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LA FIÈVKE DE CONVALESCENCE

Depuis quelques années, a surgi dans la science une nouvelle opinion, qui semble venir à l'appui de celle des anciens sur le rôle de la fièvre. Les travaux de Biermer^ de Fleisch, Neubauer, Bernheim^ Saint-Ange., André de Toulouse et Mazel ^ ont prouvé

' Engelmann, Hartog et Verhoeff. Pfluger's archiv., p. 29, 1884. - Mazel (Fortuné). De la fièvre de convalescence. Th. P. 1885.

que, entre la maladie et la guérison, pouvait s'intercaler une période de fièvre, parfois très longue. Elle est distincte des rechutes, des fièvres de complications inflammatoires ou autres, des fièvres par écart de régime ou par aggravation médicamenteuse, enfin des fièvres de croissance. On l'observe à la suite de la fièvre typhoïde, de la pneumonie et des fièvres éruptives.

Elle indique un état intermédiaire, caractérisé d'un côté par une réparation évidente des forces, de l'autre par une élimination outrée des matériaux de déchets accumulés pendant la maladie. C'est une fièvre critique, une crise durable.

Aussi, tandis que le sujet reprend de l'appétit, des forces, du bien-être, il éprouve néanmoins chaque soir un redoublement fébrile avec fréquence du pouls et hyperthermie, pouvant monter à 39 et même 41°; cet état fébrile, tantôt fait suite à la fièvre infectieuse, tantôt survient après deux, quatre et même dix jours d'apyrexie et peut durer de 6 à 41 jours avant de cesser ; sa chute est alors rapide, presque subite, et son pronostic bénin, car elle n'entrave pas la convalescence.

Comment la distinguer d'une rechute de fièvre récurrente, de ces typhoïdes doubles ou triples dont nous avons parlé déjà, et surtout du typhus ambulatorius? La question est difficile, quoique Jaccoud ait avancé que les rechutes par auto-infection exigeaient une incubation de 13 jours. Il est probable que bien souvent on les a confondues avec la fièvre de convalescence, au détriment des malades que l'on soumettait à des traitements superflus, car cette fièvre ne se complique d'aucun accident.

Pour ce qui est de VEtiologie, Ringer l'attribue à la résorption des, produits inflammatoires ;

Bernheim, James Currie, Liebermeister, à la régularisation trop élevée des centres nerveux thermo-modérateurs ;

Jaccoud à Vanoxhémie, irritant les centres nerveux thermogènes;

Cherchewski en fait une thermo-névrose pure, se basant sur l'inutilité des principaux fébrifuges : quinine, digitale, et sur les excellents résultats que le bromure de potassium lui a donnés, ainsi qu'au André de Bordeaux.

Mais il resterait encore à démontrer l'existence des centres thermo-modérateurs qui ne sont que soupçonnés, et à définir le rapport qui peut exister entre cette thermo-névrose et la fièvre primitive.

Hoc opus, Hic labor est.

Ici doit se terminer notre livre.

Plus tard, s'il est possible, nous entreprendrons Vhistoire du pouls dans chaque maladie. Etude pleine d'intérêt, et qui rend le médecin vraiment habile dans la pratique de son art.

Qu'on ne s'étonne pas de tous les détails dans lesquels nous sommes entrés. « Le moindre signe mérite d'être décrit., puisqu'il a mérité d'exister. »

C'est au savant qu'il appartient de découvrir son utilité réelle ; car ainsi que l'a parfaitement exprimé Voltaire : « Tout dans notre organisme est préparation, moyen et fin.

Mais, entière sera ma récompense, si mon livre peut instruire la jeunesse médicale^ et faire quelque bien, en lui facilitant la recherche de la vérité.

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