CHAPITRE PREMIER
Dussent tous les aLbés nés et a.
naître se fâcher, il est constant que leur édifice religieux est unliabit d'arlequin, un assemblage de pièces, dont les nuances disparates choquent Toeil, comme Tensemble blesse la raison.
La raison I pardon, si je me suis servi de ce mot; il faut renoncer à
* Je sais , mon cher Geoffroy , qu'on dit citer , citations , et [que citateur n'est pas français; mais je puis, comme vous, avoir mes licences , même celles de la raéchanceté , et j'en vais user un peu.
la chose pour vous croire. Vous conviendrez qu'il est assez drôle qu'il faille, de votre «veu, être imbécille pour être chrétien; tuais puisque cela est ainsi , j'humilie ma raison :
c'est vous et les vôtres seulement que je veux vous opposer.
Je vous l'ai déjà dit, je ris de tout^ et je n'approfondis rien; cela me fatiguerais, et eniiViierait le lectç\\r. Je laisse la profondeur à Fréret, et le galimatias à Saint Thomas, l'ange de l'école. Je vais courir, mon grelot h la main, a travers Tos contradictions, vos niaiseries; et en courant et en riant, je tâcherai d'être méthodique.
Vous méprisez les païens , et je vous approm^e. Les Caton, les Tite, les Antonin^ les Sénèque, n'étaient que des polissons. Les sages de la Grèce, leurs devanciers, ceux de la
(3) ChaUlée, de TEgypte, de ilnde plus anciens encore, ne valaient pas mieux ; aussi sont-ils damnés de votre façon. Voyons cependant quels sont les morceaux de votre habit d'arlequin que vous n'avez pas dédaigné leur dérober. Je crains bien qu'il ne vous reste à-peu-près que la batt€ j mais du moins vous en servez-vous vigoureusement.
Commençons par Moyse, le type par excellence des religions juive et chrétienne.
Les anciens poètes font naître le premie.' Bacchus en Egypte; c'est là que Moyse est né. Bacchus est expose sur le Nil; Moyse aussi. Bacchus est enlevé sur une montagne d'Arabie ;, nommée Nisci', Moyse séjourne sur une montagne d'Arabie, nommée Sina. Une déesse ordonne à Bacchus d'aller détruire une nation barbare^
Moyse reçoit la même mission du Seigneur. Bacclius passe la mer Rouge à pied sec; Moyse aussi. Le fleuve Oroiite suspend son cours en faveur de Bacclius; le Jourdain s'arrête ^ mais en faveur de Josiié. Bacclius commande au soleil de s'arrêter j, il s'arrête, et Josué opère le même pi'odige. Deux rayons lumineux sortent de la tête de Bacclias; ils sortent aussi de celle de Moyse, et ce sont ces rayons que les en fans et les cuisinières prennent pour des cornes. Bacclius fait jaillir une fontaine de vin en frappant la terre de son tliyrse ; Moyse fait jaillir de Teau d'un rocîier en le frappant de sa Laguette.
Vous conviendrez, révérends pères en Dieu, que la ressemblance est forte, et vous ne nierez pas, si vous avez lu, que le premier Bacclius ne
( 5) soit tiès-antérieur à Moyse. Passons à la création.
Avouez, sans vous faire tirer Toreille , que les six jours de la création sont les six temps des Phéniciens, des Chaldéens, des Indiens, que le premier Zoroastre appelle les six Ganihahars^^x célèbres chez les Perses.
Votre Adam est encore FAdimo de TEzourvéidam. Votre paradis terrestre est le jardin d'Eden, à Saana, dans l'Arabie heureuse. Le jardin des Hespérides était gardé par un dragon ailé; le paradis terrestre est gardé par un chérubin.
Le Dieu des Indiens ayant créé rhomme, il lui donna une drogue qui lui assurait une santé éternelle.
L'homme mit la drogue sur son âne ; Fane eut soif, le serpent lui indiqua une fontaine, et pendant que Fane buvaita le serpent vola la drogue.
C'est aussi nn serpent qui tente Eve, un serpent qui parle et qui cause la chute du premier homme.
Vous avez un déluge, et les anciens avaient le leur. Vous avez sauvé Noé et sa famille; ils avaient sauvé Deucalion et Pyrrlia.
Abraham sacrifiant son fils , Jepldé immolant sa fille , sont des copies dldoménée et d'Agamemnon.
