rOULS PARADOXAL
flu cœur reste la même et garde son égalité |»ar nn contrasic frappant. En France, on l'eût appelé simplement pouls intermittent respiratoire.
L'ondulation ne disparaît cependant pas toujours complètement ; elle reste seulement insaisissable au toucher. Mais il faut, pour admettre cette forme de pouls, qu'il devienne véritablement filiforme ou inapparent pendant l'inspiration; car sans cela, dit SOMMERBRODT % quand on examine le pouls avec un instrument sensible, les oscillations respiratoires du sang constituent un état normal, et le vrai pouls paradoxal devrait être celui où l'on ne pourrait constater l'abaissement qui accompagne chaque effort inspiratôire.
Médias tino-péricarditc callcnsc. — Kûssmaul ^ a constaté le pouls parafloxal dans une maladie spéciale, dont le premier exemple avait été rapporté par GRIESINGER en 183G et qu'il a àénommée médiastino-péricar dite calleuse. Dans cette affection peu connue, le processus inflammatoire ne se borne pas au péricarde séreux, il envahit le péricarde fibreux et le tissu cellulaire du médiastin, qui se continue sur les gros vaisseaux jusqu'à la crosse aortique. Les cordons calleux enlacent l'aorte et le tronc bracbio-cépbalique, les déforment, les rétrécissent, les font parfois adhérer jusqu'au sternum. Comme à chaque inspiration le sternum soulevé attire à lui la crosse de l'aorte, bridée d'autre part par les adhérences fibreuses, il se produit du côté du pouls artériel des irrégularités en rapport avec ces mouvements inspiratoires, qui tantôt favorisent, tantôt entravent l'action du cœur et produisent le pouls paradoxal.
PEARSON-IRVINE ^ insiste tout particulièrement sur le pouls paradoxal, qu'on obtient dans les maladies dm cœur en faisant exécuter au malade des inspirations profondes.
Pour lui, ce pouls est également un signe pathognomonique d'adhércuccs pleuro-péricardiqwcs.
€roui». — Dès l'année 1849, pendant mon internat à l'hôpital des enfants, chez le docteur Guersant, j'avais observé que pendant la période asphyxique du cronp^ le pouls disparaissait à chaque inspiration, pour reparaître pendant l'expiration.
' So.MMEMimoDT. Gegen die Ulire vom pulsiis paradoxus. (Berlin, Klin. Wochens. no 42, p. 613. 1877.)
' Voy. WiDE.MANN. Contri/jutwn à l'étude de la médiastinite . Thèse, 1856.
' Pearson-Irvimî (.1.). Les effets de l'inspiration profonde sur le pouls, dans quelques maladies du cœur. Med. Urnes and g^z. 16 mars-6 avril 1878.
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Plus tard, en 1876, Riegel ' a reconnu la valeur de ce signe en pareille circonstance. Il l'a signalé encore dans la sténose de la tracbéc et des grosses lironches. Là, ce caractère est appréciable à V œil pour les veines jugulaires , aussi bien qu'au doigt pour le pouls, car la circulation veineuse est également affectée; il y a sphagiasmns.
Respiration dans un milieu raréfié. — D'autre part, WALDENBURG ^ observa le pouls paradoxal iuspiratoire pendant la respiration dans un milieu raréfié, au moyen de ses appareils à compression et à décompression.
Pneumonie douille. Je l'ai également remarqué dans la période ultime d'une pneumonie double, sur un homme de 50 ans, alors que les phénomènes de dyspnée et d'asphyxie commençaient à se manifester.
Fig. 456. — Homme de 50 aus. Pneumonie double. Pouls paradoxal.
Le pouls était à 130, les respirations à 50, et l'on peut voir qu'à toutes les troisièmes ou quatrièmes pulsations, c'est-à-dire à chaque inspiration, le pouls faiblissait ou manquait même complètement.
Enfin MAIXNER a reconnu l'existence du pouls paradoxal iuspiratoire :
1° Quand des ganglions broncbiques engorgés compriment le nerf pneumo-gastrique et le paralysent ;
2° Quand il survient une pleurésie gauche avec épanchement énorme ;
3° Dans le pyo-pneumo-tliorax.
BAUMLER ^, cherchant à grouper l'ensemble des faits, admit deux catégories de causes pouvant produire le pouls paradoxal : 1° Obstacles à l'entrée de l'air dans les poumons , —
augmentation de Impression ?iégative inspiratoire, — sténose des voies aériennes, — croup, — bronchite capillaire.
2° Obstruction mécanique se manifestant pendant Vinspiration, gênant le libre cours du sang dans l'aorte et diminuant le pouvoir propulsif du ventricule gauche, pendant qu'il s'établit
' Riegel (Fr.). Berlin, Kliu. Wochenschr. 1876.
* Waluenburg. Sciimidt's, jahrbùclier. 1877, n" 2.
* Baumler. Deutsch. archiv. fur Klin. med., t. XIV, p.'4S5.j 1873.