I. — LA MAIN
La main offre des dispositions spéciales comme circulation et mérite bien une description à part.
A. — Dans cet organe, les deux circulations artérielle et veineuse sont à la fois plus séparées et plus unieë que dans les autres régions. ' '/^^ ' .'"r
1° Elles sont plus séparées, car les artères collàtérares n'ont pas de veines satellites, et le trajet dos veines superficielles est indépendant de celui des artères correspondantes. '
2° Elles sont plus unies, car les travaux de SUQUET et de P. BOURCERET ont démontré que les deux systèmes circulatoires, artériel et veineux, communiquent par de larges anastomoses, Surtout à la dernière phalange des doigts, au moyen de gros capillaires très courts, formant des pelotons vasculaires caractéristiques.
Et cette disposition était bien nécessaire :
1° Pour remplacer la circulation par influence qui n'existe pas pour ces veines. I ^
2^ Pour compenser les arrêts si fréquents de la circulation pendant V effort manuel. ' *^ ' ^
3" Pour entretenir la chaleur des doigts en permettant au sang artériel de passer en abondance.
Les veines des doigts sont plus développées sur la face dorsale que sur la face palmaire pour servir de réservoir à la totalité du sang lorsque l'effort manuel doit comprimer et vider les veines palmaires.
Les veines profondes suivent le trajet des artères.
B. — Artères et veines offrent à la paume de la main une dispoj sition en arcade très remarquable, qui met en communication
! directe, par de puissantes anastomoses, la circulation radiale et la circulation cubitale par l'osculation des deux artères ou des i deux veines.
1 II en résulte un pouls récurrent, ordinairement trop faible,
' BouRCERET P. Uéch. sur le Sf/st. vascul. de la circulation des doigts et de là, éirculat. dgrivdtive des ëxtrmités. P. 1883.
trop limité pom^ être perçu, mais qui devient apparent et même redoutable dans le cas de blessure d'une des deux artères. , Notons encore ici que les arcades artérielles et veineuses sont disposées en étage doubje : superficielles et profondes. Outre les arcades transversales , 'û existe des arcades antéro-postérieures, faisant communiquer les deux circulations superficielle et profonde à l'abri du treillage incompressible des os métacarpiens. Et si les arcades palmaires sont bien les principales, elles ne sont pas les seules ; cette disposition, ce plan fonctionnel se remarque encore sur les collatérales des doigts qui s'anastomosent en arcades, à leur extrémité inférieure. Ainsi nous iretrouvons, plus accusée à la main que partout ailleurs^ la Zo? de ^eompemsation des artères, d'après laquelle, si l'une vient à ^manquer, ou se trouve peu développée, les au},i;es ^e^ sçn^t davan- ^3tage et peuvent équilibrer la cii'culation. i , ,, , ' .tjmuri èl-ioq
.<i-j,Lj^,^^^^^^^r^.^^ .^^^^^^^^^ DE LA TENSION VASCULAIBE.;
BRAUNE et TRUEBi&ER < ont fait dernièrement connaître le rôle des
"àponévroses dans la circulation veineuse d© la main, et comment dans l'extension des doigts l'aponévrose palmaire comprime les Yeines superficielles de la face palmaire de la main, tandis que du côté delà face dorsale^ l'aponévrose correspondante ou dorsale, par un effet contraire, tend à produire une aspiration qui amène le sang d'abord dans les réseaux inter-capitulaires qui passent entre les têtes des métacarpiens, puis dans les veines du dos de là main. iJOiiua Jr^iee/up xueniay ^rrB8 tib 7uoJot ?v.<]^ Ces dispositions remarquables sont en rapport avçc la desjl^-
"■^ation fonctionnelle de l'organe. ,
La main étant destinée à la préhension^iaux exercices forcé^s^
*'fea circulation artérielle et veineuse devait être souvent inter-
^4*ompue. , .,
Il importait, dès lors, que des voies de communication multiples fussent ouvertes, les unes entre les deux côtés, radial et cubital, — ' les autres entre les artères et les veines, — puis d'autres encore, entre les faces palmaire et dorsale, afin que le sang comprimé put trouver une voie collatérale immédiate. Sans cette précaution, lesi vaisseaux ne manqueraient pasde ^e
* Braunë et Truebiger. Ùie venen dev menschlie/}f;^ff^^d.^O .p. 4 pl. Leipsig 1873.
rompre, sous l'influence d'une pression subite qui est parfois énorme. ouo'b ourfigalci
VARIATIONS NORMALES DU VOLUME DES MEMBRÏS^f^— ^^fÔBïïi'" 1 , , n . ^CARDIAQUE. — .COURBE RESPIRATOIRe/'^^*'^ ^^^^
tib'ùiSSbN d'abord, puis PiÉ&O, en 1846 et 1872 abordèrent cette intéressante question desvariations normales du volume delà main. Trente ans plus tard, FRANCK WALLER et MOSSO ont démon- 'tré, à l'aide du pléthysmographe, que la main, considérée dans sa totalité, offre les mêmes ondulations que l'artère radial&:; leurs deux tracés sont pareils, et l'on peut regarder celui 'dé là main comme l'expression des pulsations totalisées des vaisseaux. Ce qui le démontre éncore, c'est que le retard du pouls manuel sur le pouls cardiaque est le même que celui de la radiale.
On y observe aussi des dicrotismes, ordinairement multiples.
La courbe respiratoire s'y fait parfaitement sentir; le volume de la main augmente pendant l'expiration, diminue pendant V inspiration. Mais ce pouls respiratoire, à cause de son éloignement, est toujours en retard d'une demi-pulsation sur le phénomène qu'ilreprésente*x.;..-^ -yjus iÀ ob >.yy.^.o.,A..^^ii ooiuov
VARIATIONS MECANIQUES. t'OURBE IFONCXIONNELL^. .S^jj?.
îî^iî^ôH chassé 1^ 'sang^ artériel à la périphérie, mais n'entrave pas le retour du sang veineux qui se fait surtout dans les espaces inter-osseux. • ■ inoa esldisiipiBrrisi erroiJieoqgib eeO
Sous les influences mécaniques,survîennetit différentes varia- '•'tions; ainsi : la compression de l'humérale supprime les pul- " 'sations, diminue le volume de la main, mais n'empêche pas les collatérales de ramener du sang. Quand la compression cesse, ^la main reprend un volume un peu supérieur au volume primitif, ■' les nerfs vaso-constricteurs ayant été légèrement parésiés par ^'la compression; mais cela ne dure que peu d'instants.
Toute pression exercée sur les membres ou les artères des ' membres inférieurs, toute élévation de niveau, i-ç^pule lesapg ^•'dans la main et en augmente le volume. uJu^afciq 9j !yo an/;^
Yf;^;)|VPiÉGu. Journal de Robin 1872.
= Tranck. Gazette hebdbTnàdairè 1875; p.' 562. "laJHT Jo antJAîin '
La compression veineuse est accompagnée d'une augmentation graduelle et saccadée du volume de la main, et celle-ci conserve, après la décompression, un volume exagéré pendant un temps notable.