DÉMONSTRATION DE LA CIRCULATION PAR INFLUENCE
résultat sur la seule artère crurale. Le phénomène était -il habituel? étais-je en présence d'une loi générale de la circulation, ou bien n'était-ce qu'une exception applicable seulement à un petit nombre d'artères privilégiées?
J'expérimentai donc alternativement sur de très grosses artères et sur de très petites.
La veine cave inférieure, au creux épigastrique, me transmit fidèlement l'action de l'aorte abdominale ; image très affaiblie à cause de l'épaisseur des tissus interposés.
La sous-clavière me donna l'impression de Vartère correspondantej] avec l'impression très marquée de l'influence respira^ toire. •
Et parmi les petites veines, la pédieuse surtout inscrivit parfaitement en creux l'impulsion donnée par son artère pourtant bien petite, mais soutenue par un plan osseux fixe et résistant.
Nous étions donc en présence d'un phénomène très général, savoir : que l'impulsion de Vartère se transmet en temps inverse à la veine et fait circuler le sang noir, artères et veines agissant ainsi comme les deux corps de pompe d'une machine pneumatique.
Mais il est des veines sur lesquelles on ne peut obtenir le schéma désiré que par exception, La radiale, par exemple, est placée de telle sorte qu'on ne peut disposer favorablement l'instrument sur la veine; pourtant j'ai obtenu ce tracé chez un vieillard dont le pouls était bien disposé.
L'humérale, la crurale, examinées au milieu du bras et de la cuisse, situées au centre de tissus mous, fuientdevant la compression du sphygmographe et leur transmission à la veine ne peut être étudiée favorablement.
Enfin, un grand nombre de veines superficielles des membres, du cou et de la tête, n'ont point d'artères collatérales et par conséquent ne subissent pas l'impulsionpar influence de ces veinomoteuris.
Au contraire, les veines de la région faciale la reçoivent plus immédiatement encore, par suite d'anastomoses directes avec des rameaux artériels, ainsi que l'a démontré le D'SUQUET, et il en est souvent de même pour les veines des membres inférieurs et supérieurs, aux mains et aux pieds. Là donc, le procédé circulatoire que nous décrivons eût été superflu, puisque l'action
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pulsative était transmise d'une manière plus directe encore par l'osculation immédiate d'artère à veine.
C'est le mécanisme de Tanévrysme artérioso-veineux passé dans l'ordre physiologique.
Mais il diffère encore de celui que nous décrivons sous le nom de circulation par influence, en ce que, dans celle-ci^ les systoles et diastoles s'exécutent en sens inverse dans l'artère et la veine, tandis que pour les anastomoses directes l'impulsion veineuse continue exactement l'impulsion artérielle.
Mais il est d'autres organes, d'autres régions oii la circulation par influence se manifeste plus complète et que nous allons examiner tour à tour pour donner une démonstration pleine et entière de notre sujet.