‹ Le circulation et le poulsChapitre 604 sur 669 · C. Syncope, suite de surprise ou de douleur extrême · texte numérisé non relu

C. Syncope, suite de surprise ou de douleur extrême

D. Rupture du cœur, de /'aorte ou des veines caves.

E. Embolie dans le cœur ou les gros vaisseaux.

F. Augiue de poitrine [accès ultimes) .

Sans doute le pouls, en montrant l'état atbéromateux des

artères ou les affections des valvules, peut mettre en garde contre la mort subite^ mais il ne peut en indiquer ni le jour ni l'heure, et laisse pour l'avenir une incertitude complète.

3° Pouls des hystériques. — Les hystériques ont le pouls très variable au moment des crises, surtout si la respiration est entravée et l'agitation grande : le pouls peut monter à 120; une heure après^ il sera à 60.

Le médecin peu expérimenté pourra s'effrayer trop dans le premier cas, ou rester pour le deuxième dans une sécurité trop grande.

Parfois aussi là carpologie et le tremblement des tendons viennent se mêler aux battements du pouls^ en masquent la mesure, ou bien paraissent en doubler les pulsations et les l'endre tremblantes.

Fig. 488. — Pouls d'uue hystérique avec tremblemeut musculaire .

Pouls infidèle dans le cboléra. — Le pouls et la température dans le choléra ne sont pas toujours d'accord pour donner

' ScHELAMjiEB. Disquisitio epistnlica quil pulsûs ratio omnis diligentius expeu^ ditur. Helmstadii. 1690.

au médecin des signes qui puissent lui servir de guide. Au moment de la réaction, alors que Valgidité cesse, que la peau redevient chaude, que les urines reparaissent^ le pouls, qui devrait être ample, reste parfois petit, filiforme, tandis que d'autres fois il devient fort et ample, alors que la température ne s'est pas relevée.

Ce pouls est trompeur et ne saurait fixer le pronostic au médecin.

Mais si les oscillations diurnes, qui avaient disparu^ reparaissent nettes et précises, si le pouls reste à'accord avec la température, alors le pronostic deviendra très favorable * .

l'ouls naturel, sig^ne grave dans les Sièvrcs malignes. — Du temps d'Hippocrate, régnaient en Grèce des fièvres malignes dont la nature est difficile à reconnaître aujourd'hui, mais qui devaient être ou des fièvres intermittentes pernicieuses, ou des fièvres typhoïdes.

C'est dans ce genre de fièvre qu'Hippocrate avait constaté son célèbre aphorisme : « avec un pouls bon,une urine naturelle, le malade meurt. Pulsus bonus, urina bona, œger moritur. » Galien, à son tour, nous dit que « dans les fièvres pestilentielles malignes ceux qui conservaient le pouls naturel depuis le commencement de la maladie, pendant tout le cours et jusqu'à la fin, avaient plus que tous les autres la certitude d'une mort prochaine. » 0

De nos jours, il est bien rare qu'on ait à noter dépareilles anomalies ; mais elles méritent d'être connues, parce qu'elles peuvent se présenter dans de nouvelles constitutions épidémiques ; l'expérience des siècles doit servir pour éclairer l'avenir.

Incertitudes du pouls dans la convalescence . — Le pouls des convalescents peut conduire à deux sortes d'incertitudes :

1" Il peut être fréquent.

2" Il peut être lent et îrrégulier.

1° Pouls de convalescence fréquent. — Le pouls se montre rapide, soit chez les vieillards qui viennent d'être atteints de maladie aiguë, soit chez de plus jeunes sujets épuisés par une affection aiguë, grave et longue.

Le médecin doit alors se fier, moins à la fréquence persis-

' Lorrain. Op. cit., p. 166.

tante du pouls qu'à la cessation de la chaleur fébrile qui indique la fin de la maladie.

2° Pouls de convalescence irrégulier. — Lent et calme dans le repos complet et la position horizontale, ce pouls devient si vif, si fréquent^ au moindre monvement, à la moindre émotion, que le praticien peut facilement être induit en erreur. Mais l'habitude magistrale de tâter le pouls longtemps, une demi-minute, une minute même, fera facilement éviter ici l'erreur.

