‹ Le circulation et le poulsChapitre 550 sur 669 · EALENTISSBMENT DU POULS PAR LA COMPRESSION DES CAROTIDES · texte numérisé non relu

EALENTISSBMENT DU POULS PAR LA COMPRESSION DES CAROTIDES

H. Quincke (de Berne) a fait une série d'expériences dans le but de vérifier les observations pathologiques de Czermack et Concato. Il est arrivé aux résultats suivants : Quand, avec le pouce, l'index et le médius, on comprime l'une des carotides, la pressant d'avant en arrière, en choisissant l'endroit où elle est le plus accessible, au niveau du cartilage thyroïde, on produit dans la majorité des cas une suspension complète des battements du pouls, avec prolongation de la diastole cardiaque^ ^qu- Adiai trois k quatre secondes et même jusqu'à sept. D'autres fois, le ralentissement du cœur est insignifiant. La première onde pulsative consécutive est extrêmement puissante, et montre une ligne d'ascension plus haute qu'à l'état normal ; mais les diastoles suivantes sont de moins en moins élevées, et, si la pression n'est que momentanée, la courbe reprend son type normal après un petit nombre de pulsations. L'énergie cardiaque se rétablit, même en continuant la pression plusieurs heures de suite.

* Marey. Op. cit., p. 220.

Dans 47 cas sur 80^ le résultat fut positif^ 33 fois des deux côtés, 10 fois à droite seulement, et 4 fois à gauche. Aucune raison de santé, de sexe, d'âge, n'a pu rendre compte des différences observées.

L'expérience réussit mieux chez les femmes et les sujets maigres, anémiques, parce que la pression du doigt est plus sûre, plus énergique.

Le résultat est le même quand la compression est due à un état pathologique.

Un lymphosarcome volumineux du cou, observé par Gérkardt, rendait le pouls plus lent, petit, irrégulier. Concato observa le même phénomène dans deux cas et l'attribua à l'état athéromateux des artères. Il s'est produit dans 9 à 10 cas de lésions chroniques du cerveau, cités par de la Harpe et de Cérenville en 1870 et 1874 (Bull, de la Soc. de la Suisse Romande), et par Quincke lui-même. Mais, n'ayant pas constaté l'artério-sclérose, il l'attribue à une excitation mécanique du tronc du pneumo-gastrique. [Berl. Klin. Woch, n°' IS et 16, avril <.]

Mais, chose singulière, la pression faite dans les mêmes circonstances ne réussit pas à gauche comme à droite. Et, du reste^ dans le plus grand nombre des cas, l'effet sur le cœur est passager, quoique la pression persiste.

L'explication de ces faits devient facile, si l'on considère que la compression de la carotide, en supprimant un des déversoirs artériels, augmente la pression sanguine générale et qu'il faut ensuite un certain temps pour que l'équilibre se rétablisse, par dilatation des collatérales.

En se rappelant que toute augmentation de la pression sanguine ralentit le pouls, on comprendra, sans peine, ce qui se passe pour la carotide.

Mais il s'agit encore ici d'une action particulière que la pression exerce sur les nerfs vagues, car sans cela, au bout de peu de temps, l'équilibre se trouverait rétabli, et le ralentissement du pouls ne serait pas durable. Or, le nerf vague du côté droit ayant une action plus spéciale sur le cœur, il n'est pas étonnant que le ralentissement soit plus marqué à droite.

Indication tliérapeutitiue. — La compression des carotides est utile pour combattre les convulsions, en ralentissant l'effort de la circulation cérébrale et la fréquence du pouls.

* ftARiSiEB. Aun. des se. médic. 1875, p. 433.

Idlosyncrasics. — Le pouls lent peut être l'expression d'une idiosyncrasie , c'est-à-dire d'un tempérament particulier. Ainsi l'empereur Napoléon \" avait seulement 40 pulsations, quoique jouissant d'une immense activité et d'une santé parfaite.

