LA CIRCULATION PAR INFLUENCE RENDUE VISIBLE
A l'état physiologique, et dans le repos complet, ce mode circulatoire n'est pas tellement accentué dans les grosses veines, qu'il en résulte un jet saccadé du sang quand on vient à ouvrir la veine. Mais^ outre la démonstration par le sphygmographe donnée plus haut, deux ordres de preuves servent à établir sa véritable existence. Ces preuves sont : les unes pathologiques^ les ^uiYQS physiologiques.
Preuve patliologitine. — Les mêmes veines dont le jet paraissait continu dans l'état normal, peuvent prendre un jet intermittent, lorsque les artères battent avec force et leur transmettent une plus grande somme d'impulsion. C'est ainsi que le D' MOUGEOT * a démontré, en 1858, que dans les fièvres intermittentes àaccès violents, quand le pouls est dur et vibrant, on voit, en saignant la veine médiane basilique, le sang jaillir rouge et àjet saccadé, comme celui d'une artère; ce phénomène pathologique n'est donc en réalité que l'exagération du phénomène physiologique correspondant.
* MoùGEOi'. Acad. des sciences, Paris, 1858, p. ^4.
Preuve physiologicfue. — Une expérience plus décisive encore nous est donnée par les vivisections, en examinant pour mieux grandir les résultats l'action d'une grosse artère sur une très petite veine. Pour cela, suivant l'exemple de Spallanzanij dans ses recherches sur la circulation languissante, l'on ouvre l'abdomen d'une grenouille ou d'une salamandre, et l'on cherche le long de l'aorte quelque point où se ramifient sur ses parois des venœ vasorum. On peut alors facilement voir, à chaque dilatation de Taorte, pâlir et s'affaisser les veines capillaires qui entourent ses parois. Puis, pendant la systole aortique, ces radicules veineuses n'étant plus comprimées se dilatent à leur tour et se remplissent de sang noir.
C'est donc bien sous l'influence de l'action aortique que le mouvement circulatoire se complète dans ces veines capillaires, et leur petit volume, rendant l'action de l'aorte énorme pour elles, l'effet produit va jusqu'à l'oblitération momentanée de la lumière du vaisseau^ qui devient complètement anémique ; c'est là un des plus beaux exemples de la circulation par influence, et l'on voit qu'elle ne se borne pas aux gros vaisseaux, mais que son action s'étend formellement aussi aux capillaires veineux.
Ce phénomène, fut observé pour la première fois par Spallanzani, mais il n'en comprit pas la véritable valeur et se contenta de le noter comme un symptôme curieux. •
Or ce que nous observons d'une manière visible sur les venœ vasorum de Vaorte doit exister sur toute l'étendue des capillaires veineux situés dans un voisinage artériel; et partout où un vaisseau artériel se contracte ou se dilate, il aspire par succion ou chasse par compression le sang veineux voisin, car il ne peut y avoir de vide dans les organes, ni dans les canaux vasculaires.
Nous croyons donc avoir démontré dans ce chapitre :
i° L'existence et la généralité de la circulation par influence pour les veines.
2° L,a variété ^ran<le «le sou expression fonctionnelle <
3° iSon existense également importante pour les vais" «seaux lymphatiques et les licfuides çépbalo-racliidiens >