Madame Putiphar, amoureuse de Joseph^ qui lui résiste, est un réchauffé de Phèdre et d'Hippolyte de Bellérophon et de Sténobie.
Hercule purge la terre des brigands qui la désolent; il délivre Alcesledes enfers ; il faiten une nuit cinquante garçons a cinquante vierges, ces prodiges-la valent la peine qu'on en parle. L'Hercule juif, Samson, tue avec une mâchoire d'âne mille Philistins. Il prend trois cents re-
(7) nards, comme il eût prit des pigeons dans un colombier; il leur met le feu au cul, et les lâche dans les champs des Philistins : c'est petit, c'est pauvre.
Té ré ras avait un cheveu d'or, et Nisus un cheveu de pourpre, d'où, dépendaient leur vie et le salut de l'empire : il était tout simple de mettre la force de Samson dans ses cheveux.
Hercule file aux pieds d'Omphalej Samson a la faiblesse de découvrir son secret à Dalila, et cette fin si Conforme prouve assez que le Samson est une plate copie d'Hercule.
Vous avez imité les anciens jusques dans leurs infamies.
Plutarque et Pindare disent tous deux qu'on présentait des femmes au. boue consacré , et les juifs eurent.
(8) SOUS Jéroboam, des prêtres pour 1er service des Loues. ( Liv. 1 1 , Paralip. cliap. XI, V. i5). Les dames juives ne manquèrent pas de se passionner pour ces animaux; encore de petites Pasipliaë. Le Lévitlque^ ch. xvni, V. 7, réprime cet empartement, et défend, de sacrifier aux velus avec lesquels on a forniqué. Le Lévitlque permet donc de sacrifier aux autres, ce qui n'est pas du tout conforme à la loi deMojse. Au cliap. xx V. i5 et 16 j il ordonne la mort du coupable et de l'animal.
En dépit du Lévitîque, certains bergers chrétiens des Alpes épousent encore leurs chèvres.
Elie , son char de feu et ses chevaux eniflammésj ressemblent fort à Appollon conduisant ses coursiers, auxquels Faurore aux doigts de rose ouvre les portes de FOrient. L'image
(9) païenne est plus riante; voilà toute la différence.
« Arrangez-vous avec les juifs » comme vous Tentenclrez, me dit » mon abbé en grondant. Je ne tiens » leurs livres qu'autant qu'ils ap- » puient les nôtres. — Mais, mon •) cher abbé, les chrétiens et les » Juifs ont puisé à la même source, « — Quoi, monsieur?.... — Oui, » monsieur^ et vous avez beau fron- » cer le sourcil, je continue ».
Foë, dieu chinois, est né d'une vierge fécondée par un rayon du soleil; le christ est né d'une vierge fécondée par le Saint-Esprit.
X aca , Brama , Sammonocodom , se sont incarnés. Vitsnou s'est incarné cinq cents fois," le christ ne s'est incarné qu'une; c'est bien peu, voua en conviendrez.
Vous êtes fiers de votre révéla-
tion, et vous avez raison : c'est quelque chose de bien beau qu'une rebgion révélée par Dieu même!
Cest dommage que l'Indien ait dit avant vous, que Brama était venu lui révéler le culte qui lui plaisait; que le Scandinave en ait dit autant du redoutable Odin, et le Péruvien, de Manco-Capac.
« L'indien, le Scandinave et le 5) Péruvien en ont menti, entendez- » vous, monsieur. Ce n'*est pas à des » gens de cette espèce que Dieu dai- » gne se révéler. — Ils en disent au- » tant de vous, monsieur, et je croi»
» que vous vous rendez mutuellement n justice. Mais, possédez-vous, Tabbé, » vous n'êtes pas au bout » .
Les Perses avaient des Péris, les Grecs leurs Démonoï; les Hébreux avaient des Malakim ; et nous avons des anges. Chacun de nous, même.
a le sien, eliargé de veiller exclusi- Tement sur lui, et de l'empêcher de feiîlir. Malheureusement ces anges J)erdent leur temps, le diable est plus fin qu''eux. Mais aussi pourquoi aller prendre des anges chez les païens? Daniel et Tobie sont les premiers qui en parlent pendant la captivité en.
Chaldée, et les savans assurent que Raphaël, Gabriel, Michel, sont des noms chaldéens.