Haller'^ cite, d'après Henôkel, l'observation d'un homme dont le pouls donnait seulement 23 pulsations par minute. Le docteur Arckibald HERVAN ^ rapporte qu'après avoir beaucoup travaillé, il y a 20 ans, son pouls était de 70 par minute. Plus tard, il se trouva de S5. Il décrut graduellement, et huit ans plus tard il était de 24. Le docteur a voyagé, ne s'est jamais trouvé mal et supporte bien le froid. Il a fait l'ascension de hautes montagnes, au sommet son pouls marquait 41 pulsations.

Le docteur VIGOUREUX^ de Z>M?z-^é-i?oj/ a donné également l'observation d'un homme qui, depuis plus de cinq ans, ne présentait que 20 pulsations, sans avoir jamais éprouvé aucun trouble dans sa santé.

Diagnose : — Considérée au point de vue physiologique, la lenteur du pouls indique la forte tension du système msculaire; par conséquent, la tonicité et la résistance du système nerveux^ peu de nervosisme et dHmpressionnabilité.

Le calme de l'esprit, — le repos prolongé du corps, — la position horizontale^ — le sommeil, — la diète^ — le froid, — la descente dans des mines profondes ou des localités très basses, comme les bords de la mer Morte (300 mètres au-dessous du niveau de la mer). 1^' habitation plus ou moins rapprochée des latitudes nord sont autant de circonstances physiologiques qui ralentissent le pouls.

Déjà étudiées ici, ces conditions doivent être constamment présentes à l'esprit du médecin.

Il en est une, cependant, sur laquelle nous insisterons de nouveau, car elle conduit à d'importants résultats thérapeutiques. C'est l'influence do \ix position horizontale.

Ralentissement du pouls par la position Iiorixontalc. — Le pouls se ralentit, quand le malade prend la position horizontale; ce fait a été signalé pour la première fois par Graves de Dublin* Le docteur de Renzi * lui attribue une grande valeur ;

' Haller. Elément physiol., t. Il, p. 256.

Hervan (Archibald). Médical timos, 1876.

° Vigoureux. Gaz. des hôp., n" 99, 1876. * DR Renzi. Variations du pouls. Filiatre sebczio, 1807.

car, suivant lui, cette différence serait proportionnée aux forces du malade. Elle est moins grande chez les vieillards, chez les valétudinaires et dans la période ultime des maladies. Mais plus l'affection est déprimante^ plus la différence est sensible au début. De Renzi l'appelle : le thermomètre de la dépression des forées, caasée par la réduction des matériaux, organiques sous l'influence de l'atbrepsie. Aussi le maximum de cette différence doit- il s'observer dans la Jièvre hectique.

Dans la fièvre typhoïde, la simple position assise augmente singulièrement la fréquence du pouls.

Indication thérapeutique : — On devra en tirer cette induction précieuse, de savoir au juste le moment où le malade pourra se lever sans éprouver une syncope ou quelque autre accident.

2° Le docteur Tuffnell de Dublin, s'emparant à son tour de cette donnée physiologique, a traité avec grand succès lesanévrysmes thoraciques par le séjour horizontal du malade, et la différence d? activité des deux circulations, debout ou couché^ a su^ pour produire la guérison ^.

Dans un cas, le pouls, qui était de 96 par minute dans la position verticale, descendait à 66 dans la position horizontale, et cette diminution de 30 pulsations par minute, donnant un total de 43,200 pulsations de moins par 24 heures, on comprend le repos qui en résulte pour l'organe malade, surtout quand ce régime est continué plusieurs mois, un an même, avec 46,398,000 pulsations de moins dans la tumeur anévrysmale.

En résumé : 1° Le décubitus horizontal est la première condition à remplir quand on veut obtenir le repos du cœur;

2" Le décubitus horizontal est la première condition à remplir pour obtenir la guérison des anévrysmes du cœur et des gros vaisseaux,

Page 1