POULS LENT PATHOLOGIQUE
Il peut exister: 1° dans les maladies aiguës; — 2° dans les maladies chroniques; — 3° les affections du cœur; — 4° les empoi' sonnements et actions médicamenteuses.
t POULS LENT DANS LES MALADIES AIGUËS.
Fièvres. — Il importe de distinguer la période morbide où se manifeste le ralentissement.
Début. — Le pouls lent au début des ^è»f es pendant \di période
* RussMANN. Dias. inaug. Halle 1880.
algide ou de frisson caractérise souvent Vimasion de la fièvre intermittente. La fréquence du pouls n'est donc pas ici pathognomonique du début de la fièvre.
Angment. — Le pouls lent ou rare dans la période cfaugment des fièvres typhoïdes ataxiques, de Vérysipèle céphalique.^ de la variole., indique un danger. C'est un pouls céphalique annonçant, comme nous le verrons bientôt, une excitation morbide du système nerveux. Ce pouls a été signalé par SARCONE dans l'épidémie typhoïde de Naples. Si la lenteur disparaît pour faire place de nouveau à une rapidité modérée, c'est alors un signe favorable.
Mais si vers cette période des fièvres le pouls lent descend à 40^ et même 32 battements, s'il devient en même temps petit et faible ou très mou, c'est un signe souvent mortel, car il indique un état adynamique, ainsi que V épuisement du nœud vital.
Indicatiou thérapcutitiae: — Il faut alors donner les vins généreux à forte dose, d'un demi-litre à un litre par jour, et le quinquina pour soutenir les forces défaillantes.
Déclin. — A la période de déclin des maladies aiguës, le pouls lent, ou^ pour mieux dire, le pouls qui de vite et rapide devient plus lent, permet de formuler un heureux pronostic.
Quand cette lenteur modérée persiste, c'est que le malade sera bientôt en convalescence.
Recliutes. — Mais si Ja lenteur disparaît pour faire de nouveau place à un retour de fréquence, annoncez une rechute prochaine.
Le pouls décroissant dans les fièvres, après l'usage des stimulants et le retour progressif de la force du cœur, ne devient favorable que dans les cas où l'énergie des contractions de Torgane ne va pas jusqu'à l'état de surexcitation {Stockes^ m. du cœur).
Convalescence. — Quand la convalescence est franche, sans complication, le pouls devient presque toujours lent ; le cœur se repose de l'excès de fréquence qui lui fut imposé pendant la maladie. L'organisme n'ayant qu'une somme donnée de forces à dépenser, toute dépense exagérée ataène à sa suite une épargne forcée pour rétablir l'équilibre. Ici la lenteur n'est point due à la tension artérielle forte, mais bien au retour de la tonicité dans le nœud vital.
Mais ce pouls lent est en même temps polycrote; les artères, ayant perdu une partie de leur tonicité vasculaire, sont livrées à
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leur élasticité. Enfin le pouls est irrégulier, car à la moindre excitation la lenteur disparaît, pour faire place à la fréquence.
Choléra. — 1° Période prodromiqac. — Lorsque, dans le cours d'une épidémie cholérique, un sujet sain éprouve un ralentissement notable du pouls qui descend à 45 ou 40, cet individu a le clioléra en puissance; il ne tardera pas à le voir éclater, surtout si en même temps le sang devient moins rutilant, plus noir et visqueux. Ce signe très important a été signalé pour la première fois par Poznanski, en 18S7, et rappelé de nouveau en 1884.
Indication thérapeutique : — On peut souvent préserver les malades du choléra lorsqu'on est prévenu de la valeur de ce symptôme. Pour cela il faut ranimer la circulation et l'exciter avec le thé, la coca, le guaico, le café. Donner surtout le camphre, qui est un préservatif puissant; insister aussi sur une alimentation excellente, les vins généreux et un exercice actifs qui stimule le cœur et enlève la crainte.
2" Période aspliyx.iquc. — Le choléra asphyxique donne également lieu à la lenteur àu pouls ; c'est alors un signe d'anhi/' drisation du sang et de carburation gime. Le sang trop poisseux, trop noir, privé de sérum, et chargé d'acide carbonique, circule avec peine ; il ne peut vaincre la résistance du réseau capillaire, et cette congestion veineuse arrête peu à peu l'action du cœur.
Indication thérapeutique: — Lesinjections intrà-veineuses
à'eau tiède légèrement salée, ou de sérum, peuvent encore sauver les malades arrivés à ce degré d'asphyxie intense, mais à la condition de renouveler Vinjection sans se lasser, toutes les Jois qu^ après un mieux momentané reparaît une aggravation.
3" Convalescence. — On retrouve encore le pouls rare pendant la convalescence du choléra, de la cholérine et des diarrhées graves, mais alors il n'offre aucune importance et indique seulemcat une grande faiblesse.
Agonie. — Le pouls de V agonie exprime le type le plus prononcé de Vétat syncopal et par conséquent èvi pouls lent ; on voit le pouls s'éteindre par degrés et descendre à 30, 20, 10, S par minute, il devient en même temps filiforme.