MILNE ED^YARDS
auquel nous devons la plus savante histoire de la circulation, établit en principe que la faculté prime Vorgane; de telle sorte que,lorsmême qu'on voit l'organe disparaître, la faculté persiste, ai'rivant à la même fin par d'autres moyens . Ainsi, chez un grand nombre d'êtres dépourvus de véritables vaisseaux sanguins, il a reconnu que le liquide vivifiant circulait dans les lacunes interorganiques qui séparent les lobes et lobules des organes. Ces espaces ou lacunes n'offrent point la forme et la régularité des veines, mais donnent à la circulation la possibilité d'exécuter son œuvre sans avoir une canalisation parfaite ; il la nomma circulation lacunaire.
SOULEYET et QUATREFA6ES * complétèrent ces découvertes par celle du p/ilébentéris?ne, où, suiysniteux,!' estomac elVintestin deviennent chez certains êtres, comme les zoophytes cœlentérés, l'organe de la circulation en même temps que de la nutrition.
Mais cette dernière découverte, la circulation gastro-vasculaire ou cavitaire, est encore très combattue ; quant à la circulation lacunaire, elle est généralement admise, et si nous en parlons ici, quoiqu'il s'agisse d'une circulation plus spéciale aux règnes inférieurs de l'animalité^ c'est qu'on en trouve dans l'anthropologie une foule d'exemples, et que cette belle découverte a éclairé d'une lumière nouvelle la physiologie humaine. Ainsi, dans l'œuf humain, c'est par les îles et les canaux de TFo^que commence la formation des vaisseaux ; or c'est là en réalité une circulation lacunaire.
Les sinus du diploé, ceux de la dure-mère, ceux de Vutérus pendant la gestation, ceux des tissus érectiles sont autant de circulations lacunaires ou semi-vasculaires, les unes périodiques ou passagères {utérus), les autres persistantes.
Enfin l'apparition de vaisseaux de nouvelle formation dans les tissus pathologiques commence aussi par une circulation lacunaire ou interstitielle, qui ne se met qu'au bout d'un certain temps en rapport avec la circulation générale.
* Robin. Rapport sur les communicat. de M. Souleyet sur le phlébentérisme. Mém. de la Soc. de biolog. ISSl, t. IIl.
TUKNEE,
4853. SCHRÔDER VAN DER KOLK. — ECKER. — 1860 SUCQUET. — ANASTOMOSES DIRECTES ENTRE LES ARTÈRES ET LES VEINES, HANS LA PIE-MÈRE OU LA PULPE CEREBRALE.
Existe-t-il des anastomoses dv^ectes entre les artères et les veines dans Id^ pie-mère ou ]a. pulpe cérébrale?
Cette importante question a été résolue affirmativement, par Casserius d'abord, puis par ECKER, en 1853 \ et par SUCQUET en
Dans sa grande étude sur les vaisseaux dérivatifs^ Ecker cite une préparation remarquable du professeur SCHRODER VAN oer kolk, qui, poussant une injection rouge dans les artères, une injection bleue dans les veines, vit très clairement l'injection bleue passer dans les fins vaisseaux de la pie-mère et chasser l'injection rouge.
Il fit l'expérience inverse et, poussant le liquide rouge dans les artères, il vit refluer le liquide bleu. « Cela se voyait très nettement à l'œil nu^ dit Ecker, et c'était un spectacle admirable ! »
Mais l'expérience est souvent trompeuse : experientia fallax ; ni Sappey, ni Vulpian, n'ont pu retrouver ces anastomoses^ qui n'étaient peut-être qu'une anomalie individuelle.
duret, à son tour, en nie l'existence ou la réduit du moins aux plus ténues ramifications, dont l'importance comme dérivation serait bien peu de chose.
1863-5. turner. — les plexus arteriels anastomotiques, souspériton:bal et sous-pleural.
En 1863, W. turner , a décrit^ sous le nom de plexus artériel sous péritonéal, des anastomoses nombreuses entre le réseau artériel des parois abdominales et celui des intestins.
En 1865, il donna la description An plexus artériel sous-pleural, comprenant les anastomoses des artères mammaires internes et autres avoisinantes, avec les branches des artères superficielles àn péricarde , du médiastin, et celles qui accompagnent le nerî phrénique ; celles-ci ne se terminent donc point dans ces organes, comme l'enseignaient jusqu'alors nos traités d'anatomie,
' Ecker. Dissertât, anatomica înauguralis de cerebri et meduUse spinalis systemat, vasorum capillari in statu sano et morboso, 1850.
156 SAPPEY.
m^X^ forment entre elles un nouveau plexus^ situé sous la plêdre, entre lemédiastin et le péricarde. L'auteur annonce que^pour voir dans son ensemble cette disposition remarquable, il suffit de pousser une injection colorée dans les troncs générateurs et d'enlever la portion des parois tboraciques correspondantes
1866. SAPPEY. — VAISSEAUX DBS FIBRO-CAKTILAGES.
L'opinion générale avait longtemps refusé à ces organes d'une blancheur nacrée un système vasculaire, lorsque le savant etlaborieux professeur SAPPEY^ découvrit dans les fibro-cartilages inter-articulaires, ceux du genou particulièrement, des veines, des artères nombreuses, dirigées parallèlement aux faisceaux du tissu conjonctif ; un grand nombre de branches collatérales forment des anastomoses entre elles ; au début de leur trajet, les artères ont leurs trois tuniques et se terminent en anses variées.
Les bourrelets péri-articulaires sont encore plus riches en vaisseaux^ ainsi que le périoste.
Ces vaisseaux pénètrent en grand nombre dans les ligaments et par des divisions infinies arrivent à leur face profonde, oii leurs dernières ramifications forment sur les points recouverts par les synoviales un réseau extrêmement riche.
Les ligaments capsulaires et d'autres ligaments périphériques sont si complètement pénétrés de vaisseaux qu'on ne peut mieux les comparer qu'à la peau elle-même.
1859. ROBIN ET WIRCHOW. — 1865. HIS. — 1874. KESTEREN. — 1875. AXEL^ EBERTH, KEY, RETZIUS^ RIEDEL, ROTH, FROHMANN. — CANAUX PIÎRIVASCULAIRES DES CENTRES NERVEUX.
Le professeur ROBIN ^ a découvert en 1859, et WiRCHOW presqu'en même temps confirmait par ses travaux, ce fait important, que les capillaires de l'encéphale présentent deux particularités de structure qui leur sont spéciales : 1" l'épaisseur considérable de la couche moyenne formée de fibres-cellules; 2" l'existence d'une tunique extérieure à la couche de fibres-cellules, tunique
' TuRNEK. Britishand forcing med.chir. flez'ie»',, janvier 1863. 2 Sappey, Acad. des sciences, 1866.
' llis. dans Robin, J. d'analomie et de physiologie, mai 186D.