‹ Le circulation et le poulsChapitre 618 sur 669 · POULS VEINEUX DIRECT DE LA PIE-MERE · texte numérisé non relu

POULS VEINEUX DIRECT DE LA PIE-MERE

Si l'on examine, comme a pu le faire le docteur Schiiller'^ à travers une ouverture de trépan, les veines de laLpie-mêre chez un animal ou un sujet soumis aux inhalations du nitrite (Tamyl^ on ne tarde pas à voir ces vaisseaux agités de mouvements pulsatifs semblables n ceux des artères et isochrones à ceux-ci. C'est que le nitrite d'amyl, paralysant l'effet des nerfs vasoconstricteurs, le sang passe alors des artères dans les veines avec toute sa force d'impulsion primitive et y détermine des pulsations. C'est donc \mpouls veineux direct.

ludScations diagnostique et tlièrapciiti(|iic : — Le niirite d'aniyl, outre son action congestive laquelle combat activement l'anémie cérébrale en dilatant les petites artères, peut avoir une action favorable dans les cas inflammation et de congestion veineuse^ soit du cerveau, soit des méninges, en dissipant la stase veineuse, et forçant le sang à circuler dans les réseaux capillaires.

Le pouls veineux de la pie-mère donne une explication assez naturelle de la céphalée pnlsative qui accompagne un grand nombre d'états congestifs du cerveau et de ses membranes [migraines, asphyxies^ etc.] et dans lesquels les nerfs vasoconstricteurs parésiés laissent les vaisseaux se dilater au-delà des limites habituelles.

POULS Veineux des veines centrales de la rétine.

A l'état normal, dans certaines circonstaaces données, des battements isochrones aux pulsations du cœur peuvent être perçus dans les veines qui se rendent aupolus opticus. et dont la circulation est ordinairement si uniforme, si régulière.

' LisoN. Gaz. méd. 1839, p. 281.

- ScHULLER. Action de certains médicaments sur les vaisseaux de l'encéphale^ Berlin; Klia. Wnrhpnsch. 1874.)

Ce phénomène est facile à observer, au moyen de l'ophthamoscope sur le champ de la papille ; on le perçoit plus difficilement quand on observe le vaisseau sur la rétine même; pourtant on peut le reconnaître en suivant le cours de la veine, à une distance égale à deux fois le diamètre de la papille. On distingue ces pulsations à la vue, parce que le vaisseau paraît d'abord moins coloré, plus étroit; puis il reprend sa couleur rouge brun et revient ensuite à son volume primitif. Ce pouls veineux peut être, comme le pouls artériel correspondant, physiologique ou pathologique.

Pouls veincniL rétinien pliysiologiqne — Il est produit par la simple pression du doigt de l'observateur sur la partie externe de la paupière supérieure. Les battements veineux paraissent les premiers; mais, en comprimant plus fort, on produit aussi des pulsations dans les artères de la rétine. On les observe encore, lorsqu'il survient une exagération des fonctions circulatoires, par la course, le saut, V essoufflement , Y effort, etc.

Enfin, si l'on comprime la carotide, il se produit aussitôt dans la papille optique du même côté une diminution d'amplitude des veines^ promptement suivie de stase veineuse d'abord, puis du pouls veineux.

Pouls veineux rétinien patlioIog;ic|ue. — Il peut se présenter sous quatre conditions différentes.

1° La pression exagérée du sang due à une maladie du cœur.

2° Une pression séreuse intr à-oculaire, comme il arrive dans le glaucome.

3° \jxve pression extrà-oculaire, déterminée par quelque tumeur de Vorbite.

4° Enfin des e^orts d'expiration longtemps prolongés, efforts qu'augmente l'intensité de l'afflux sanguin dans les veines, comme V asthme, le catarrhe chronique,\Q goitre exophthalmique^ etc.

Indication diagnostique : — Mais, quelle que soit la cause accidentelle qui produise cette pulsation veineuse, elle indique toujours une />rm2c»w trop forte exercée sur l'intérieur de V œil, pression qui détermine la paralysie des nerfs vaso-constricteurs ou l'excitation des vaso-dilatateurs laissant les vaisseaux sans frein se distendre à chaque pulsation cardiaque.

Indication thérapeutique : — La cause du mal étant Impression intrà-oculaire exagérée, le traitement devra la diminuer, la supprimer, comme nous l'avons vu en étudiant le

pouls artériel oculaire ; les injections sous-cutanées de pilocarpine et à'éserine cxerceroùt souvent un favorable effet, La sclérotomie de Qiiaglino, la section de riris, telle qu'on la pratique pour le glaucome, paraissent, dans les cas graves, les moyens chirurgicaux les plus avantageux.

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