POULS VÏIINEUX DE LA MAIN ET DU BBAS
HALLER et MARTIN SOLON ' Ont cité des exemples où ces pulsations étaient visibles à l'œil.
KiNB ^ observa ce pouls veineux en 1837; il réussit même à le montrer, sinon à l'inscrire, au moyen d'un petit levier très fin, composé d'un fil de cire à cacheter, collé sur la peau entravers de la veine, c'était un sphygmomètre d'une délicatesse extrême. Il put ainsi démontrer l'existence de pulsations dans les veines sous-cutanées du r/(?s de la wai??, du yro??^^ etc. On a rencontré cette variété du pouls dans les affections suivantes :
Hypertropliie du cœur. — Nous devons au docteur BENSON ^ un des exemples les mieux étudiés. Le pouls existait dans le système veineux superficiel des membres supérieurs et sur le trajet des mines dorsales de la main; les veines du reste étaient saillantes, et le doigt à leur contact éprouvait la sensation d'un battement. Par la saignée, le résultat était variable, et le jet sortait tantôt uniforme, tantôt saccadé. Il y avait, dans ce cas, une hypertrophie du cœur considérable, qui, sans doute, dominait la contractilité des capillaires, zuliani, cité par Testa rapporte un fait où les pulsations des veines du bras étaient si pareilles à celles des artères que le chirurgien craignait de se tromper en faisant une saignée.
Pneumonie. — OGIER-WIARD ^ observa les pulsations veineuses du dos de la main jusqu'au milieu de l'avant- bras, dans le cours d'une pneumonie double^ chez une femme enceinte de cinq mois.
' Martin Solon. Sur le pouls veineux [Gaz. méd. de Paris, 1844, p. 66).
* KiiNG. On essay of the safety valve function of the right ventricle ofthc human heart. {Guy's hosp. rep. 1837, t. Il, p. 107.)
' BivNSON. Un cas de puisât, veineuses dans les membres supérieurs. (Diil)lin, J. of med. se, vol. VIII, 1" série, 1836.)
, ■* Testa. Commentaire de Zuliani sur Uippocrnte. Malallie del cuore. Vol. III, chap. xvir.
» OoiEn-WiAnn. Arch. de méd , 1834, p. 129.
Elles durèrent tant que la fièvre fut intense (3 jours). La pression faite en dessous arrêtait les pulsations.
Broucbite chronique. — ELLIOTSON constata les mêmes pulsations dans le cours d'une bronchite qui guérit.
Plitbîsie pulmonaire fébrile. — Le professeur PETER ' a signalé, en 1873, l'apparition à.Q pulsations veineuses au dos de la main chez des phthisiques fort avancés et offrant un certain degré de cyanose des extrémités. Les veines dorsales de la main turgides ei flexueuses offraient des battements veineux y \û\Aqs; ils n'étaient pas assez forts pour être perçus au doigt, mais l'on pouvait, par la vue et en palpant la radiale, reconnaître que ces battements étaient isochrones avec les pulsations artérielles.
Différent du pouls veineux cervical de Lancisi, ce n'était point un pouls de régurgitation veineuse émané du centre cardiaque droit, car la compression du poignet entre les affluents et les gros vaisseaux, loin de faire disparaître ce pouls, le rendait plus intense.
Le professeur Peter explique ces pulsations par V asphyxie et par l'état des capillaires. Le poumon profondément tuberculeux ne fournit plus assez d'oxygène au sang. Celui-ci passe dans les artères encore chargé d'acide carbonique, et, sous cette influence, les capillaires perdant leur tonicité ne transforment plus le mouvement de rhythmique en continu, mais laissent passer le sang dans les veines avec le mouvement pulsatif émané du cœur gauche. Lorsque le pouls radial vient à faiblir, le pouls veineux du dos de la main ne tarde pas à disparaître.
Saignées. — MARTIN SOLON et WARD ont observé ce fait chez plusieurs pneumoniques qui avaient été fortement saignés. PIORRY, en 1820, a vu la saignée rendre le jet veineux saccadé, isochrone aux artères ; le sang était en même temps plus fluide et plus rouge.
Martin Solon ^, ayant aussi remarqué le pouls veineux à la suite de grandes déplétions de sang, attribuait son passage trop libre à son extrême fluidité qui lui faisait subir l'impulsion a tergo des artères; il le nommait pouls veineux inférieur, dési-
' Peter. Pouls veineux du dos de la /nain observé à la période ultime de certains cas de phthisie pulmon. fébrile. France méd., 1878, p. 649. * Martin-Solon. Acad. de méd., octobre 1844.
gnant sous le nom àe, pouls veineux supérieur celui qui était dù aux contractions exagérées du cœur droit.
Magendie opposait à cette théorie que le sang trop fluide s'imbibe dans les parois des capillaires, les gonfle, les obstrue, et par conséquent embarrasse la circulation loin de la favoriser. Cette objection n'est pas valable, car ce n'est pas le sang trop peu riche en globules qui s'imbibe ainsi, mais bien celui dont les hématies se décomposent.
Fièvre typhoïde. — VELPEAU observa le pouh veineux dans le cours d'une fièvre typho'ide^ et weitbrecht pendant une fièvre épidémique, probablement de même nature.
Enfin l'on a encore pu constater le pouls veineux chez un jeune homme atteint d'affection cérébrale avec rétrécissement aortique.
Chez un homme avec ascite et palpitation, sans doute une affection du cœur droit.
Chez une jeune fille atteinte d'hydrocéphale aiguë ici la cause réelle reste inconnue.