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VU" PALPITATIONS ARTÉRIELLES

Définition: — On donne le nom de palpitations artérielles

à tous les battements exagérés des grosses artères, sensiblement perçus par les malades.

Les palpitations artérielles sont plus rares que celles du cœur.

Siège : — On les observe, de préférence, 1° aux wcieves, temporales, aux carotides, chez les sujets sanguins^ et pendant les crises de migraine; — dans Y aorte abdominale chez les hystériques et les hypochondriaqms.

' Tanquerel des Planches. Traité des 'tnahdies de plomb, t. I, p. 429

T Dans les artères des membres, lorsqu'ils sont atteints de phlegmons, do panaris ou de tumeurs très vasculaires, mais alors ce sont bien plutôt des battements que des palpitations, car ils gardent leur régularité.

S^Enfinjdansla plupart des artères du corps, chez les personnes nerveuses ou les convalescents, à la suite d'une émotion ou du moindre mouvement,

PALPITATIONS CAROTIDIENNES.

Eclampsic. — Elles sont très prononcées dans l'éclampsie

des enfants ; d'où l'indication naturelle de les comprimer pour diminuer l'abord du sang au cerveau.

Goitre ex.ophtl>almiqiie. — Elles sont continues dans le goitre exoplititalmique, dont elles constituent un signe pathognomonique.

niigraïues. — A la carotide interne^ ces palpitations se font parfois ressentir avec beaucoup de force. Par le coude prononcé que subit cette artère en entrant dans la boîte crânienne, elle reçoit du sang un choc subit, qui retentit dans la tète comme un coup de bélier, et fait éprouver une sensation fort pénible dans les céphalées congestives.

PALPITATIONS ÉPIGASTRIQUES.

On observe parfois aussi à Vépigastre des battements isochrones à ceux du cœur. Le soulèvement et le retrait alternatifs sont souvent très prononcés et visibles à l'œil ; la main au contraire ne les retrouve qu'avec peine au toucher. Leur étendue est ordinairement assez grande, ils peuvent remonter jusqu'au cœur.

Fig. 333. — Battements épigastriques.

Étiologie. — Les palpitations artérielles reconnaissent les mêmes causes que celles du cœur. Ce sont des troubles fonctionnels réflexes, qui dépendent tantôt d'une hypéresthésie simple

OU constitutionnelle (palpitations nerveuses); tantôt d'une hypéresthésie déterminée par une cause ou lésion organique (palpitations symptomatiques).

La plupart des auteurs modernes ont décrit ce phénomène comme une des nombreuses manifestations protéiformes du nervosisine : gastralgie^ hystérie, hypochondrie.

Le docteur macario" * en a fait dernièrement une espèce morbide, une maladie idiopathique, dont la cause première serait une anomalie fonctionnelle des neifo vaso-moteurs.

Quant aux causes occasionnelles, il reconnaît qu'elles sont les mêmes : émotions morales, — excès débilitants, — suppression des Jlux habituels, — grossesse, — fièvre intermittente, — respiration àQ poussières irritantes, etc.

Je regarde, pour ma part, la pulsation abdominale comme un pur symptôme et non comme une espèce morbide ; je la rattache surtout à Vhystérie, à V hypochondrie, puis à la diathèsc goutteuse ou acide portée sur le système nerveux du grand sympathique, sur le plexus solaire ou les plexus abdominaux de second ordre; cela posé, je reconnais alors, avec le docteur Macario, que cette alTection est déterminée par un certain degré de parésie des vaso-moteurs aortiques, comme il arrive ^pour les carotides lorsqu'on a coupé ou contusionné le ganglion cervical supérieur.

C'est en eWeiV aorte abdominale, qui est le siège de prédilection de la pulsation abdominale. Quelquefois, mais rarement, on observe cette dernière sur les artères iliaques, les rénales^Bi sple'nique.

niagnoisc : — La clinique peut tirer des palpitations artérielles un certain nombre de signes précieux ; ainsi :

1° Hémorrhagie critique. — Les battements ou palpitations des artères de la face ou du cou, dans le cours d'une maladie aiguë, pneumonie ou fièvre continue, indiquent une crise prochaine par épistaxis.

Les palpitations épigastriciucs ou abdominales peuven encore indiquer une crise par hémorrhagie ^, nasale ou intestinale.

2° Délire. — Des palpitations artérielles autour de l'ombilic ou aux bypocliondrcs sont souvent un précurseur du délire ^ dans le cours des affections aiguës,

* Macario. Soc. de inéd. de Lyoa. août 1863.

