ACCÉLÉRATION DU CŒUR
Le D'' Baynard ne trouvait plus le moindre battement à son cœur^ et M. Skriue la moindre trace du souffle sur le miroir approché de la bouche.
Chacun de nous, à son tour, examina le bras, le cœur et la poitrine, mais personne ne put reconnaître eu lui le plus léger signe de vie.
Nous raisonnâmes pendant longtemps sur ces phénomènes extraordinaires, inexplicables. Voyant qu'il restait en cet état, nous commençâmes à conclure qu'il avait porté l'expérience trop loin, et, convaincus qu'il était actuellement mort, nous étions prêts à le quitter. Cela continua environ une demi-heure. Comme nous allions partir, nons observâmes quelques mouvements sur le corps, puis nous trouvâmes son pouls et le mouvement de son cœur revenant d'une manière progressive.
Il commença à respirer doucement et à parler. Nous étions étonnés au dernier point de ce changement inattendu, et, après quelque conversation soit avec lui soit entre nous, nous partîmes pleinement satisfaits de ce que nous avions vu, mais incapables d'en donner aucune explication raisonnable.
Bientôt après if appela sou notaire, fit quelques legs à ses serviteurs, reçut les sacrements, et expira très calme vers les S ou 6 heures du soir.
Le lendemain il fut ouvert, comme il l'avait ordonné ; son corps était le plus sain, le mieux fait que j'eusse jamais vu. Mais nous trouvâmes le rein droit quatre fois trop gros, décomposé et rempli d'une bouillie crayeuse, qui me fit donner à cette maladie le nom de cancer du rein.
ACCELERATION DU CŒUR SOUS l'iNFLUENCE DE LA VOLONTÉ.
TARCHANOFF ' observa ]'an dernier à Saint-Pétersbourg un nommé Eugène Salomé, qui avait la singulière faculté d'accélérer les battements do son cœur par l'effort de sa volonté, indépendamment de toute influence de la respiration ou des mouvements musculaires; le pouls montait de 96 à 126. Le pléthysmographe indiquait un dicrotisme plus fort,^ et la diminution de i volume^ du pied et de la main^ par suite du resserrement périphé- î rique des vaisseaux et de l'augmentation de l'acte cérébral. |
Le sphygmo-manomètre de Basck signalait à la radiale une pression ascendante de 2 à 10™™ HG.
Ces faits sont moins rares qu'on ne le pense, car en explorant les élèves assistants, Tarchanoff en trouva un, qui, par acte de volonté, fit monter son pouls de 8S à 160.
Il est probable que dans les cas d'accélération volontaire, ! comme dans ceux d'arrêt volontaire des pulsations cardiaques^ il y a transposition fonctionnelle, et que les hémisphères cérébraux partagent les fonctions du bulbe ou du nerf vague.
Mais l'épuisement de cette fonction supplémentaire est rapide,
' Tarchanoff. Sur l'accélérât, voloiit. des puisât, cardiaq. chez l'homme. Archiv. L d. gesammte physiol. Bdxxxv, p. 109.
INFLUENCE DE LA TOUX SUR LE POULS. 571
le sujet peut difficilement recommencer deux fois l'expérience de suite, quel que soit l'effort de sa volonté.
INFLUENCE DES EFFORTS MUSCULAIRES SUCCESSIFS ET PROLONGÉS SUR LE CŒUR ET LE POULS.
L'influence de l'effort musculaire, quand cet effort est successif et habituel, comme cela arrive pour les professions pénibles [gymnasiai-ques, forgerons, charrons, etc.) est importante à connaître. Tout effort, comme nous l'avons dit^ en comprimant le thorax et le diaphragme, en dilatant le poumon^ entrave plus ou moins les mouvements àucœur et affaiblit le pouls. Loi DE COMPENSATION. — Mais, en compensation^ le cœur, 1 étant un muscle, participe à la contraction musculaire générale ' engendrée par l'effort, et, d'après Colin au moment des violents efforts musculaires, la force du ventricule gauche s'accroît d'un cinquième, d'un quart, d'un tiers et même d'une moitié de son intensité moyenne.
Celle du ventricule droit s'élève parfois au double, et même au triple de son chiffre normal; compensation nécessaire, car là se trouvait le point faible de l'organisme. Le manomètre démontre en effet que tous les efforts, pressant et vidant le cœur et les grosses artères, entravent bien plus la ' circulation capillaire que la circulation générale, et comme le sang veineux, encombrant de plus en plus les vaisseaux, reflue dans le cœur droit, celui-ci doit employer une force plus grande pour accomplir son œuvre.
Indicatlous thérapeutiques. — Tous ces efforts musculaires doivent être supprimés chez les personnes atteintes A'anévrysme OM à! affection du cœur. On doit surtout éviter chez elles l'exercice forcé du bras gauche ; — les ouvriers gauchers sont facilement atteints d'affection du cœur.
INFLUENCE DE LA TOUX SUR LE POULS
LatoM^eest un effort compresseur des côtes et du diaphragme, qui, par l'occlusion intermittente de la glotte, comprime l'air dans la poitrine et le chasse ensuite avec violence par une détente subite et saccadée.
' Colin. Acad. des sciences. P. 1863.