RÉTRÉCISSEMENT DE L'ORIFICE TRICUSPIDE
Affection très rare, elle ne mérite d'être signalée que pour compléter le diagnostic.
Cœur. — • Il fait entendre un souffle prolongé vers la pointe, au deuxième temps; le maximum du bruit est à droite.
Artères. — Elles ne donnent aucun signe formel que l'on puisse utiliser.
Veines. — On observe ordinairement le pouls veineux présystolique appréciable au sphygmographc.
Tension vascnlaire. — Elle se modifie dès le début et donne, flus promptement que dans toute autre affection, la courbe respiratoire caractéristique ; c'est le seul élément que le sphygmo-
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graphe puisse recueillir sur l'artère avec la petitesse du pouls.
Diagnosc. — Outre les signes que nous venons d'indiquer, le diagnostic s'appuiera sur la cyanose des lèvres, la congestion rapide des poumons et les accidents qui en résultent. Ils sont ici plus prématurés que dans toutes les autres affections analogues.
Pronostic. — Il est aussi plus grave, et la caractéristique : congestion veineuse, poids veineux^ est prompte à se montrer.
INSUFFISANCE TRICUSPIDE.
Insuffisance tricuspide par lésion organique. — L'insuffisance tricnspidc est l'affection la plus générale du cœur droit; c'est presque toujours elle qui commence, les autres lésions : dilatation, hypertrophie sont consécutives,
1" Cœur. — Il faut, comme pour l'auscultation, mettre le sphygmographe entre tes quatrième et cinquième articulations chondro-costales gauches, le long du sternum. Mais la présence de celui-ci s'oppose souvent à ce que l'on obtienne un tracé satisfaisant, et l'insuffisance n'offre parfois aucun signe à la percussion ni à l'auscultation, car le souffle au premier temps peut manquer.
Lorsque la valvule tricuspide est insuffisante, chaque systole ventriculaire produit un reflux dans l'oreillette. Ott et Haas ont constaté alors sur le tracé du cœur, l'augmentation des vagues de l'artère pulmonaire^ comme un des premiers signes qui apparaissent pour fixer le diagnostic.
2° Artères. — Le pouls radial est petit, puisque le sang est accumulé dans les veines. Il est régulier et d'une .fréquence
Fig. 290. — Pouls radial, insuffisance tricuspide.
modérée, tandis que celui de V insuffisance mitrale, avec lequel le sphygmographe le confondrait souvent, est remarquable par son irrégularité.
3° Veines. — C'est dans le système veineux que nous trouverons les véritables signes.
Les veines du cou et du Joie ne tardent pas à éprouver le pouls rég^nrgitant. Le caractère de ces ondulations veineuses
est d'avoir un dicrotisme ascendant, et de coïncider, systole pour systole, avec le pouls artériel. Ce pouls veineux constitue un signe pathognomonique.
Fig. 291. — Pouls veineux jugulaire.
Fig. 292. — Pouls veineux du foie.
4° Accommodatîou. — Mais un long intervalle sépare parfois Vinsuffisance tricuspide et son expression par le pouls veineux; celui-ci n'apparait souvent que longtemps après la lésion; car les sphincters des oreillettes, les anses et anneaux musculaires des veines caves, décrits par Gerdy et Parchappe, entrent en lutte active pour empêcher le reflux veineux, et cette accommodation relative aide à prolonger l'état demi-normal du sujet.
Ô" Temsion vascnlairc. — C'est alors à la ligne de tcnsiou
qu'il faut s'adresser pour obtenir les éléments d'un diagnostic délicat et difficile; si la gemeine Unie -varie beaucoup, pendant l'exploration de l'artère radiale ou carotide ; si elle suit les oscillations respiratoires, c'est bien d'une iusnf finance tricnspide qu'il s'agit. Mais la régression veineuse est déjà fort avancée et le sang ne passe dans les artères que par saccades : on est en pleine cachexie cardiaque.
