l'homme malade, cette diminution est plus prononcée, car elle se manifeste sur un pouls déjà doublé de fréquence, et cette diminution, qui persiste pendant plusieurs heures, donne souvent au malade le repos et le sommeil.

Le baiu chaud, c'est-à-dire de 29 à 36 degrés centi-

' LisLE. Note sur la fréquence du pouls chez les enfants. Gaz. med. 1837, t. V, p. 689.

* Delaroche. Expér. sur les effets qu'une forte chaleur produit sur l'économie animale. Th. Paris, 1806, p. 33.

^ Callibukcès. Influence de la chaleur sur l'activité du cœur. Gaz. Iiebd.de méd. ■1857, t. IV, p. 468.

grades, est celui qui paraît avoir la plus haute faculté de ralentir le pouls; il agit de deux façons : 1° Il augmente par le poids momentané de l'eau la pression intrà-vasculaire et porte ainsi le cœur à ralentir sa marche.

2° Il tempère par sa tiédeur le degré de tension des nerfs vasomoteurs, et le ramène à un juste équilibre, diminuant en même temps la chaleur animale si elle est trop élevée.

Bains très cbauds. Si le bain est pris à une température assez haute pour agir rapidement sur les capillaires^ le premier eiicX l^roduit est la dilatation rapide des vaisseaux, par suite de la suspension d'action des nerfs vaso-constricteurs. Le pouls se développe, le cœur bat avec force, sa fréquence augmente ; une certaine irrégularité des pulsations ne tarde pas à annoncer la période sudorale, qui, se confondant avec les liquides du bain, ne peut être appréciable que sur les régions du corps restées hors de l'eau; visage, col, mains.

Diagnosc. — Cette irrégularité du pouls est donc bien inhérente à la fonction: sueur; et non pas seulement pathognomonique des crises sudorales^ comme l'avaient avancé Fouquet et Bordeu.

Bains chauds refroidis graduellement. Cet effet est semblable à celui des bains froids d'emblée, mais il est mieux toléré par l'organisme. C'est, dans tous les cas, le ralentissement rapide du pouls, coïncidant avec l'abaissement de la température.

Importance particulière des bains froids. Nos connaissances sur les effets physiologiques des bains froids datent des travaux de bégin en 1819. Par une série de bains froids pris dans la Moselle, au mois d'octobre, il analysa et décrivit les effets qu'ils produisent sur le pouls, la respiration, la chaleur, les téguments^ les muscles, etc.

Plus tard, chossat, cité par Michel Lévy, montra que dans un bain frais, le poiils peut descendre de 60 à 38. RÉCAMIER adopta en France, vers 1830^ cette méthode dans la thérapeutique des maladies aiguës. Il traitait les fièvres typhoïdes, les pneumonies délirantes, par les affusions froides, et obtenait ainsi de très grands succès, en modérant la chaleur et le pouls.

Cette méthode délaissée a repris une nouvelle impulsion depuis 1870, où Brandt, médecin militaire pendant la guerre avec la Prusse, traita comme nous l'avons dit un nombre considérable de fièvres typhoïdes et les guérit pour la plupart

avec le bain froid répété. Dans cette maladie où le pouls est ordinairement à 120, on voit par la méthode des bains froids son chiffre tomber de 10, IS, 20, 30 pulsations. Il devient en même temps plus fort, plus plein.

Le dicrotisme qui est l'indice d'une faible tension artérielle diminue ou disparaît pour 2 ou 3 heures.

De là cette importance extrême qu'a prise de nos jours la méthode de Brandt, qui, nous devons le rappeler à l'honneur de la France, n'est autre que celle du professeur Récamier., complétée dans ses détails.

Une demi-heure après le bain froid, le sphygmographe indique l'aplatissement du sommet de la pulsation, ce qui est en rapport avec la contraction vaso-motrice périphérique qui accompagne le refroidissement cutané.

Indicatiou thérapentifiiie. — Nous pouvons formuler ainsi l'indication générale des bains froids :

Toutes les fois que le pouls et la chaleur prennent un accroissement extrême^ le bain frais ou légèrement tiède est indiqué comme vaso-constricteur, pour ralentir la circulation et calmer V organisme.

Le résultat est tellement prononcé que l'indication thérapeutique du bain froid devient évidente du moment oii ces deux phénomènes se trouvent réunis : élévation du pouls et de la température. Le D"^ Blachez * y recourut chez une dame de trente ans, prise d'un rhumatisme articulaire aigu, avec douleurs très vives et sueurs abondantes. Ayant présenté le cinquième jour de l'agitation, du délire croissant suivi de coma, simultanément avec la disparition des douleurs ; la température axillaire était de 41°,6 et la mort paraissait imminente. Un premier bain à 23 degrés, abaissé rapidement à 20 degrés avec la glace, étant donné, le pouls de 156 tombe à 96, la température à 38°. Le bain est renouvelé toutes les fois que la température axillaire dépasse 38°, 5, Douze bains sont ainsi donnés du 21 au 24 janvier, dont 5 le premier jour, 3 le second et 2 les jours suivants. La température reste à 37°,4 après le dernier, et la malade guérit.