Cause : — La fréquence àa pouls chez les convalescents tient à Volighcmie. La quantité de sang chez eux a diminué, et les capillaires moins remplis donnent une moindre tension au cœur, qui bat d'autant plus vite qu'il supporte moins de charge.

Indications |»ronosti<iues et tltérapeutiiiues. — Quelle que soit la convalescence, le pouls est ordinairement assez fort ; il vCq?X faible^ fréquent^ irrégulier, que chez les sujets épuisés, et indique alors l'insuffisance de réparation, l'Athrepsie. — De là ressort la nécessité d'une hygiène réparatrice. Vins généreux, café léger, ferrugineux, aliments carbonés et azotés. Les premiers pour augmenter la tension du cœur et favoriser ainsi l'absorption d'oij résulte la nutrition; les seconds pour concourir à la formation plus rapide des globules sanguins et des fibres musculaires.

Pouls bondissant de l'apoplexie. ~ Dans certaines maladies, comme \ apoplexie foudroyante ; dans certains empoisonnements, comme l'empoisonnement par \ opium, la tunique musculeuse des vaisseaux est tellement paralysée, que l'impulsion du cœur les dilate avec violence jusqu'au dernier moment : le malade meurt avec \m pouls bondissant. « Nous n'avons jamais senti >), diii Marey % « de pouls plus fort, plus violent que celui d'un malade qui succombait à un empoisonnement par l'opium, et cet homme était mort dix minutes après l'examen ».

Prognose : — Dans les affections avec paralysie subite du système mso-moteur , la force apparente du pouls n'améliore pas le pronostic; il reste toujours des ^\\xs graves (Voy. fig. 314.)

Pouls des agonisants. ~ Le pouls des agonisants peut être parfaitement trompeur. Après avoir été petit, filiforme et fréquent à ne pouvoir le compter, il devient parfois tout à coup infini-

' Marey. ]'hysiol. de la circulation, p. 228.

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ment meilleur, plus fort, plus régulier; s'il s'agit d une affection du cœur, il cessera de donner les caractères propres à la maladie, tellement qu'on se prendrait à espérer une guérison, si l'ensemble des autres symptômes, et notamment l'affaiblissement graduel des forces, ne démontraient le contraire.

Que le médecin se défie de ce mieux trompeur, de ce dernier éclair de vie faussement exprimé par le pouls. C'est Galien luimême qui en donne l'avis. \)B.\i.s\aifiêvretyp}iOide, forme ataxique, j'ai vu le pouls monter jusqu'à 180, puis, tout à coup, se ralentir avec un mieux apparent : mais le malade succomba dcuis la journée avec un pouls en apparence naturel à 60.

Iiidication pronostique : — 1° Le pouls défaillant et très rapide des agonisants^ s'il redevient subitement lent ou normal, indique seulement une amélioration passagère et ne doit point donner un faux espoir de guérison.

Fig 4S9. — Fièvre typhoïde. Pouls à ISO, veille de la mort.

Fig. 490. — Fièvre typhoïde. Pouls à 60, jour de la mort.

2" Le pronostic, au contraire, serait très favorshle si YamélioraMon tenait à la suppression immédiate de la cause de mort; comme la rupture du lien chez un pendu ; — l'expulsion d'une fausse meinhrane qui étouffe un enfant atteint du croup; — le déplacement d'un gaz délétère qui a^pkyxie^ comme Y acide carbonique dans les cukcs de vigneron, et près des fours à cJiaux; Y oxyde de carbone autour des fourneaux métallurgiques, Yhydrogèrie sulfuré, Y ammoniaque et Yaxide sulfurique dans les fosses d'aisance. — Enfin, plus souvent que tout le reste, Yeau pour les noyés et le chloroforme pour les opérés. Dans tous ces cas, le retour du pouls est signe de salut.

C'est bien ici l'occasion d appliquer l'aphorisme d'Hippocrate :

(i Sublatâ causa j tollitur e/fectus. »

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