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HÉTÉROTOPISME OU DÉPLACEMENT DE LA PULSATION

L'Hétérotopisrae comprendrait l'étude de toutes les anomalies vasculaires; nous laisserons ce travail aux soins des anatomistes et nous nous contenterons de rappeler ici quelques applications importantes pour la pratique, au sujet des principales artères.

PULSATIONS DéPLACBES DE l' ARTERE SOUS-CLAVIÈRE.

^Soulèvement deTwiere sous-clavière. — Lorsqu'à chaque systole, des deux côtés du cou, l'on voit la peau soulevée et s'affaissant aussitôt, sans que la compression sur la première côte empêche ce mouvement, c'est que l'artère sous-clavière est déplacée par soulèvement, et ce soulèvement est causé par Vectopie de la crosse aortique.

Ce déplacement la rend à la fois plus superficielle et plus longue, trop longue pour son trajet. De là ses sinuosités et les battements observés.

Le docteur Faure a observé six fois ce résultat, dont trois fois vérification fut faite à l'autopsie.

Indication diagnostique : — A. Le soulèvement en masse et ca.rdio-rhythmique de Vartère sous-clavière, des deux côtés du cou, est un signe d'anévrysme de la crosse aortique.

B. Lorsque ce soulèvement de la sous-clavière n'existe que d'un côté du cou, il indique : à droite une ectasie du tronc bra-

chio-cephaliqne ou de l'origine de l'aôrte; à gauche, une ectasie aortiqne. Cette ectasie n'est point toujours un anévrysme formel, mais peut tenir comme l'a démontré le HUCHARD ' à une cardio-aortite sub-aiguë avec légère dilatalion de la crosse.

Si le soulèvement diminue par la pression sur la première côte, il doit être attribué, soit à un anévrysme de la sous-cla-wière, soit à son allongement ou état cirsoïde. On observe alors pour la radiale un retard de deux ou trois centièmes de seconde sur le battement du cœur.

Indication tiiérapcutique. — Pour combattre les dilatations artérielles, outre l'emploi de digitale pour ralentir le pouls^ l'iode, la l»aryte et leurs sels, seront indiqués comme toniques et astringents artériels.

C. Tumeurs. — Toutes les tumeurs que nous avons signalées comme pouvant diminuer le pouls de la sous-clavière peuvent aussi le déplacer, le déformer, le soulever.

D. Aliaissement de l'artère sous-clavière dans la luxa tion liumérale. — Dans l'état normal, l'artère sous-clavière est accessible au doigt qui s'enfonce derrière la clavicule, mais lorsqu'il survient une luxation de l'liumérus, l'os déplacé entraîne autour de lui toutes les parties molles, les vaisseaux sont obligés de suivre, et la sous-clavière se trouve ainsi tiraillée, distendue, abaissée; la circulation s'yj fait souvent avec assez de peine, pour que le bras devienne tout engourdi et la main violacée.

HIÉTÉROTOPISME DE l' ARTÈRE CENTRALE RÉTINIENNE.

A. Giaucéme. — Quand l'examen ophthalmologique montre que les branches de l'artère s'incurvent et prennent la forme concave, c'est l'indice d'une pression intrà-oculaire, qui fait reculer le nerf optique en forme de cupule, c'est le signe pathognomonique du glaucome.

B. Atrophie de la rétine. — Si, au contraire, les divisions de l'altère centrale modifient leur marche au sortir du nerf et s'incurvent présentant leur convexité en avant sur une papille

' iiucHAKO. Traitement de l'angine de poitrine. Courrier méd. 1885, p. 331-338.

plus saillante que de coutume, c'est qu'il existe une atrophie de la rétine. (Atrophie en champignon.)

C. Hémorrhagie choroïdienne. — Si le trajet du vaisseau ou d'une de ses branches apparaît encore au dessus ou au milieu des débris d'un caillot sanguin, c'est qu'il y a hémorrhagie dans la membrane située au-dessous; diagnostiquez alors : hémorrhagie de la choroïde.

D. Hémorrhagie rétinienne. — Si le traiet vasculaire est entièrement masqué dans une partie de son étendue par un caillot de sang, c'est que \ hémorrhagie siège dans la membrane même oii circule le vaisseau; diagnostiquez : hémorrhagie de la rétine.

Ainsi la localisation de ces deux hémorrhagies, si difficile en apparence, s'obtient facilement; elle est basée sur ce que Vartère disparaît dans un cas dans l'épaisseur du caillot, tandis qlie dans l'autre elle apparaît encore au-dessus.

Prognose : — Le pronostic lui-même devient plus fidèle avec ce diagnostic précis^ car V hémorrhagie choroïdienne est moins grave à dimensions égales que \ apoplexie de la rétine.

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