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Sainte-Marie pour vivi: ot travailler à son ombre, c'est que Baltimore, « le catholique romain, étendit sur eux son sceptre tolérant (1) », Baltimore qui « fut en quelque sorte un monarque » au vrai sens de l'Église.
Quel contraste avec l'intolérance, « le régime de terreur » imaginé par Clayhorne, « le mauvais génie de la colonie », et ces gens qui ressuscitèrent en Amérique les persécutions d'un Henri VIH! Un historien américain, protestant, les a jugés. « J'ai vu, dit Campbell, tant de témoignages irrécusables de la conduite du clergé protestant du Maryland, que je suis confondu de surprise en voyant que Dieu a épargné une Église si univer:ellement corrompue et qu'il n'a point retiré ses lumières de ce triste lieu (2)». Le chef d'alors, ne régnant que pour satisfaire sa cupidité et sonavarice, ne pouvait avoir d'autres agents.
Nous attendions ici cette question, sous la forme d'une objection : € Washington n'était-il pas francmacon”? Il a donc en dehors du christianisme créé la plus belle république, qui s'est maintenue et a grandi delà de son rêve. »
Nous ne dissimulerons pus la vérité, le fait est
Q) » The happiness of the colony was enviable, The perseeuted and the unhappy throngeti to the domains of the benevolent prince. The tolerant sceptre of the Roman Catholic. » JBANCROFT cité par Sabzien : ist. of the Unit-Stes, 193 el suiv.
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admis : la loge de Frédéricksburg le réclame avec ostentation : elle se dit même en possession de la Bible sur laquelle il prêta serment d'apprenti, de compagnon et de maître. Ce fut une erreur de sa vie ; il céda, comme bien d'autres, en ce temps où l'Église n'avait pas, au nord de l'Amérique, les facilités de jeter la lumière sur la Franc-Maconnerie, “un entrainement dont il ignorait la conséquence. Celle-ci, qui cachait ses projets sataniques et cherchait des noms en relief pour arriver à son but, ne s'enveloppait-elle pas de mystères à ses yeux °? Neut-elle pas l'hypocrite audace de se présenter à lui comme une société humanitaire, « de bienfaisance » ? Il est d'autant moins téméraire de le penser qu'il nous apprend quel cas il en faisait.
Lorsqu'il la connut, lorsque peut-être elle le mit, pour atteindre ses fins, au courant de ses moyens, il la désavoua. il la rejeta comme l'ennemie de l'État. Sa correspondance avec Snyder, « clergyman » anglican de Frédéricktown, Maryland, rendue publique, ne permet pas d'en douter. Dans des lettres authentiques, du 25 septembre et des 10 et 14 octobre 1798, il affirme «n'avoir jamais présidé de loges » eU n'y avoir mis les pieds, depuis son initiation, qu'une ou deux fois. Dans la dernière il traite les principes des Illuminés de « diaboliques (1)», «il ne les sépare pas des principes pernicieux des Jacobins ».
Washington avait vu ce que la Maçonnerie avait fait en France de 1589 à 1593. Il savait le rôle terri-
(@) La Frane-Maçonnerie, de Bavière, fut organisée en io par le F.. Adam Weishaupf. Voir « La Croix » de Montréal, 28 janvier 1409.
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blement actif joué par les loges dans les horreursde la Révolution, !! avait été éclairé la-dessus par les Écrits originaux de la Maçonnerie Illuminée qu'il avait étudiés, comme il le dit jui-même dans sa correspondance. C'était bien elle qu'il dénorcça comme un danger mortel pour la République dans son dernier message, où il mettait le Congrès en garde contre «toute association visant à contrôler secrétement ou à intimider le gouvernement du pays, et à devenir de puissantes machines, au moyen desquelles des hommes rusés, ambitieux et sans principes parviendront à renverser le pouvoir du peuple et à usurper les rênes du gouvernement (1) ».
Que les Maçons se servent du nom de Washington, malgré ses déclarations, il n'y a là rien d'étonnant; ils prennent tout ce qu'ils peuvent pour arriver à leurs fins, le scrupule n'est pas leur vertu.
\Vashington avait-il l'idée chrétienne de Dieu, d'un Dieu gouveruant le monde et les peuples *?