A propos du Diable, savez-vous que Dieu ni le Diable ne vous appartiennent; ce sont le boa et le mauvais principes, admis jadis en Egypte et dans tout TOrient ; ce sont Osiris st Typhon , Orosmade et Arimane.
Non-seulement vous prenez de tous les côtés, mais vous avez la mal-adresse de gâter tout ce que vous vous appropriez. Chez les Juifs,
comme cliez vous , le mauvais principe est plus fort que le bon; il s'en moque et le turlupine. Dans VAncieiz Testament , le bon principe donne un mari à Sara, fille de Raguel : craCj le mauvais principe tord le cou à ce pauvre mari , qui n*est pour rien dans les démêlés de Dieu avec le Diable. Le bon principe, qui n'est pas malin , ne voit pas d'autre moyen de réparer l'espièglerie brutale de sou adversaire, que de donner un second mari à la belle Sara , et le second a le sort du premier. Un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième mari sont étranglés comme les autres : c'était une place meurtrière que cette belle Sara l
Le bon principe était à bout. Mais un ange vint apprendre au jeune Tobie que la fumée du coeur grillé de certain poisson, avait la vertu de
«Lasserle mauvais principe. Il est assez drôle que cet ange en sût plus que le bon Dieu, ou que si le bon Dieu en ^ savait autant que l'ange , il n'eût pas donné sa recette au second mari de la belle Sara : c'était bien assezd'avoir été attrapé une fois.
Le foie de ce poisson avait aussi la vertu de rendre la vue aux aveugles^ et Tobie, qui nous conte très-longuement son bistoire , ne nous nomme pas ce poisson-là, ne nous en donne pas la description ! Pline , BufFon , Lacépède n'y eussent pas manqué. Ce n'est pas que le cœur soit bien à regretter, depuis long-tems le diable n'étrangle plus personne ; mais au moins le foie pour les Quinze-Vingts et pour ceux qui, sans être aveugles, voient tout de travers , comme l'abbé Geoffroy.
Dans le JVou^eau Testament ^ le
mauvais principe mène le bon Lien plus vertement encore. KEvangile ne dit pas que Jésus allât de son gré sur la haute montagne d'oii Ton découvre tous les royaumes de la terre; il dit positivement que Satan l'y porta: voilà donc le Diable qui emporte le bon Dieu. Vous conviendrez que c^est un peu fort.
Vous savez, ou vous ne savez pas, que Jésus ressuscité est TAdonis de Pbénicie , TOsiris d'Egypte , FAtis de Phrygie.
Vous savez , ou vous ne savez pas , que Timée de Locres , beaucoup plus ancien que vos évangiles, parle , dans son Ame du monde , du premier verbe , du verbe proféré , et de Tesprit du monde. La Trinité de Timée ne fit pas fortune : on ne trouve pas toujours
( >5) des hommes disposés à croire qu6 trois ne font qu'un. Platon, qui rêve creux très - souvent , ressuscita la Trinité de Timée , et l'arrangea à sa manière ; c'est de son école que les Juifs d'Alexandrie prirent cette Trinité qu'ils arrangèrent ou dérangèrent encore, et c'est de ces Juifs que vous avez pris la vôtre. J'en suis fâché , mais votre Trinité ne vous appartient pas plus que le reste.
Vos sacremens , dont vous faites tant de cas, à qui vous attribuez tant de vertu , sont encore des lambeaux du paganisme , cousus tant bien que mal h riiabit d'Arlequin.
Les principaux sans doute sont le baptême , qui lave l'enfant nouveau - né du péché qu'il n'a pas commis, et la pénitence, qui récon-
cilié le pécheur avec le bon principe.
Il était assez simple que les hommes qui ne se conduisent que par les sens, parce qu^ils ne peuvent avoir d'autre règle , imaginassent que ce qui lavait le corps lavait aussi Tânie. Il y avait de grandes cuves dans les souterrains des temples d'Egypte , oîi les pécheurs se plongeaient jusqu'à satiété. Dans les mystères de Mythras , les initiés étaient régénérés par l'immersion. Ce Mythras était aussi une espèce de Christ , un médiateur entre l'homme et Dieu. Les Indiens , de temps immémorial , se sont purifiés dans le Gan^e.