Influence fies clystères d'eau froide isur la fréquence du pouls. — Mais les grands bains froids chez les typhoïdes ont parfois des inconvénients graves. Pourrait-on, par unrefroi-

' Blachez. Gazet, hebdom . n« 7 et 8.

dissement interne au moyen de lavements, remplacer le bain et ralentir le pouls ? Cette question, étudiée il y a dix ans par le D' Foltz ^, de Lyon, offre des résultats pleins d'intérêt. En prenant le matin 6 à 8 lavements de 1 litre à 8°, qu'il gardait chacun 5 minutes, l'auteur vit son pouls descendre de 65 à 46 pulsations, avec sentiment de force et de bien-être. Chaque lavement abaisse à son tour le pouls. Ainsi dans une deuxième expérience faite avec 6 lavements, le pouls baisse de 70 à 66-62- 60-58-56-34 pulsations. La température du corps baisse aussi de 2 degrés. Mais la température et la quantité d'eau employée ont également leur importance. Ainsi un lavement de 1 litre d'eau de 0 à 10" fait tomber le pouls de 12 pulsations en moyenne.

De 10 à 20 degrés il le fait baisser de 6 pulsations. De 20 à 30 — il le ralentit de 3.

De 30 à 38 — il peut encore le ralentir de 1 ou 2 pulsations.

Un lavement d'un demi-litre pour un adulte ne produirait que la moitié du résultat. Plusieurs lavements administrés successivement donneraient des effets accumulés, mais avec d'autant plus de résistance de la part du cœur que l'on éloignerait davantage leurs intervalles.

Les effets produits par le lavement froid sur la chaleur animale sont tout à fait analogues à ceux qu'il produit sur le pouls.

A 5 degrés il diminue la chaleur du corps de 0 degré 62 10 — — 0 — 52

Et les effets sont aussi en raison directe du volume d'eau injectée. Ainsi un litre d'eau à 10° abaisse la température de 0''52. Un demi-litre à 9° l'abaisse de 0''25.

Indication thérapeutique. — Il résulte de cette comparaison, quels pouls et la température vitale sont dans un rapport presque constant; la nouvelle méthode préconisée par Wunderlick d'inscrire les courbes thermométriques comme guide général du médecin, toute bonne qu'elle est, n'est donc point préférable aux données fournies par le pouls,Qi celles-ci sont bien plus simples, plus rapides à obtenir.

* Foltz. Du lavement froid, action idhtjsiolog. et emploi thérapeutique dans la fièvre typhoïde. Lyon. méd. 1874, p. 1.

La connaissance du pouls, disons-le hautement, restera toujours la véritable pierre de touche du vrai médecin.

Pneumo-thérapie par inspirations et expirations. — La pneumo-thérapie a été mise en honneur depuis peu d'années par Waldenburg ^, Schnitzler, de Vienne, Hanck et Geigel en Allemagne; en France par Bert et Joly et, Lambert et Ducrocq ^.

Ce procédé diffère des bains d'air comprimé ; c'est un mode de traitement, par lequel on agit mécaniquement sur une seule phase de la respiration, par des inspirations d'air comprimé ou raréfié, ou bien encore par des expirations d'air raréfié, pendant que le corps reste dans l'atmosphère normale.

Ce fut Waldenburg qui le premier composa des appareils propres à ce mode de médication. Ce qui nous importe ici, c'est de connaître ses effets sur le cœur et la circulation.

Inspirations d'air comprimé, expirations dans l'atmospbère normale. — L'homme, plongé dans un air comprimé, éprouve les effets d'une pression qui porte sur l'organisme entier ; il y a équilibre entre la pression intrà-pulmonaire et la pression extérieure.

Au contraire, lorsqu'on insuffle dans les poumons de l'air comprimé, l'atmosphère extérieure restant la même, l'équilibre est rompu et les effets produits sont absolument différents. On reconnaît alors que cet air comprimé apporte une gêne considérable à la respiration en annihilant l'élasticité du poumon et le vide inter-pleural. L'inspiration devient brusque, courte; l'expiration longue, pénible, incomplète. Sur la circulation, les effets sont encore plus marqués, et l'on observe :

A. — Abaissement de pression vasculaire artérielle.

B. — Diminution de \ afflux sanguin dans les artères, avec rapport moindre de sang au cœur gauche.

C. — Arrêt plus ou moins complet de la circulation pulmonaire, avec anémie pulmonaire^ le sang fuyant devant l'air qui comprime le vaisseau. L'aspiration du cœur droit ne peut vaincre la pression que supportent les capillaires du poumon, son fonctionnement devient impossible.