Insuffisance temporaire des valvules tricuspides. — Toutes les affections qui gênent considérablement la respiration et entravent l'hématose amènent peu à peu une surcharge de sang veineux dans le cœur droit, puis Yinsuffisance auriculoventriculaire droite^ et la régurgitation veineuse, sans qu'il y ait 'pour cela de lésion valvulaire.
C'est surtout dans V asthme avec emphysème que l'on observe les affections du cœur sans lésion. Yoici quelle est alors la filiation des phénomènes morbides :
Asthme. — Uasthme nerveux engendre peu à peu Vemphysème pulmonaire, qui est sa lésion habituelle et résulte du surmenage du potiînon.
Les deux affections déterminent à leur tour la gêne respiratoire par hématose insuffisante avQC prédominance du sang veineux; celle-ci entraine la gêne circulatoire. Les capillaires laissent passer, à grand'peine, ce sang trop noir; il s'accumule dans les veines, et, de proche en proche, il vient dilater les veines cave et pulmonaire, l'oreillette, le ventricule droit. Le ventricule étant distendu, les valvules deviennent insuffisantes, et le ventricule se dilate encore jusqu'à Vasystolie, jusqu'à la rupture même, si le malade est épuisé ; ou bien, si le sujet est vigoureux, le cœur, peu à peu, s' hypertrophie, pour compenser les nouvelles résistances.
Dans ce cas, le pouls veineux peut encore se montrer; il est plus rare, surtout au foie, mais les lèvres se cyanosent.
Grossesse. — Le D' Letulle a reconnu chez la femme enceinte, pendant les derniers temps de la grossesse, l'augmentation de la matité transversale du cœur droit et Vinsuffisance temporaire de l'orifice tricuspide.
Le re/iiix veineux des jugulaires s'y fait aussi sentir, mais faiblement.
AfI'ections g/astro-liépatiques. — Si l'insuffisance tricuspide produit le pouls veineux du foie, le Potain a démontré que les congestions gastro-hépatiques peuvent à leur tour amener l'insuffisance tricuspide, par la dilatation progressive à posteriori des gros vaisseaux veineux.
1" Cœur. — Dans ces cas, on observe au cœur un bruit de galop particulier, différent de celui des Brightiques, par son siège à Vépigastre et au bord droit du sternum, et par son bruit plus sourd.
2" Pouis artériel. — Le pouls artériel est alors arhythmique et l'irrégularité devient parfois si grande qu'elle va jusqu'à Vasystolie,
3" Pouls veineux.. — Il existe surtout au foie et commence par lui ; plus rarement, plus faiblement il se montre aux jugulaires.
ludicatipu tliérapeutif|ue. — C'est moins le cœur que le* foie qu'il faut traiter. En rendant la perméabilité à ses capillaires engorgés, on fait cesser l'inondation sanguine accumulée en amont de l'obstacle. L'aconit, — la bryone^ — le chardon bénit, — les magnésies., — les mercuriaux , les eaux alcalines et chlorurées, constituent la véritable médication.
Clilorose et anémies. — Il n'est pas jusqu'à la chlorose et
aux anémies suites d'hémorrhagies, d'hémorrhoïdes répétées, etc. qui ne puissent se compliquer diHnsufJisance tricuspide.
1° Pouls veîncMx.. — Il est alors visible surtout aux jugulaires, mais non au foie, il offre ce caractère particulier à' apparaître surtout dans la position horizontale. Dès que la malade se lève, la régurgitation jugulaire cesse, le cœur gauche n'ayant pas la force de lutter en outre contre la pesanteur. Mais alors commencent les syncopes par anémie cérébrale.
2° Pouls radial. — Régulier; la systole csi petite, arrondie ou presque en plateau, mais bien formée.
Tension vascnlairc. — Seule, la ligne d'ensemble varie, comme nous l'avons dit, indiquant V èidX veineux du sujet.