La confession , assez nouvelle parmi vous , est aussi ancienne que les purifications du Gange. On se confessait dans les mystères d'Isis ,
( '7 ) (l'Orphée ^ de Cérès-Eleusine. C'est de là que les Juifs avaient pris leur confession , car ils en usaient aussi:
et si vous en doutez ^ voyez leur Mis/ma , tomes net iv , pages 894 et 134.
Vous avez eu vos initiés, à Texemple de ceux qui pratiquaient ces mystères. Ceux qui chez vous prétendaient à l'initiation , s'appelaient Catécumènes j ils étaient initiés par le baptême.
Votre prédestination est le fatalisme des Grecs.
Votre eau-bénite est l'eau lustrale des Romains.
Le Tartare et l'Elysée sont évidemment l'original de votre Enfer et de votre Paradis, car vous savez, ou vous ne savez pas , qiie Paradis veut dire Jardin, Eu dérobant la
( i8) chose 5 vous avez la mal-adresse de conserver les noms. Un filou vole un mouchoir 3 il se hâte d'en ôterla marque.
Platon divise les âmes en trois classes , les pures , les curables j les incurables. Vous avez adopté cette division , et vous avez logé les âmes guérissables en Purgatoire.
Une superbe institution, par exemple 5 c'est celle où on invitait les hommes à fuir leur famille , à renoncer aux affections innocentes du cœur; h s^enfermer dans un cloître, a y vivre de pain et de légumes , à passer les jours et les nuits en prières , et à se donner la discipline. Ces pieux cénobites jouissaient d'une considération , d'un respect universel, qu'ils remplissent ou noti les obligations qu'ils s'étaient imposées. Il n'y a pas trente ans qu'un
(«9) récolet ignorant, crasseux et ivrogne, était un demi-dieu en Artois : il est vrai qu'on n'est pas mal bête dans ce pays-là.
Hé bien , mon cher abbé , les mortifications ,]es macérations de nos trapistes et de nos carmélites sont des jeux d'enfans auprès de celles des faquirs indiens. Ils vont nus, se font fesser par les rues pour obtenir la rémission des péchés de leurs compatriotes. Ils se passent, en signe de cliasteté , un gros anneau de ier dans le prépuce , et les femmes viennent dévotement le baiser. Je ne crois pas qu'aucun de nos prêtres, très -chastes sans doute, puisqu'ils renoncent au mariage, se soit jamais infîbule , et je suis sûr que s'ils se font baiser le prépuce , ce n'est pa^ en public.
K — Monsieur, monsieur, il n'est
» pas démontré que les anneaux de » fer de vos faquirs indiens soient » plus anciens que nos pères du dé' « sert. — A la bonne heure , mon » cher abbé » .
Mais nos moines chrétiens et nos faquirs sont d'hier, en comparaison des prêtres de Syrie , des prêtres d'Isis , des prêtres de Dodone , des prêtres de Bellone , des prêtres de Cjbèle. Or savez-vous ce que faisaient ces braves gens-là ? ils se fouettaient a certains jours , ils s'estropiaient, ils se hachaient à coups d^î sabre, ils faisaient ruisseler leur sang sous les verges. Les prêtres de Cybèle allaient plus loin, ils se faisaient eunuques. Vos moines sont en petit les sin- \qs de ces prêtres-là.
Les anciens avaient des sibyles , des oracles , des augures ; les Juifs avaient des magiciens , des évoca-
lions ; les Chrétiens , qui imitent tout, ont voulu avoir des sorciers, espèce crapuleuse qui n'a de crédit que parmi la crapule. Malgré le mépris oii ils sont tombés, FEglise se donne toujours la peine de les exorciser en masse ; mais on ne les brûle plus. Elle serait longue la liste de ceux qu'on a brûlés, et qui n'étaient pas plus sorciers que leurs juges,
Aux sorciers ont succédé les vampires , non au quinzième , au seizième siècle , mais sous le règne de Louis XV. Ces vampires étaient des morts qui sortaient la nuit de leurs cercueils pour aller sucer le sang des vivans endormis, et qui retournaient ensuite dans leur cimetière. Les vivaus maigrissaient, les morts engraissaient; on exhumait le vampire, on lui enfonçait un pieu dans le cœur; il jetait un grand cri, et restait dans 5ft fouse.
