ROBIN
formée, non par du tissu laminaire^ mais par une substance homogène à peine striée.
Cette tunique est distante des parois propres des capillaires, et, dans cet intervalle qui forme un véritable canal périvasculaire, nagent de petits noyaux granuleux, assez analogues aux noyaux des leucocytes. Chez beaucoup de sujets, on trouve encore, flottant entre ces noyaux, des granulations graisseuses et des grains d'hématosine.
Cette tunique extérieure n'existe pas sur tous les capillaires des centres encéphalo-rachidiens, et jusqu'à présent on ne peut savoir précisément à quelle particularité anatomique exacte se rattache leur présence.
En 186S, His a confirmé par de nouvelles recherches les remarques de Rohin ; il a pu injecter ces canaux périvasculaires dans la moelle comme dans le cerveau.
Je considère ces canaux comme de nature lymphatique; leur disposition j»6'?7'mS(?MZa?>é a un double but fort important.
1° De protéger les centres nerveux contre les congestions trop violentes et les anémies trop sutiites du cerveau^ car le liquide périvasculaire remplit ou vide son canal, suivant le degré de liberté que lui laisse le gonflement du vaisseau sanguin, et maintient une égale pression dans la masse cérébrale.
2° De faire circuler la lymplic cérébrale, par l'intcrméiliaire de la circulation artérielle, car la systole et la diastole des artères agissent tour à tour sur le liquide périvasculaire et lui font parcourir facilement et librement son trajet intime dans les organes.
C'est un type complet de la circulation par influence, dont j'ai découvert l'existence en 1876, et décrit la généralité et l'importance pour la circulation veineuse, comme on le verra plus tard. Cette découverte s'applique donc aussi aux vaisseaux lympbatiques.
En dehors des canaux lymphatiques de Robin, His découvrit encore un second système d'espaces lymphatiques formant une nouvelle enveloppe liquide aux deuxpremières ; mais ces espaces, vides dans l'état de nutrition normale du cerveau, n'apparaissent et ne peuvent être démontrés que lorsqu'un obstacle à la libre circulation lymphatique accumule les matériaux usés. Ils remplissent alors ces gaines, refoulant les tissus, accompagnent les vais-
158 EIDEL.
seaux jusqu'à la pie-mère, où ils s'arrêtent clans l'espace situé au dessous d'elle, mais sans communiquer avec elle. Ainsi que l'a fort bien exprimé * , les espaces de Robin étant, pour
ainsi dire, les voies lymphatiques régulières, ceux de His seraient des espèces d'entrepôt servant, dans les conditions anormales, pour éviter l'encombrement. L'acide chromique les rend très manifestes.
Dans ces dernières années pourtant, Kesteven ^ a mis en doute l'existence normale des espaces de His; il prétend qu'ils ont toujours une origine pathologique. C'est, pense-t-il^ une sorte de raréfaction du tissu nerveux, qui se produit dans le cours des affections chroniques du cerveau.
Structure : la gaîne lymphatique des vaisseaux des centres nerveux, décrite d'abord comme hyaline et sans structure par Robin et Wirchow, fut considérée par His comme semée de noyaux jusqu'aux capillaires de deux millimètres.
FROMANN reconnut ensuite l'existence, du moins dans la moelle, de prolongements pénicillés, qui se perdent dans la névroglie. ROTH retrouva bientôt cette disposition dans le cerveau lui-même. EBERTH y montra l'existence d'un revêtement endothélial continu; et dernièrement AXEL, KEY et RETZius considérèrent cette membrane adventice comme formant un prolongement de la piemère, et comme revêtue d'endothélium sur les deux faces.