^ Prosper Alpin. De prœsagiendâ morte et vitâ xgrotantium, 1 vol. ;q-4°, p. 83. » Id., p. 412.

3* Aortite. — Si des battements aortiques se font sentir au creux épigastrique, avec fréquence du pouls dans l'intervalle des crises et sans douleurs gastro-intestinales, on doit penser à une aortite aiguë ou subaiguë.

4° Dyspepsie. — Si des palpitations aortiques surviennent sans douleur et sans fièvre, c'est qu'il s'agit d'une affection nerveuse ou d'une goutte anomale envahissant le système nerveux.

5° Battements meustrucls. — Des battements aortiques sans douleur ni fièvre peuvent survenir chez les femmes pendant l'époque des règles; plus souvent ils précèdent l'apparition des menstrues.

6° Battements de g^rossessc. — On les remarque au début et dans la période moyenne de la grossesse. Dans ce cas, ils dépendent souvent de la pression exercée sur l'artère aorte par l'utérus gravide.

7" Anévpysmes, tumeurs. — Des battements aortiques, sans fièvre ni affection nerveuse, avec ou sans douleur locale, indiquent : soit un anévrysme aortique, soit une tumeur, un kyste ou un abcès, développé précisément sur le trajet de l'aorte et la comprimant. On distinguera Vanévrysme des tumeurs circonvoisines, parce que les battements seront diastoUques et que l'expansion dépassera en étendue le calibre ordinaire du vaisseau.

8° Insuffisance aortique. — Des battements aortiques sans douleur, ni fièvre, ni tumeur, à battements saccadés, subits, courts et brusques indiquent une inocclusion permanente des valvules aortiques.

Ces battements ont leur maximum d'intensité à la région ombilicale; ils sont mal limités, allongés, occupant parfois le trajet de l'aorte, jusqu'à sa bifurcation.

Leur intensité va souvent en augmentant de haut en bas, ce qui n'existe pas dans l'anévrysme.

Enfin ils sont rarement diastoliques comme ceux des tumeurs anévrysmales, ou, s'ils paraissent diastoliques, l'expression ne dépasse pas le calibre du vaisseau.

9° Colique de plomb. — Des battements aortiques très durs, siégeant au creux épigastrique et s'étendant parfois jusqu'à l'ombilic coïncidant avec des douleurs abdominales très vives et

de la constipation, doivent faire porter comme diagnostic : colique de plomb.

10° Entérite. — Quand l'artère aorte fait sentir des battements au creux épigastrique, et que ces battements accidentels s'accompagnent de Jièvre et de douleurs abdominales surtout après ]e repas, ils sont un signe d'entérite. Ils sont analogues aux battements de la carotide dans la cèréhrite et de la radiale dans le panari.

11° Kystes adhérents de l'ovaire, — Lorsque dans un kyste de Vovaire, aux trois quarts vidé, l'on voit les battements de Vaorte abdominale communiquer au liquide une ondulation prononcée, c'est qu'il existe des adhérences profondes entre le kyste et le péritoine pariétal postérieur. L'opération sera laborieuse, si l'on doit faire l'ovarioîomie.

POULS PETIT ET FAIBLE [asihénocardie).

Définition: — Le pnnlfti faiSile, considéré en général, est celui qui provient de la faiblesse des contractions du cœur.

On le reconnaît à l'exploration soit du cœur, soit de l'artère. L'exploration du cœur donne les caractères suivants :

A. — Les battements cardiaques sont extrêmement petits; parfois même on ne peut ni les voir ni les sentir au palper; ou, s'ils sont perçus, c'est uniquement à la pointe du cœur.

B. — Le premier bruit est sonore, bref, parfois soufflant ; le second bruit est faible, aphone, ou même nul; on n'entend alors qu'un seul bruit du cœur.

L'exploration de l'artère donne aux deux radiales un pouls également faible et facilement dicrote.

Division : — Le pouls faîhle rous offre treize variétés. 1° Petit.

2° llou.

3° Lang;iiissiaut.

4° Défaillant.

Opprimé.

6° ConccMtré.

7° Incomprcissilile.

8° Hyure.

9° Difflucnt.

10° Obscur.

11° Vermiculaireoii formicaut.

12° Filiforme.

13° Aspliygmie.

Le pouls faible présente encore divers types, par suite de son union avec d'autres caractères, fréquence, rareté, etc.

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