Il écrivit, un jour, & Lafayette «qu'il n'était attaché à aucune fsrine de culte (2) ». Devons-nous en conclure à !athsine? Nous ne croyons pas que cette indifférence à l'égard de tant de sectes, qui se disputuisnt alors des adeptes, exclut Dieu : un esprit qui u'était pas affermi par la seule et véritabie Église en était plutôt troublé, ce qui ne rejetait pas la croyance en un Dieu, maître des peuples.
Mais, dit-on, la Constitution qu'il a tracée avec ! organisateurs des États-Unis et signée de sa
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Tout d'asord, remarquons qu'il n'était pas seul, que des difficultés sans nombre s'élevaient de toutes parts, et du côté de ses collègues divisés de croyances, et de celui d'une population arrivant des divers points du monde. Il savait de quels hommes se composaient les groupes qu'il voulait réunir en unique et solide république, en face de l'Angleterre, où régnaient des divisions toujours en lice : il connuissait la ténacité des Puritains de FEst et l'attachement à leur foi des catholiques du Maryland, ‘eux partis à placer en rencontre pacifique sur un même terrain, Le non est distinctio Judæi et Græer (1) de saint Paul s'imposait à sa prudence, il désirait, il entrevoyait au milieu des brouillards, qui devaient, dans l'avenir, se dissiper, un ciel de libertés religieuses et politiques. Nous ne pourrions, nous, ignorer que l'Église en tira profit pour s'implanter et s'étendre davantage.
S'il faut regretter l'absence de Dieu, dont le nom gravé au frontispice de la Constitution en eût fait l'un des plus beaux temples élevés par un législateur, recherchons-en la raison d'État : elle est dans des craintes, exagérées peut-être, mai: nées de cir- “onstances exceptionnelles dans l'histoire, Parmi les conseillers de Washington se trouvaient des chrétiens, John Adams, par exemple, l'un des péres de la république (2), lecteur assidu de la Bible,
() «ll n'est pas de distinction entre Juifs et Gre:s »
(2) « As a delegate to the Constitutional Convention. he was honored as one of the fathers af the republic, » San LIER, 289.
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«qui notait, chaque dimanche, les noms des prédicateurs et la substance des sermons qu'il y avait entendus (1) ». Comment ceux-ci ne protestérent-ils pas contre cet oubli, volontaire assurément, de pensée chrétienne? N'est-ce pas la nécessité qui les tint silencieux pour ménager le succès de leur œuvre ”? Nous savons, en tous cas, qu'ils voyaient au-dessus d'eux la Majesté suprême d'où dérive tout pouvoir. Répondant à une adresse que lui présentérent les ‘atholiques, Washington les exhorta « à s'animer du pur esprit du christianisme, moyen de jouir d'une temporelle et spirituel'e félicité (2)». C'est sous sa présidence que la Constitution fut amendée de manière à rendre plus explicite ce que l’on.entendait par liberté aux États-Unis. Il y était écrit, nous l'avons dit, «qu'aucune qualification religieuse ne sera exigée pour permettre à un citoyen d'occuper une fonction gouvernementale ou un poste de confiance dans l'État», Dans ia lettre à FE ‘“yette que nous avons citée plus haut, il s'exp. « ainsi : «Je suis disposé à laisser ceux qui prusessent le christianisme dans l'Église, suivre celle des routes du ciel qui leur semblera la plus directe, la plus unie, la plus facile, la moins sujette à objection. » D'ailleurs, ses successeurs n'ont pas oublié Dieu dans leurs proclamations,comme s'ils eussent voulu y appuyer. [n'y à pas jusqu'au Congrès qui n'ait son chapelain, exemple donné à bien des peuples
Qi) Emile Bourux : Eléments d'une psychologie politique du peuple américain, 299.
€) « May the members of your society, #nimated alone by the pure spirit of Christianity, enjoy every te iuporal and spiritual felicity, » SADLIER, 23.
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catholiques, dont les lois ne reçoivent pas, du moins publiquement, cette sanction d'En-haut,
Adressant ses adieux à la nation, a vant de se retirer dans la retraite de Mount Vernon, Washington prononca ces solennelles paroles, qui furent comme son testament : « Ne nous permettons qu'avec beaucoup de réserve de supposer que la moralité puisse être maintenue sans la religion. Quelle que soit l'influence qu'exerce la haute culture sur les esprits d'une certaine envergure, la raison et l'expérience nous défendent d'espérer que la moralité puisse exister à l'exclusion des principes religieux ». paroles qui sont répétées à l'ouverture du Sénat, comme pour avertir les législateurs d'imprimer aux lois le sceau chrétien.