On a sur ces vampires des procèsverbaux très - curieux , et le bénédictin Gahnet j qui vivait encore il y a trente ans, a écrit très- sérieusement leur histoire. Si vous voulez savoir la vérité, lisez les Lettres Juives,
Les vampires passèrent comme les sorciers ; mais aux vampires a succédé un animal qui tient une conduite tout opposée à la leur. Il va dans les cimetières, il ouvre les tombeaux, il ronge les os des morts , et en dévorant ces lambeaux pourris , il leur vomit des injures : cet animal s'appelle le Geqffroi.
Mon abbé était tout étourdi de voir tomber , Tune après Fautre , les pièces de Tbabit d'Arlequin. Il était rouge de colère, parce qu'on se facile toujours quand on n'a rien de bon h répondre. Il leva la main, et la remit dans sa poche , parce qu'il
vit que je n'étais pas disposé à tendre l'autre joue dans le cas où il toucherait la première. Il fit deux ou trois tours par la chambre, se remit un peu, et me dit avec assez de tranquillité.
« Au moins 5 monsieur, vous convien- )i drez que la morale de l'évangile » est la plus belle qu'on ait enseignée » aux hommes, et que rien n'est su- » biime comme la loi qui prescrit le M pardon des injures, et le précepte )) qui dit : Ne fais pas aux autres >i ce que tu ne voudrais pas qu'on » te fit. ))
» Je conviens de cela de tout )) mon cœur. J'observe seulement... .
» — - Pas d'observation. — Si fait , )i Fabbéjsifait. J'observe qu'un légis- » lateur qui viendrait nous dire , ^> étrangle ton père , empoisonne ta M femme, poignarde ton fils, se ferait » pendre ou mettre à Thôpilal desfous.
w — Je respire. J'ai cru que vous alliez » encore me trouver la morale de » l'Evangile dans les anciens. — Pas » précisément la même , mon cher » abbé , mais quelque chose de » mieux. »
Jésus prescrit le pardon des injures ;Pythagore avait dit long -tems avant lui : Ne vous vengez de vos ennemis qu'en travaillant à en faire des amis.
Jésus a dit : Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît , et Zoroastre avait dit avant lui : Fais ce que tu veux quVn te fasse.
Quand tu seras en doute si une action est bonne ou mauvaise , abstiens-toi de la fi.ire. Confutzée dit :
Oublie les injures, et ne te souviens que des bienfaits. Sammonocodom dit : Ne parlez que de justice, et ne travaillez que pour elle. Sénèque
( =5) dit ; Voulez- vous avoir Dieu propice, soyez juste ; ou Thouore assez quand on Timite.
Je citerais bien aussi quelques passages du Koran ; mais je suis chronologiste, et je sais que Mahomet est postérieur h Jésus.
K Que nous laisserez - vous , mon- » sieur , que nous laisserez - vous ? » s'écria Fabbé en sautant au pla- » fond. — L'Eucharistie tout en- )) tière, mon cher Docteur; celle-là » est bien à vous. Vous êtes en effet » les seuls qui ayez imaginé que vous » pouviez manger votre Dieu , que » vous resserriez Tinfini dans votre » estomac, que vous le digérez, que )) vous le rendez. Cicéron , de Divi- > natlone , lib. 1 1 , dit : Les hommes » ont épuisé toutes les épouvanta- » blés démences dont ils sont ca- » pables ; ils n'ont plus qu'un pas à
» faire , c'est de manger le Dieu » qu'ils adorent » ; et la prophétie de Cicéron est beaucoup plus claire que celle de tous les prophètes juifs: il vous était réservé de Faccomplir.
« Mais , monsieur, Jésus a dit :
» Ceci est mon corps , ceci est mon 3) saniT. Voilà qui est positif, je crois. » — S'il a dit cela , Fabbé, il n'a pu » le direqu'euibiématiquement, car » son corps était tout entier quand » il a dit cela. Le pain et le vin n'éw taient donc pas lui , à moins que » vous ne lui donniez deux natures y humaines , ce à quoi vos devan- M ciers n^ont pas pense , et ce qui » est le seul mojen de vous tirer » d'affaires. Essayez , docteur , de )) cette interprétation-là. Un niira- » cîe de plus , un miracle de moins, » qu'importe » . ?
( =7) Un sage de l'antiquité a dit; Dieu est un cercle dont le centre est partout , et la circonférence nulle part.
Petits ergoteurs chrétiens, quand vous aurez des idées comme celles-là, on TOUS permettra de parler.