INTERMITTENCE DU POULS DANS LES MALADIES AIGUËS
Le pouls intermittent indique tantôt la prostration^ tantôt V oppression des forces; le j»c»2^/s întcri»iîtteiit et dur annonce ^\vLioiVop2yression des ybrces; îatermitteiit et mou, il signale leur prostration. Mais l'intermittence n'est pas un signe absolu : il faut qu'elle soit jointe àila, dureté ou à la, mollesse, afin d'acquérir toute sa valeur.
Fièvres. — RhnmaUsmc. — Goutte. — Dans les maladies aiguës, le pouls intermittent existe souvent, mais il faut savoir le trouver.
On ne doit pas se contenter de tâter le pouls des malades à l'heure du redoublement, car alors l'activité extrême du cœur rend les battements plus réguliers. C'est aux heures de la rémission que l'on pourra en juger convenablement.
Il faut encore scruter V intermittence au début des maladies, à lear milieu, à leur fin, et même pendant la convalescence.
Au début des maladies aiguës, un pouls intermittent doit toujours attirer l'attention du médecin sur Vétat du cœur.G est en effet un des premiers signes de V endocardite et de la péricardite, qu'elles soient primitives ou qu'elles indiquent une complication, une métastase de la goutte ou du rhumatisme articulaire aigu.
Considéré au milieu et à la Ga des maladies, le pouls intermittent a souvent les mêmes significations, mais plus accentuées ; il indique en outre une altération plus profonde du cœur. Quand il s'observe sur le déclin de la rougeole, de la scarlatine, de la variole, de la fièvre typhoïde, c'est presque toujours un signe d'inflammation de la substance même du cœur, il y a myocardite.
Lorsque le pouls intermittent apparaît dans le premier ou deuxième septénaire de la fièwQ typhoïde^ sachez qu'il annonce
une forme maligne et la prochaine invasion du délire. C'est une intermittence céphalique, et le pronostic est toujours sérieux.
Il en est de même dans la fièvre pernicieuse, et le docteur Rochoux nous apprend que, dans ce cas, des intermittences se produisant toutes les 4 ou 5 pulsations, sont un signe très grave. Le pouls très faible et intermittent, qui s'observe, sans cause apparente, vers la fin des fièvres ou des exanthèmes aigus, rougeole, variole, scarlatine^ les autres symptômes étant, du reste, mauvais, devient un signe très grave, c'est l'annonce de l'affaiblissement extrême des forces vitales, et plus l'intermittence se répète fréquente, plus le danger est prochain, car c'est une intermittence cardiaque, c'est la mort par le cœur qui commence.
Stockes, Hayem, Desnos, Hiœhard, Vallinj(\\xï ont particulièrement analysé ce phénomène, ont reconnu qu'il s'agissait d'une inflammation du myocarde et l'attribuent à une altération de nutrition. Liebermeister croit y reconnaître une coagulation de la myosine, due à Vêlévation de température qui caractérise les formes graves de ces maladies, d'où l'on doit tirer cette induction qu'il faut avec le plus grand soin refroidir ces malades, si l'on veut les sauver.
Dans tous ces cas, le pouls est non seulement intermittent, mais surtout mé^a^, ce qui rend l'irrégularité complète. Stockes signale en même temps l'affaiblissement du premier bruit du cœur. Parfois alors V intermittence suit le mouvement respiratoire et disparaît pendant Vinspiration. Ce cas rentre alors dans la description du pouls paradoxal.
Pouls iufcrmittcnt criiî<iuc. — Un pouls intermittent ?>wi:- Y&n\x accidentellement au voisinage des jours critiques, 1% 9®, 14", 21" jours des fièvres, indique une crise probable.
Si le pouls est dur en même temps, la crise se fera par vomissement; s'il est mou, elle sera ^wfluxion intestinale ou sueur.
Chez \Q?>hémorrhoidaires, cette fluxion peut être une hémorrhagie. Pourtant ce pouls n'est pas nécessairement critique, car dans les affections intestinales il peut exister sans annoncer de crises ; il faut, pour qu'il ait cette valeur, qu'il paraisse, comme nous l'avons dit, accidentellement, dans les circonstances indiquées, c'est-à-dire diU-x jours critiques.
Convalescence. — Dans le cours de \Bi convalescence, la signification à\x pouls intermittent est toute différente.
1" Si on l'observe au moment où la fièvre commence à baisser,
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elle indique le premier mouvement de l'organisme vers la guérison. C'est le repos du cœur qui tend à reprendre son type naturel.
2° A un degré plus avancé de la convalescenca, le pouls intermittent annonce Vathrepsie, et que le malade est depuis trop longtemps privé d'aliments ; dans ces cas, c'est encore le nerf vague et ses branches gastriques qui avertissent Je médecin de nourrir son malade sous peine de le voir succomber.
POULS INCIDUUS.
DÉFINITION : — Le pouls inciduns est celui qui donne 3, 4 ou un plus grand nombre de pulsations, qui vont en diminuant de grandeur, puis reprennent leur force pour faiblir de nouveau.
Ce pouls, auquel les anciens attribuaient une véritable importance et qu'ils regardaient comme signe de crise par la sueur, n'est pour nous qu'une forme du pouls intermittent régulier.
Nous avons vu, en effet, qu'après l'intermittence, la première pulsation était toujours plus forte que les suivantes qui faiblissent..
Or il arrive parfois que cet affaiblissement se manifeste progressivement, avec un certain ordre qui produit le pouls inciduus. En voici un exemple recueilli sur un homme de 60 ans, affecté de maladie du cœur : on voit trois pulsations se suivre en décroissant, puis une intermittence, suivie de trois nouvelles pulsations décroissantes dans le même ordre.
Fig. 420. — Pouls inciduus.