COURBE DE PRESSION MUSCULAIRE EXTERNE
L'œil, entouré dans tous les sens par des muscles, ne peut exécuter un mouvement sans que l'effort musculaire fasse varier sa pression interne et par conséquent la pression du sang dans ses vaisseaux.
Peu sensible pour les artères, cette pression l'est beaucoup plus dans les veines, et c'est pour y remédier sans doute qu'elles se replient en spirales innombrables [vasa wr^î(?05a),dont la dilatation doit constituer une sorte de réservoir naturel, au moins trois fois plus étendu que ne le serait un vaisseau rectiligne.
IJuiforiuité de la tcnisioii oculaire. — • Mais c'est en éta,f diant la circulation oculaire dans les maladies que nous jug^r rons de l'importance de la tension organique. Nulle part il n'était plus nécessaire d'obtenir une tension uniforme, et nulle part elle n'a été mieux équilibrée. Grâce à ces différents appareils qui se prêtent un mutuel appui, on voit la tension oculaire i garder une moyenne très remarquable. Ainsi dans la période | asphyxique du choléra, otj le ralentissement de la circulation est { si accusé et dans laquelle la tension artérielle est si faible, De I Graëfe n'a remarqué aucun changement dans la tension arté- j rielle intrà-oculaire. \
Il n'existe pas, non plus, de différence bien appréciable dans la tension intrà-oculaire, chez l'individu tombé en syncope, dont
le pouls est filiforme , et chez le pléthorique, dont le pouls est large et bondissant.
En ebsumé^ la circulation oculaire est l'une des plus complexes. Elle correspond parfaitement aux pouls organiques composés de Bordeu. Tous les pouls des organes voisins viennent s'y répercuter, et de plus elle offre en elle-même des éléments tout spéciaux de stabilité, d'uniforme débit, par le calme de ses artères, enfin par le soin tout particulier avec lequel l'œil peut régler sa circulation et sa nutrition au moyen de qualité systèmes bien différents :
" i" Par l'écoulement graduel de son humeur aqnenise.
2° Au moyen de trois muscles régulateurs dont les deux premiers correspondent à la tension organique, savoir :
lluscle cîliaire qui agit sur les artères seulement ;
lluscle teuseur de la choroïde qui agit sur les artères les veines.
lluscle orbitaire qui correspond principalement à la tension vaso-motrice (chez l'animal seulement). Ajoutons à cela :
3° La courbe ou pulsation cardiaque, artérielle et vcî- (iieuse pathologiques, des vaisseaux rétiniens.
4° La courlic vaso-motrice. ' ?,
' 5° La courbe respiratoire. '
5* Les courbes de pression musculaire extérieure.
Tel est, l'ensemble des inflexions que doit subir la circulation Oculaire.
Cette circulation est surtout veineuse; les artères sont fort pertes, les veines volumineuses, anastomosées en réseaux, munies •^mi canal dérivateur (canal de Schlemm).
Le caractère particulier de la circulation faciale est d'être artérioso-veiueuise et dérivafivc.
Tandis que dans le reste du corps (sauf cependant les extrémités, qui ont une circulation analogue), les artères et les veines cheminent séparément, n'ayant de communication que par l'intermédiaire du réseau capillaire le plus ténu, à la face il existe des communications beaucoup plus larges et directes entre les deux systèmes circulatoires, au moyen de vaisseaux plus considérables. Ces communications nous ont été révélées par les beaux travaux du D' SUCQUET, sur la circulation dérivative^.
De semblables communications faciles existent entre les artères et les veines, au nez^ au front et aux oreilles.
Les injections poussées par la carotide primitive, dans les artères faciale, ophtkalmique et auriculairCj après lamort, entrent dans les veines faciale, méningée moyenne et auriculaire, tandis que les veines des organes divers qui composent la tête restent vides partout ailleurs.
Ainsi, il se fait pendant la vie, par les veines indiquées, une circulation particulière, remarquable en outre par ses intcrmSttcuccis ; quelquefois nulle, d'autres fois très abondante, éprouvant tous les degrés possibles entre la suppression et la turgescence, suivant que le cœur lance le sang avec faiblesse ou force, et que les vaso-moteurs cèdent ou résistent. Cette circulation artérioso-vcîncusc donne un sang mélangé, moins noir que le sang veineux ordinaire, et parfois complètement artériel dans les moments de congestion active. C'est une dérivation des crues du sang artériel, dont le tropplein, brusquement projeté dans les organes cérébi^aux, aurait pu leur nuire.
Et tandis que cette circulation dérivative, locale, intermittente, s'opère à Vextérieur, superficiellement, avec surexcitation fréquente et variations constantes, la circulation profonde et
' SucQUET. Delà circulât, dans les membres et dans la tête chez l'homme, Acnd. de méd. de Paris. 17 avril 1860.
nutritive opère son travail intime avec le calme et la régularité nécessaires.
Les veines^ ainsi dilatées par le sang artériel, ont parfois un pouls apparent, quoique le fait soit rare. On l'observe surtout quand il y a une excitation fonctionnelle ; ainsi pendant la mastication, la digestion, la marche soutenue, la course etc., ce pouls veineux est alors direct au lieu d'être par influence, puisque le sang passe directement de l'artère dans la veine, au lieu d'agir par l'intermédiaire des parois collatérales. Aussi coïncide-t-il systole pour systole avec celui de l'artère correspondante.
De toutes les parties du corps, la face est celle qui est le plus soumise aux variations vaso-motrices. Ce sont en effet ces variantes qui donnent au teint les alternatives de pâleur et de rougeur, qui forment le charme de la physionomie. On peut y lire toutes les souffrances du corps, aussi bien que toutes les passions de l'âme et cette variété infinie d'expressions et de nuances, suivant la dilatabilité des capillaires, aurait dû mettre depuis longtemps sur la voie de la découverte des nerfs vasculaires. ^' En résumé, la face contient pour sa part :
1° Un pouls cardiaque, comme tout autre organe.
2° Une circulation artérioso-veîneuse et dérîvatîve, I "avec un sang veineux également mélangé.
3° Un Kiouls vcîtteux direct, rarement visible, mais du moins apparent chez certains individus et dans certaines cir- I constances d'excitation.
I 4° Enfin, une courbe vasso-motrice, plus prononcée que parj tout ailleurs.
S° Dans les cas à^aspkyxie la face se gonfle énormément, et la courbe de Traube doit y être fortement accentuée.
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^ .QIRCULATION ET POULS ORGANIQUE ^ j-i P,! l,h DE LA VEINE GAVE INFÉRIEURE.