HYPER-CARBONISATION DU SANG
La cyauose se divise en plusieurs variétés :
Elle peut être : 1° passagère, — 2° accidentelle, — 3° habituelle, 4° congénitale, — 5° toxique ou médicamenteuse.
1° Cyanose passagère. — Elle reconnaît elle-même deux sous-variétés, suivant qu'elle est produite par une cause pneumatique ou spasmodique.
Cause pneumatique. — Ce sont des accès de toux violents, comme ceux qui caractérisent la coquclucbe, la laryngite, la broncliîte sèche ou spasmodique, fréquents chez les goutteux et les hémorrhoidaires ; ces accès de toux quinteuse entravent la respiration et l'hématose, à tel point que le malade tombe parfois subitement à terre sans connaissance, ce qui met fin à la crise de toux, puis il se relève étourdi, mais non malade.
Dans ces cas la cyanose paraît peu au visage. Elle est surtout évidente à la langue; elle ne dure que le temps de l'accès et disparait aussitôt.
Les efforts prolongés et extrêmes, comme ceux que supportent ^ les plongeurs, gymnasiarques , etc., peuvent encore produire j iftne cyanose passagère des lèvres et de la bouche ; leur répétition n'est pas sans gravité, la vie de ces hommes est courte.
Cause spasmodique . — La cyanose spasmodique s'observe surtout dans le frisson intense des fièvres intermittentes, où le spasme des artères est si fort, qu'il semble avoir chassé dans les veines presque tout leur contenu, en sorte que l'hématose se trouve entravée.
Le froid de la congélation produit le même effet, par un spasme fort analogue, mais plus continu et plus grave.
2° Cyanose accidentelle. — Elle se manifeste comme symptôme ou complication dans le cours d'une affection chronique, ! 50
786 DE LA CYANOSE.
1° du cerveauj — 2° du col, — 3° de la poitrine, — 4° de rabtlomcii.
Etudions successivement ces diverses catégories.
1° AFFECTIONS CEREBRALES.
Elclampsie et feliris cœrialca. — - Les convulsions violentes qui caractérisent l'éclampsic des enfants s'accompagnent de troubles respiratoires extrêmes qui vont jusqu'à l'apnée. Il en résulte bientôt une hématose incomplète. Aussi^ bien souvent, pendant l'accès, peut-on remarquer la cyanose des lèvres et des doigts. Ces accès ne durent d'abord que peu de minutes, mais ils se répètent de plus en plus, se prolongent, et le spasme musculaire universel se propage aux artères, leur laissant un tonus contractif qui maintient le sang veineux dans les capillaires. On voit parfois les enfants garder pendant une journée l'apparence cyanotique, en même temps que se manifeste un accès de fièvre intense; d'où le nom de fièvre bleue ou febris cœrulœa qui lui avait été donné jadis.
Cet état ne s'observe que chez les jeunes enfants de 4 à 14 mois.
Spring pense que la véritable febris cœrulœa est l'expression symptomatique d'une pcricardite exsudative ou d'une autre maladie du cœur.
Plusieurs auteurs admettent que le spasme respiratoire et vasculaire, amenant une forte pression dans l'oreillette gauche, force le passage du trou de Botal de plus en plus à chaque crise nouvelle. C'est pourquoi la maladie ne s'observerait que chez les enfants du plus jeune âge, où cette régression mécanique est encore possible.
Pfi'ouostic. — Le pronostic est toujours sérieux même avec des accès éloignés ; mais il devient très grave et même mortel, si l'on voit les accès se rapprocher ou la cyanose augmenter; car alors les enfants finissent par succomber dans le coma.