INTERMITTENCE PATHOLOGIQUE
Elle peut être régulière ou irrégulière.
luterniittence régulière. — Elle a lieu après un nombre fixe de pulsations ^ , 2^ 3, 7, SO, 100, et même plus.
Fig. 412. — Une seule iutei'iuiUeDce.
Fig. 4i'i. — lutermiLleuce de deux eu deux pulsations.
i"ig. 414. — lutermUteuce de deux eu deux pulsations (2^^ exeujple).
Fig. 415. — InteruiiUence tanlùt deux, tantôt trois pulsations.
Fig. 410. — luteriiiitteuce de trois en trois pulsations.
lutermittcncc irrég;nlièrc. — L'irrégularité do l'intermittence peut se caractériser aussi par sa durée variable. Ainsi, tandis que l'intez'mittence régulière saute à chaque fois une^ ou
deux pulsations, l'intermittence irrégulière se fait à intervalles variables, soit à longue, soit à courte période, ainsi que l'a fait très justement observer Nothnagel ' dans son travail sur Varhythmie cardiaque.
Fig. 417. — latermittence irrégulière.
Certains malades en éprouvent à chaque instant ; chez d'autres, à peine en observe-t-on une ou deux par minute. Il importe donc beaucoup que le médecin explore le pouls pendant assez longtemps, sinon il pourra méconnaître cette irrégularité du rhythme.
Pronostic. — • Le pouls intermittent régulier est d'un pronostic ordinairement plus sérieux que V irrégulier, car il indique une cause plus fixe, plus résistante. Plus les intermittences sont rapprochées, plus le pronostic est défavorable.
INTERMITTENCE UNILATERALE ET BILATERALE.
Le pouls intermittent est ordinairement double, se faisant sentir aux deux radiales. La cause alors en est toujours au cœur ou à l'aorte.
Si V intermittence est unilatérale, ne se manifestant qu'à l'une des radiales, c'est que l'obstacle se trouve dans les artères correspondantes à ce côté du corps.
Il est donc toujours nécessaire detâter le pouls aux deux bras pour éviter une erreur possible.
Pronostic. — U intermittence bornée à un seul bras a moins de valeur que l'intermittence double ou générale; car. elle n'annonce que le spasme ou l'obstacle partiel d'un vaisseau, au lieu d'une affection générale.
L'intermittence peut encore être vraie ou fausse.
Elle est vraie quand il existe véritablement une systole de moins au cœur, comme au pouls radial [intermittence cardiaque].
Elle est fausse quand la systole a bien eu son commencement, mais qu'un obstacle quelconque du cœur ou des gros
* Nothnagel (H.). Sur l'arhtjthmie cardiaque. Deutsche arch.f. clin. med. 1877.
vaisseaux en a empêché l'évolution normale jusqu'à l'artère [intermittence radiale]. Ce dernier cas rentre dans la description du pouls inégal, où l'intermittence ne se fait sentir que d'un seul côté.
Pronostic : — Tandis que l'intermittence réelle est d'un pronostic variable, Idifausse intermittence Q^iion]o\iv?, d'un pronostic grave, car elle coïQcide avec des lésions organiques souvent irrémédiables du cœur ou des gros vaisseaux.
Murée de l'intermittence. — Si l'on considère sa durée, on reconnaît que l'intermittence véritable peut occuper la durée d'un quart, une demi ou une pulsation entière de plus que la pulsation ordinaire du sujet.
Fig. 418. — Intermitleiice d'uue pulsaliou.
Fig. 4ly. — lutermitteuce tantôt d'uDe, tantôt d'ime demi-pulsatiou.
Je ne sache pas qu'il y ait des intermittences véritables, ou par arrêt du cœur, durant plus d'une pulsation. Mais la fausse intermittence peut sauter plusieurs pulsations qui, encore sensibles au cœur, n'arrivent pas jusqu'à l'artère radiale.
Enfin V intermittence peut être apparente, et non réelle.
Ainsi dans Vasystolie, où le pouls est très fréquent et très petit, on voit souvent une pulsation se ralentir et simuler l'intermittence, tandis que c'est le pouls qui reprend pour un instant son chiffre normal. (Voy. fig. 413.)
PARTICULARITÉS QUE PRÉSENTENT LES PULSATIONS AVANT ET APRÈS l'iNTERMITTENCB.
Dans un grand nombre de cas, on observe, immédiatement avant l'intermittence, un choc précordial diastolique. Les malades disent qu'ils éprouvent un coup au cœur; de même après le repos, il y a exagération de force du premier battement qui suit, comme si le cœur cherchait à compenser, par une
systole plus énergique, le temps perdu pour l'impulsion du sang. (Voy. fig. 402-405).
L Wbyibmic doit être étudiée : 1° Dans les maladies aiguës; — 2" Dans le cours des maladies chroniques; — 3° Dans les lésions organiques du cœur; — 4° Dans les affections toxiques ou médicamenteuses.