POULS PETIT PATHOLOGIQUE
On devra l'étudier : 1° dans les maladies aiguës, — 2° les maladies chroniques, — 3" les affections du cœur, — 4° les empoisonnements.
1° MALADIES AIGUiis.
Douleur. — La douleur, sans doute, n'est pas une maladie par elle-même, c'est un syndrome, mais elle accompagne un grand nombre de maladies surtout aiguës : coliques, phlegmasies , névralgies. Or, quand une douleur extrême surgit dans un organe, le pouls devient aussitôt et plus tard f/e/a?'^^aw^; son pronostic est alors celui qu'indique la cause du mal et la persévérance de son action. « Quandd dolores alicubi ferociunt, statîm pulsus parvi fiunt. » [Baglivi.]
Fièvres. — Quand le pouls, d'abord fort et fréquent dans une une fièvre continue ou êruptive, devient progressivement de plus
en i^lus petit, sans perdre sa fréquence, c'est nn signe grave. Si la fréquence augmente avec la petitesse, le pronostic est plus grave encore.
Fig. 338. — Fièvre typhoïde, pouls de plus eu plus petit. Deuxième jour.
Fig. 339. — Sixième jour.
Fig. 340. — Huitième jour.
Si au contraire, dans le cours de ces maladies, le pouls devenu très faible et fréquent tend à être plus fort, plus lent, c'est un signe d'amélioration et de déclin du mal.
Fig, 341. — Même sujet, pouls grandissant. Neuvième jour.
Fig. 342. — Douzième jour.
Fig. 343. — Quatorzième jour.
Poaljs critique. — Le pouls petit et faible, survenant vers la fin d'une maladie aiguë, est parfois l'indice d'une crise par les urines, surtout si le malade éprouve en même temps une sensation de froid.
Affections stoiuacaSciti. — Un pouls petit et concentré indique souvent une maladie de l'estomac, o. Iti stomacki morbis, parvus etiam fit pulsus)>, a dit encore Baglivi. Mais on l'observe
rOULS PETIT ET FAIBLE.
surtout dans les affections douloureuses de cet organe, gastralgie et cardialgie , et dans l'état nauséeux avec ou sans vomissements.
l'ig. 314, — Etut uui'uml, état uausùeux, iiièuiu sujut.
Pltlcg^niasics. — Le pouls petit au début de Vérysipèle, on de la. dip/itérite, fait présager une certaine gravité de la maladie.
Il en serait de même si le pouls^ d'abord assez fort, devenait bientôt do plus en ]i\ns petit sans perdre sa fréquence.
Dans tous ces cas, le pouls est l'îadice révélatcwr de l'état des forces.
E^udocardite et pcrîcardîte. — ■ Le poids petit^i faible^ irrégulier, avec tendance syncopale, se rencontre dans les endocardites et péricardites graves. Au début, cela dénonce que le tissu musculaire du cœur participe à l'inflammation, entravant ainsi le fonctionnement de l'organe. Dans le cours de la maladie, ce pouls indique la formation d'un épanchement qui gêne par pression directe les mouvements du cœur.
Fig. 345. — Hoiniiie de 33 ans , endocardite aiguë grave.
Le pronostic est toujours sérieux.
llyocardîte des flèvrcs graves. — « Dans la myocardite parenchymateuse, il n'y a pas d'excès de tension, pas de rupture i d'équilibre entre les deux parties correspondantes de l'arbre ] circulatoire, mais la circulation générale est affaiblie comme le cœur lui-même. Les ventricules se contractent sans énergie, la tension vasculaire diminue probablement dans tous les vaisseaux, et les effets de la pesanteur se faisant sentir avec une intensité insolite, on voit se dérouler tous les phénomènes de l'hypostase ^ »
Diagnose. — pouls très faible, sans force de tension, d'une
' Hayem. Des myorarclites. Arch. de pliysioL, t. III, 1833, p. 377.
grande fréquence^ parfois irrégulier ^ survenant dans le cours des fièvres graves^ indique une myocardite.
Fig. 346. — Fièvre typhoïde myocardite mortelle. Dix-septième jour.
Prog;no»«e. — La myocardite par enchymateuse rend \e pronostic plus grave; elle expose à la mort subite par syncope et par asphyxie. Elle complique parfois en outre la maladie des accidents de Vhypostase : congestions, œdèmes du poumon ou des membres : gan^ grène par décubitus, etc.
Indication tliërapeutifiuc. — 1° Ranimer la circulation du cœur par les stimulants diffusibles et surtout le bon vin ; — 2° combattre l'inflammation par Vaconit, le gelseminum, le quinquina; — 3° prévenir les accidents de décubitus en changeant souvent le malade de position et par l'emploi du matelas d'eau.