HIPPOCRATE. — LE POULS
HIPPOCRATE, 500 ans avant l'ère chrétienne, connaissait déjà la direction des principaux vaisseaux du corps et pratiquait souvent la saignée dans le cours des maladies aiguës.
Il distinguait aussi les veines des artères et enseignait que le cœur est un organe charnu, creusé de cavités. Ce fut lui qui le premier, désigna par l'expression de pouls [acpuY[j,6ç] le battement de l'artère, sous le doigt qui l'explore. Mais il confondait sous le nom d'artère les canaux du sang et ceux de l'air [trachée artère], car il trouvait, après la mort, les uns et les autres également vides^ dans l'examen des victimes des sacrifices sur lesquelles il étudiait l'anatomie ; il en avait conclu que tous ces canaux ne formaient qu'un seul système.
Hippocrate paraît même être allé plus loin dans l'interprétation du pouls et de l'acte circulatoire et en avoir eu des notions fort exactes.
Il importe de nous arrêter ici, pour examiner où en était la science du pouls à l'époque représentée par le père de la médecine. Nos médecins modernes pourront eux-mêmes y puiser des renseignements précieux.
Sur ces différents points, Le Febvre, le savant traducteur des œuvres de Zimmermann, nous donne, dans son traité de V Expérience [t. II, p. 3, 1774] , les détails les plus intéressants.
(c Quoique Hippocrate n'ait pas décrit toutes les différences du pouls, telles que les modernes les ont instituées, on ne peut disconvenir 1" que le pouls ne lui ait été très connu; 2° qu'il n'en ait remarqué les différences essentielles; 3° qu'il n'en ait
' LiTTRÉ, Quelques points de chronologie médicale (latrod. aux œuvres d'Hippocr,,
fait usage, dans la pratique, comme d'un signe important.
« 1° Il a très bien connu le pouls. Voici ce qu'il dit expressément dans les divers passages de ses ouvrages :
« A. Le pouls [TcaXjAîç] , se fit sentir partout chez la femme de Philinus.
« B. Le pouls battait aux tempes de Ménon.
« C. Celui qui avait reçu un coup de pierre à la tête avait le pouls [(7(puY[a,éç] très fort aux tempes.
« D. Le pouls était tranquille aux tempes de la femme de Polycrate.
« E. Le soir du quatorze, le fils de Cydis continuait d'avoir le pouls [açuYixôç] très fort aux tempes.
F. En portant la main sur l'ombilic et le cartilage xyphoïde du fils d'Eratolaûs, on y sentait un battement tel qu'on ne le sent jamais au cœur, après une course ou une frayeur.
« G. Lucie avait V artère tendue au pli du bras gauche et le pouls battait souvent.
« H. Le quatorze, la fièvre ne se faisait apercevoir^ chez Pythodore, en aucun endroit qu'à la tempe.
« L La fièvre fut pareillement si modérée chez Polycrate, après la purgation, qu'on ne s'en apercevait qu'aux tempes. »
Ces deux derniers passages nous prouvent évidemment, que l'on avait tâté le pouls ailleurs qu'aux bras : et tous démontrent qu'Hippocrate ne le négligeait pas.
2° Différences du pouls observées par Hippocrate.
A. La tension de l'artère ; et par conséquent certaine dureté du pouls.
B. hsi petitesse du pouls, ùyj.pm.