ECART DU POULS ET DE LA RESPIRATION
caractérise encore les deux substances anesthésiques, habituellement employées en chirurgie, le chloroforme et le bichlorure de méthylène ou butyl-mêthyl. La seule différence chimique entre ces deux corps, c'est que l'un est fait avec de l'alcool de vin, le second avec de l'alcool de méiasse ou de betteraves. Leurs effets sont pourtant opposés.
Le Chloroforme arrête le cœur avant la respiration et la mort est pour ainsi dire immédiate. Le Méthylène arrête la respiration avant le cœur, et la respiration artificielle peut encore rétablir les fonctions vitales.
Indication thérapeutique . — Il est donc fort important de préconiser l'emploi du bichlorure de Méthylène pour les opérations, si l'on veut éviter les morts subites, auxquelles nous expose le Chloroforme, et c'est l'étude de la circulation dans ses rapports avec l'acte respiratoire qui a conduit la science à cette heureuse conclusion.
Écart du pouls et de la respiration dans les maladies. — Dans certaines maladies, comme la méningite, le typhus, et la pneumonie^ l'on observe un écart des deux courbes cardiaque et respiratoire ; c'est un sujet encore neuf à traiter et plein de promesses, car il touche à la pathologie du nœud vital et du nerf vague. A l'exemple de Moleschott *, le docteur rabuteau a fait sur l'isolement des deux fonctions des expériences intéressantes.
Il s'est basé sur les données nouvelles par lesquelles Traube, Aubert, Tschischwitz et Rosenthal ont appris à arrêter le diaphragme tantôt en contraction (pendant l'inspiration), en excitant le moignon central du nerf vague bien isolé, à l'aide d'électrodes' appliqués loin du nerf laryngé supérieur; tantôt dans l'état de relâchement (expiration) en approchant l'un des électrodes du nerf laryngé supérieur.
En opérant ainsi, il a constaté que les deux états peuvent s'accompagner d'augmentation de IdL fréquence du pouls.
De plus, cette fréquence peut s'accompagner d'un abaissement dans le nombre des mouvements respiratoires.
Enfin, d'autres fois l'expérience donne des battements cardiaques rares avec une respiration rapide.
Il n'existe donc pas, suivant Rabuteau, d'harmonie nécessaire
' Moleschott et Moriggia. Intorno ai camàiamenti disparati nella frequenza délie respiraziani e d^l polso. Pisse. 186,4. In-S",