Dans notre histoire, rien n'est plus évident que le soin des gouverneurs de la Nouvelle-France de faire reluire en leur personne le prestige sacré de la couronne, en eux éclatait la majesté du roi, qui, vue d'au-delà de l'Océan, touchait au ciel dans un mème horizon.
Telle est la loi de subordination qui doit présider chez un peuple appelé à croître et prospérer. L'ordre, qui est l'expression de la beauté, requiert que chacun soit à son rang ou inférieur ou supérieur, le sujet pour se soumettre, le maître pour commander de par un pouvoir plus haut que le sien, anquel il doit lui-même ohéissance.
Pour que le premier accepte sa plus humble con dition, il lui faut voir autre close qu'une verge qui fouette, qu'un bâton qui s'abat sur des épaules, qu'une loi de rigueur à laquelle il ne peut échapper. [Une veut pas être esclave : eh! bien, qu'il lève les
yeux au-dessus de son semblable et considère Dieu. le gouverneur des mondes, se servant des anges et des hommes comme les ministres de ses volontés ! Oh! alors, les chaines qui lui étaient si lourdes. qui meurtrissent ses mains, ne fui seront plus à charge. parce que leurs anneaux brilleront d'un or plus léger et plus poli, reliés ensemble par la charité dont parle saint Paul, qui va du plus petit au plus grand pour Les tenir tous unis d'esprit et de cœur. Le « tout pouvoir vient de Dieu » sera un «joug doux et suave ». Se plier devant un homme, cest révoltant: mais <'agenouiller devant Dieu, c'est s'élever
De leur côté, que ceux qui sont préposés à F État n'en prennent pas orgaeil. Est-ce de leur prespre autorité qu'ils disent aux fronts de s'ineliner ? #1 quel droit humain commandent-ils ? [Foù vient leur pouvoir, sinon de Celui qui, d'un trait de sa puissance, le leur enléverait? Qu'ils ne rejettent pas le prestige divin qui les enveloppe. Lorsque Louis XVI se coifla du bonnet phrygien, c'était la royauté qui se découronnait de son auréole céleste. pour poser sur sa tête un insigne humiliant et ridicule. On raconte que Napoléon, apprenant le siège du palais de Versailles par une populace folle, emportée, montée par des gens avinés, s'écria « Mais, je les ferais fusiller! » IH était trop tard, l'autorité royale s'était dépouillée de ses ‘ayons. comine le dôme des Invalides S effaçant sous les feux mourants d'un soleil penchant à l'horizon.
« S'il est permis de comparer les petites choses aux grandes », combien d'hommes politiques, de ceux que nous avons vus, sont descendus de leurs
trépieds, quand ils espéraient s'y maintenir par l'illusion dont ils s'entouraient! L'illusion n'est pas la vérité, et la vérité finit par percer à travers les nuages dorés,
En juitlet 1900, dans un pèlerinage à Sainte-Anned'Auray, nous avons salué, à quelques pas de la Basilique, ie monument élevé à « Henry V ». Nous ne dirons pas nos impressions. Il ne fut pas heureux, le comte de Chambord, dans ses revendicalions au trône de France : mais il fut juste en proclamant le droit divin. Qui peut vouloir régner sans cela? Mais, après la royauté bourgeoise, après la chute de l'Empire, après la Commune, est-ce qu'on regardait si haut ?
Le droit divin est mort : de là les révolutions, de là l'anarchie, les régicides, les assassinats des présidents de républiques, celui de Me Kinley entre autres, de là cette troupe de détectives, protecteurs qui accompagnent partout les dépositaires du pouvoir.
Que l'on veuille bien remarquer le sens que nous “onnons au droit divin. Ce n'est pas un cachet qui “imprime sur le front d'un homme pour en faire un dieu, où même un demi-dieu : ce n'est pas, encore moins, un masque qui couvre des laideurs et excuse le vice. Non, c'est l'investiture d'un pouvoir par la transmission héréditaire dans une famille. où par la volonté librement exprimée d'une nation, au nom du Maître, au nom du Christ. qui doit régner.
Le père croit à son droit divin, et les enfants ne le nient pas : le mot gravé sur les tables de pierre que portait le législateur du peuple de Dieu : « Tu honoreras ton père », n'a pas été effacé, Ainsi doi-