‹ Le circulation et le poulsChapitre 513 sur 669 · XI. — CACHEXIE CARDIAQUE · texte numérisé non relu

XI. — CACHEXIE CARDIAQUE

Comme on peut en juger par ce court résumé, il existe au début d'un grand nombre d'affections organiques du cœur ce que l'on appelle un effort de compensation physiologique. Mais il faut, pour cela, un travail énorme, incessant du viscère. Si la nutrition intime du sujet s'opère encore convenablement, l'hypertrophie survient pour régulariser la fonction. Mais si le processus nutritif est altéré^ la fibre cardiaque s'appauvrit, se laisse dilater, et l'amincissement du ventricule vient compliquer la situation d'une façon fâcheuse^ qui peut aboutir à une rupture. C'est là, le véritable anévrysme du cœur.

Uanémie artérielle et la congestion veineuse font à leur tour apparition vers la fin des affections graves. Ce sont elles qui impriment sur le visage des cardiaques leur teinte jaune violette si remarquable. Elle Qsi jaune, parce qu'il y a peu de sang dans les artères et un sang pauvre. Elle est violacée, parce que cette anémie des artères ne fait que masquer la congestion extrême des vaisseaux et organes veineux, où s'est réfugié tout le sang. Cet ensemble était caractérisé par Corvisart sous le nom de : faciès propria.

De proche en proche, on voit s'engorger les veines, le foie, les poumons, V oreillette droite, \q ventricule droit, alors même qu'il n'y a primitivement qu'une affection du cœur gauche, et les quatre cavités du viscère finissent par participer à l'altération générale ; la cachexie cardiaque est alors complète.

Dans tous ces cas, en dehors àxi pouls veineux, qui existe sou- Vent, les variations considérables de la ligne d'ensemble indiquent le renversement morbide des pressions sanguines et l'extrême asphyxie du sujet. Aussi, comme dernier effort de la

nature, pour le salut du malade, les veines trop, remplies laissent suinter leur sérum dans le tissu cellulaire, et leurs globules^ par des hémorrhagies nasales, pulmonaires ou hémorrhoidaires.

Toutes les fois que dans une maladie du cœur on voit apparaître Vœdème, c'est que le système veineux est arrivé à un état de pléthore absolue et que le cœur droit lui-même est surmené, épuisé.

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