Mais^ en présence du désaccord des histologistes, dont les uns, comme Ebertk, Obersteiner ^ Axel, Key^ Retzius, Golgi, Boll^ ont pris parti pour Robin et Wirchow^ taudis que les autres acceptaient l'assertion de His, riedel^ a repris l'étude delà question. Isolant les vaisseaux, des centres nerveux munis de leur gaîne, il put se convaincre que l'enveloppe lymphatique entoure lous les vaisseaux,y compris les capillaires, dans les centres nerveux. Cette gaîne est formée simplement de cellules endothéliales soudées^ qui se montrent sur les plus fins prolongements.
De la face externe, partent d'autres prolongements déjà signalés par Roth, formés par les cellules de la névroglie, et qui tiennent la gaîne béante écartée du vaisseau sanguin.
Riedel a découvert, en outre, des prolongements anastomo-
' AuNDT. Veber die lyriiphrdeime , in gehirn und Ruckenmark. Berlin, Kliu. Wochens, 1875, p. 210.
- Kesteven. Perivascidar spaccs in the hraia. Brit. med. Journ., 1874, p. 840.
^ Riedel (B.). Des espaces lymplialiq. périvascidaires du système nerveux central de la rétine. Arcli. fur iiiikr. anat. pilfter, bd., 2^ Ilclft. 187.5.
DAEESTE. 159
tiques de lagaîne lymphatique, et d'autres filaments en éperon, qui vont se perdre dans la névroglie, en s'étalant sous forme de plexus.
Les vaisseaux rétiniens eux-mêmes sont accompagnés de la gaine lymphatique .
HALLER. — WOLF. — DAEESTE. — FORMATION DES CAPILLAIRES DE l'aire VASGULAIRE. — FORMATION DU SANG.
HALLER pensait que les capillaires se formaient par la pénétration du sang dans des cavités antérieurement formées.
WOLF soutenait, au contraire, que les vaisseaux sanguins commencent par la formation de lacunes dans le tissu de l'aire vasculaire qu'il nommait aire ombilicale. Ces lacunes se remplissaient de globules sanguins, rouges, et reçurentle nomd'ï/es de sang.
On pense généralement aujourd'hui que, dans l'aire vasculaire, les vaisseaux capillaires apparaissent d'abord sous l'apparence d'un réseau de cordons pleins qui se transformeraient en tubes creux par une modification, une liquéfaction de la substance qui renferme leurs parois.
Les îles de sang se produiraient sur certains points isolés de ce réseau. La liquéfaction de la substance contenue dans l'intérieur de ce réseau établirait des communications entre les îles de sang, et mélangerait bientôt les globules qu'elles contiennent avec le liquide contenu dans l'intérieur des autres vaisseaux. Mais il n'en résulte pas moins que la formation du sang se fait dans des cavités complètement isolées; ainsi que l'a démontré DABESTE, l'indépendance de ces cellules est suffisamment prouvée par leur hypertrophie, et leur absence de communication dans ce cas avec aucune autre cavité vasculaire.
Ainsi, d'une part, les îles de sang forment les globules du sang ses éléments solides et figurés.
D'autre part le cœur forme du sérum transparent et sans couleur. Les parois vasculaires en sécrètent peut-être aussi; et ces éléments séparés arrivent à constituer le liquide hématique, lorsque les vaisseaux, qui font suite aux îles de sang, viennent s'anastomoser avec le cœur, qui jusque-là bat sur son contenu, sans pouvoir le chasser plus loin.
SUCQUET,
1868. SUCQUET. CIKCULATION DBRIVATIVE ARTERIOSO- VEINEUSE,
DANS LES MEMBRES ET DANS LA TETE, CHEZ l'hOMME.
L'auteur établit dans un mémoire présenté le 17 avril à l'Académie de médecine, que les artères des mains et des pieds^ da coude et du genou^ communiquent avec certaines veines par des vaisseaux qui ne sont pas capillaires. En effet, lorsqu'on pousse par les artères crui'ales ou axillaires une injection convenable, les capillaires des divers organes des membres ne s'injectent pas, tandis que les vaisseaux spéciaux sont pénétrés et conduisent l'injection dans les troncs des veines céphalique, basilique et saphène.