D. — -Augmentation extrême de V afflux veineux cœur droit.

E. — Le sang s'accumule dans le cœur droit devenu impuis-

^ Waldenburg. Pneumatische behandlung . Berlin, 1876.

' Ducrocq. R'^ch. expérim. sut l'action physiolog. de la respiration de l'air comprimé. P. Delahaye. 1873.

sant^ et les veines thoraciques, les jugulaires sont gonflées; il y a sphagiasmus, pour me servir de l'expression des anciens.

F. — La fréquence du pouls peut être grande quand la pression de l'air insufflé n'est pas forte ; elle est ralentie si la pression est de plus de 50""° HG.

Indications tbérapeutifiacs. La respiration d'azr comprimé diminue V hématose, au lieu de l'augmenter.

Elle est plus nuisible qu'utile dans les affections organiques du cœur.

On peut l'employer avec quelque avantage dans le traitement de Yàsthme nerveux, en ayant la précaution de ne laisser les poumons en contact avec l'air comprimé que pendant un temps égal à la durée moyenne d'une inspiration normale.

Effets de l'inspiration fl'air comprimé et d'expiration dans l'air raréflé, et vice versa. — Le docteur Schnitzler, au moyen d'un appareil particulier, mais qui n'est autre que celui de Waldenburg perfectionné, démontra que les inspirations d'air comprimé suivies d'expirations dans l'air raréfié, pouvaient avoir une influence réelle sur le cœur et la circulation, tandis qu'il n'y a rien à espérer comme valeur thérapeutique de la méthode inverse.où l'on inspire dans l'air raréfié pour expirer ensuite dans l'air comprimé.

Dans la première méthode, la pression négative que supporte continuellement le cœur est fort diminuée par l'inspiration d'air comprimé; elle peut être, sous l'influence de ce moyen, changée en pression positive.

La conséquence de ce changement serait un surcroît d'impulsion du cœur; le sang est chassé dans les artères avec plus d'énergie ; mais, d'autre part, le reflux du sang veineux dans le cœur droit est plus ou moins entravé.

L'effet général de ^l'inspiration d'air comprimé avec expiration dans l'air raréfié est donc :

1° W augmenter la quantité de sang dans la grande circulation.

2° De la diminuer dans la petite.

3° De ralentir le pouls.

indications thérapeutiques . — Les inspirations d'air raréfié améliorent souvent \ asthme et Y emphysème. Les inspirations d'air comprimé conviennent dans les maladies du cœur, à toutes les périodes oii l'écoulement du sang des poumons ou du ventricule gauche subit des entraves : affections du cœur gauche,

insuffisance tricuspide et des valvules sigmoides pulmonaires^; enfin dans les rétrécissements correspondants.

Quand arrive Vasystolie^ on peut faire alterner ces inspirations avec des expirations dans l'air raréfié.

Les inspirations d'air comprimé sont encore utiles dans la pleurésie, la congestion pulmonaire, la phtisie. Elles sont contre indiquées par Vétat fébrile trop prononcé.

lufsisiratioitfS d'air raréfié, expirations dans l'afmospttèrc libre. — U inspiration d'air raréfié, au contraire, augmente la pression négative du cœur et diminue la pression dans le système aortique.

Le devient plus petit.^ moins tendu; les veines du cou s'affaiss<;nt par suite d'une aspiration plus énergique du sang veineux dans le cœur droit. En somme, l'inspiration d'air raréfié donne pour résultat :

■ 1° Une diminution du sang dans la grande circulation.

2° Une augmentation dans la petite circulation et dans les poumons.

3° Une accélération du pouls.

Indications thérapeeititines. — Les inspirations d'air raréfié sont indiquées théoriquement dans les affections du cœur droit comme facilitant la circulation veineuse, mais elles exigent tant d'efforts du côté des organes respiratoires que leur emploi paraît peu prudent ^ On en est encore à la théorie.

En résumé, les aspirations d'air comprimé ou raréfié fournissent un moyen infaillible de modifier l'équilibre de la circulation dans deux directions opposées.

Au moyen de \air comprimé, on anémie les poumons et toute la partie artérielle de la grande circulation, et on surcharge de sang j le système veineux général. On obtient : anémie pulmonaire et artérielle, hypérémie veineuse. ;

Avec l'air raréfié, on hypérémie la petite circulation et la partie | artérielle de la grande, le tout aux dépens de sa partie veineuse \ qui se trouve anémiée. Lorsque la raréfaction devient très forte, ; l'hypérémie pulmonaire continue d'augmenter, tandis que l'hypérémie artérielle générale tend à diminuer.

Ptiénomène de l'accnninlation d'action. — Ce qu'il y a j

* Revue des se. méd. 13 janvier 1876.

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