‹ Le circulation et le poulsChapitre 605 sur 669 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Définition : — Le pouls capillaire est celui qui résulte de Vensemble des battements des plus petits vaisseaux ; c'est une forme ànpoulsde totalité; mais celui-ci peut, en outre, contenir de grosses artères, soulevant une tumeur solide.

Le pouls capillaire présente trois caractères différents, suivant qu'il est : 1° à courant constant ou congestif, — 2" pulsatif et habituel, — 'i" pulsatif^ mais passager et transitoire.

A. Poussée congestive, pouls capillaire de Récamier. — Récamier, en effet, a donné le nom de pouls capillaire à la raie rouge et subite, qui suit l'impression de l'ongle ou du doigt passé fortement et rapidement sur la peau. A la première impression de pâleur succède une rougeur, qui, chez les sujets atteints de maladie cardiaque, persiste parfois une heure de suite. On n'y reconnaît aucun battement, mais une rougeur continue, due à la semi-paralysie des vaso-moteurs, à la dilatation du sphincter artériel.

B. Tache cérébrale de Trousseau. — C'est à des faits de même ordre qu'il faut rapporter la tache cérébrale que produit le doigt posé sur le front et décrite par Trotisseau comme signe pathognomonique de méningite chez les enfants. La peau, pâlie un instant, prend bientôt une rougeur vive qui persiste longtemps. Ce signe n'existe pas toujours, mais, quand il existe, il est bon et conduit au véritable diagnostic. C'est bien une congestion^ une poussée sanguine, plutôt qu'une pulsation, car le sang fait irruption dans la peau d'une manière continue.

C. Goitre exophthalmique. — Dans cette maladie^ la tension capillaire la. peau semble infiniment diminuée; delà, ce pouls bondissant qui se montre aux artères, parfois depuis les

carotides jusqu'à la pédieuse, agitation qui paraît due, moins à l'excitation des vaso-moteurs qu'à la suppression du frein périphérique des capillaires.

\J insuffisance de tonicité capillaire se reconnaît en rayant avec l'ongle, la peau du front. Aussitôt apparaît la tache dite cérébrale ; la surface irritée rougit, tandis que des deux côtés la peau ■■ pâlit et s'anémie par antagonisme fonctionnel.

Indication thérapeutique : — Si les accidents du goitre exophthalmique tiennent à un défaut de tonicité des capillaires, nul moyen n'est mieux indiqué pour la restituer que l'emploi de riiydrotbérapie. Elle bande de nouveau, ainsi que l'exprime très justement Péter, les ressorts que la maladie a débandés.

D, Traumatisme. Un traumatisme quelconque, faible ou fort, exercé sur la peau, produit toujours :

1° Une première et courte période pâleur.

2° Une deuxième période, beaucoup plus longue, de vive rougeur. Cette rougeur de la peau lésée est due à la dilatation des capillaires sous-jacents^

Cette dilatation est plus ou moins intense et persistante, suivant l'énergie ou la durée du traumatisme. Les traumatismes répètes rendent les vaisseaux capillaires plus aptes à se laisser dilater de nouveau. La dilatation appelle le sang des capillaires voisins ; ils se vident par cet appel, et non en vertu d'une action réflexe.

Indication tiiérapentique : — Sur ce fait physiologique est basée toute la méthode thérapeutique de la révulsion. Car, en attirant le sang sur un point voisin, on dégorge, on anémie la région malade et enflammée ; telle est l'action de la flagellation, du sinapisme, du vésicatoire, du cautère et du moxa,({\x\ créent une inflammation artificielle pour arrêter, entraver l'inflammation morbide.

11° POULS CAPILLAIRE PULSATIF.

Le pouls capillaire franc peut donner ses battements : A. avec type passager, — B. avec type continu.

A. Pouls capillaire passag^er ou accidentel. — On l'observe avec un caractère transitoire dans les régions très vascu-

' Bloch. Expér. sur la circulât, capillaire de la peau. J. de physiol. 1872-73, p. 686.

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laires soumises momentanément à une certaine pression ou chaleur qui dilate leurs vaisseaux. Ce phénomène est facile à constater à la pulpe des doigts^ surtout du pouce, quand il est échauffé ou légèrement serré avec un lien.

Dans ce dernier cas, ce n'est plus une artère unique qui fournit le tracé, mais l'ensemble des vaisseaux capillaires du tissu, et pourtant nous y retrouvons fidèlement inscrits les deux caractères de Vimpulsion cardiaque et du dicrotisme ou choc en retour.

Fig. 49

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