POULS VEINEUX DES VEINES PULMONAIRES
La multiplicité des branches du réseau pulmonaire transforme rapidement le mouvement du sang; d'intermittent qu'il est dans l'artère pulmonaire, il devient continu dans les capillaires du poumon.
Mais, dans les troncs principaux, les expériences de Butner faites avec le kymographe de Ludwig, en plaçant l'hémodynamomètre dans \ artère pulmonaire gauche, ^nis dans la veine du même côté, ont montré que le sang y subissait trois sortes d'oscillations :
1° L'oscillation produite par la systole et diastole du cœur droit. Elle constitue pour V artère mineuse un pouls naturel; mais pour les veines artérieuses, c'est un véritable pouls veineux rétrograde ; il y a tout à la io'i?. pouls direct du poumon au cœur et pouls inverse du cœur au poumon, car les veines pulmonaires
* BvTNER. Veber die strom und druckgrafl des blutes in der arteria und vena pulmonalis. {Zeitschrift fur rationelle medicin, 1853. 2^ série, t. II, p. 100.)
étant dépourvues de valvules, le sang y est repoussé sans résistance et s'écoule dans les deux directions. Jusque-là, tout se passe encore physiologiquement, mais dans les affections du cœur droit, ce pouls veineux doit singulièrement augmenter, et par son exagération il devient pathologique. Ainsi s'expliquent sans peine les congestions pulmonaires^ les hémoptysies et les apoplexies qui surviennent trop souvent alors; caries deux marées sanguines ascendante et descendante, par le choc de leur rencontre et leur lutte incessante, dilatent les capillaires jusqu'à les rompre.
2° La seconde oscillation subie par les veines pulmonaires est l'oscillation respiratoire.
3° D'autres oscillations, à plus longues périodes, que Butner attribue à des différences dans le degré d'énergie avec laquelle le cœur se contracte. Je crois plutôt devoir les attribuer aux variations d'intensité fonctionnelle du poumon et je les regarde comme analogues à la courbe de Traube. Ce sont des courbes d'bématose leur ensemble constitue, \q pouls organique veineux du poumon.
pouls veineux de totalite.
Pouls veineux de soulèvement transmis par la veine OPHTHALMIQUE. — Quoique les pulsations de Vorbite dépendent le plus souvent d'un anévrysme simple ou cirsoide ou d'un angiome caverneux d'origine traumatique, il faut savoir aussi que dans plusieurs cas où l'on observait ; exophthalmie, battements synchrones au pouls, bruit de souffle, etc., on ne trouva à l'autopsie, tantôt qu'une obstruction de \di veine ophthalmique au niveau du sinus caverneux avec stase veineuse au niveau de l'obstacle et pulsation des veines en arrière de l'obstacle, ou bien quelques traces inflammation dans le tissu cellulaire rétro-bulbaire et des oblitérations partielles des veines de l'orbite, comme dans l'observation de Oettingen ' à la clinique de Dorpat.
' Oettingen. Zur Kasuistic und diagnostic der orbital tumorfin. Klin. raonatblaetter f. augenheilkunde, t. XII, 45.
POrLS YEIÎfEUX.
POULS TEESEUX HÉPATIQUE OU DE LA VErS'E POETE.
Quand, pai' suite de l'engorgement du cœur droit, la pléthore veineuse est devenue extrême, la régurgitation de Toreillette se propage de veine en veine. De la veine cate inférieure, elle gagne la veine porte, et par elle tous les rameaux qui se distribuent au foie et qui sont privés de valvules.
H en résulte qu'à chaque diastole veineuse l'orgEme présente un ponls rétrograde de totalité; il se gonfle dans toutes ses dimensions^ puis diminue de nouveau, et le pulsographe inscrit sans peine les pulsations, même à travers l'épaisseur des parois abdominales. Ces pulsations offrent des caractères particuliers, identiques à ceux du pouls jugulaire veineux.
Ainsi la puhation est isochrone à celle du pouls et le dicrotisme est ascendant.
Fig. 493. — Pouls veineux hépatique. Dicrotisme ascendant.
La pulsation de la veine cave, dans les maladies du foie, produit cette hvpérémie atropbique nommée foie muscade.
Ajoutons seulement ici que le pouls n'est point seulement hépatique, il peut être aussi bien sph'nique ou rénal, mais dans ces organes [il n'est guère appréciable, à cause de leur situation profonde.
Dans le cas à' hctérochronie re;«frf«f?af>e, le pouls veineux hépatique, aussi bien que le jugulaire, offre deux et même trois battements au lieu d'un.