CUTANÉE
Anestitcsie locale de Létamendi. — Tout traumatisme affectant la peau produit d'abord un tel spasme des capillaires que la région frappée pâlit et se vide de sang. On pourrait appeler cet état : la syncope des capillaires. Telle fut aussi l'origine de la découverte du professeur Létamendi * de Barcelone au sujet de l'auesthésie locale.
Il observa qu'une très légère incision^ n'intéressant que la première couche du derme, déterminait une syncope des capillaires environnants avec une auréole pâle de 2 ou 3 centimètres de circonférence qui reste insensible. Une seconde incision, faite à ces limites, double aussitôt le champ d'anesthésie ; en poursuivant ainsi, l'on parvient à insensibiliser localement toute la portion de peau, sur laquelle on doit ensuite opérer une incision profonde ou une ablation.
Aucsthésic locale tie UiclBardson. — L'auesthésie locale, par le procédé de Richardson, est due au spasme absolu du système nerveux vaso-moteur et des capillaires d'une région donnée sous l'influence du froid extrême déterminé par l'^^^/^er ou le méthylène.
Elle constitue le slrîctnm ahsolntum des éléments vasculaires, avec l'auémie qui en résulte. Et c'est l'étude attentive de la circulation capillaire, celle des nerfs vaso-moteurs, qui conduisit en réalité le savant professeur i^îc/iœrf/^o^ à cette utile
^ Let.^.vendi et Cardiînal. Un descubrimienlo sobre la anesUiesia local. La Indepeudeucia med. Barcelone 1875.
découverte. C'est de la physiologie bien entendue ; en supprimant une première fonction, la circulation, on en supprime une ?,econàe,\aL sensibilité ;\o\\k le chirurgien maître d'agir librement. Et tout cela se fait si rapidement, que cet arrêt fonctionnel momentané reste sans influence sur l'état de l'organe, sans entraîner de suite fâcheuse pour l'avenir.
POULS CAPILLAIRE SOUS-UKGUéAL,
Découvert en Angleterre par Quineke^ décrit en France par Déjérine, étudié ensuite parle docteur Gripat^, ce pouls s'aperçoit surtout lorsque, après avoir pressé l'ongle, les capillaires rougissent ensuite et se dilatent. En se mettant à une distance de 30 à 40 centimètres, on voit alors une alternative de rougeur et de pâleur indiquant la pulsation des vaisseaux par transparence.
Chloros^e. — C'est surtout chez les chlorotiques que l'on étudie le pouls capillaire des ongles, à cause delà pâleur de cire de leurs doigts qui offre un contraste plus complet. Du reste, il se manifeste rarement.
Insuffisance aortiquc. — Le docteur Gripat a publié, en 1873, une ohsQryidXlon de pouls sous-unguéal, survenu chez un rhumatisant atteint de complications cardiaques avec insuffisance aortique.
En élevant un peu les doigts pendant que la main restait à plat sur le lit, on voyait le sang arriver brusquement sous l'ongle et le colorer en rouge; cette coloration disparaissait presque instantanément et l'ongle devenait blanc au centre, ne restant rouge qu'en sa périphérie. La coloration est transitoire, intermittente, pulsative, systolique.
Ce pouls est donc un signe rare d' insu fj^sance aortique; au point de vue du pronostic il indique un état cachectique grave.