De semblables communications faciles existent entre les artères et les veines, au nez, diU front et aux oreilles. Les injections poussées par l'artère carotide primitive entrent par les artères faciale, ophthalmique et auriculaire, dans les veines faciale, méningée moyenne et auriculaire ; tandis que les veines des organes divers qui composent la tête restent vides partout ailleurs.
Il résulte de ces curieuses recherches, qu'il se fait pendant la vie, dans les pieds, dans les mains et à la face, par les veines indiquées, une circulation particulière, intermittente ^ quelquefois nulle, quelquefois très abondante, puis éprouvant toutes les gradations possibles entre la suppression et la turgescence. Ces variations sont en rapport avec l'abondance variable du sang poussé par le cœur aortique. Cette circulation a pour but uniquement de verser dans le système veineux le trop-pleia qui entre subitement dans les artères; elle est dérivative àQS crues du sang artériel et reste étrangère à la nutrition. Pendant qu'elle éprouve ces alternatives diverses, la circulation profonde des organes continue avec régularité et la nutrition s'accomplit avec calme. Il y a donc pour les membres et la tête deux circulations bien distinctes : l'une nutritive, générale, toujours constante; l'autre dérivative, intermittente, et localisée dans les veines sous-cutanées de l'extrémité des membres et de la face.
DUEET.
1873. HEUBNER. — 1874. DURET, — ARTERES NOURRICIÈRES DU CERVEAU.
HEUBNER * fit paraître dans la Central blatt en 1873 une notice sur les artères nourricières du cerveau, mais ce travail fort court (4 pages) est bien moins important que celui de notre compatriote le docteur duret'^ qui parut à la même époque dans les archives de physiologie.
On doit à ce dernier l'étude approfondie des artères nourricières des nerfs optiques et àQS pédoncules cérébraux.
Il étudia aussi d'une manière plus complète l'influence du cercle de Willis sur la circulation cérébrale.
Il fit des coupes entières des circonvolutions où les artères et les veines étaient injectées avec leurs réseaux capillaires. lia décrit, mieux qu'on ne l'avait fait jusque-là, les rapports de ces vaisseaux avec la pie-mère^ donnant de leur distribution une idée plus juste pour les recherches anatomiques.
C'est ainsi qu'il démontra que, malgré la multiplicité extrême des branches, il vH existait pas de reseau anastomotique dans la piemère.
Dans un nouveau mémoire publié en 1877, Duret^ établit la corrélation grande qui existe entre la distribution des artères et les régions physiologiques du cerveau.
Ce sont là des circulations, non plus ^QvlQmQni organiques, mais locales et fonctionnelles.
Ainsi le territoire de la sylvienne correspond à peu près à la situation des centres moteurs volontaires décrits par Ferrier.
Il devient même nécessaire de diviser le cerveau en trois grandes régions limitées par leurs territoires vasculaires personnels.
1° Région motrice, correspondant aux artères sylvienucs. 2" Région Intellectuelle, correspondant aux artères cérébrales autérieures.
* Heubner. Zur topographie der Emahrungsgebiete der einzelnen Hirnarterien. Centialblatt, liv. II, p. Îi2.
- Duret(H.). Rcch. anat. sur la circulât, de l'encéphal. Arcliiv. de physiol. 2e série, t. I, p. 345. 1874,
' DuRET (H.). Distribut, des artères dans les diverses régions cérébrales. Société de biologie, 9 janvier 1877.
162 TROLAKD.
3° lié ion scusilivc, correspondant aux artères céréliralcs postérieures.
Les lobes et circonvolutions ne sont que des accidents de terrain et ne jouent qu'un rôle secondaire.
Il existe en outre, chez l'homme, une artère spéciale pour la 3*^ eirouvolution, dont la fonction correspond aux centres décrits par Ferrier, pour les mouvements des lèvres et de la langue .
1868. TROLARD. — SYSTÈME VEINEUX DU CRANE ET DE L'ENCéPHALB.