‹ Le citoyen [microforme]Chapitre 51 sur 51 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Peuple, nous ne sommes pas de ceux qui, usant de toi comme « l'escabeau de leurs pieds », croient à ta déchéance, s'en applaudissent, et se refuseaient à ton relèvement, parce qu'ils seraient déçus dans leurs ambitions. Que nous fait la faveur populaire ? Nous ne sommes pas de ceux qui agitent à tes oreilles, comme un hochet, les sonnettes de la démocratie pour te distraire et t'amuser, tandis qu'ils t'exploitent. Jamais ta puissance ne parut si grande, et jamais tes flatteurs n'en tirérent plus de profits. As-tu bien les honneurs du pouvoir ? As-tu juste part dans les entreprises engagées en ton nom et pour ton bonheur ? Vois si ce n'est pas le petit nombre, habile en moyens, qui tourne ta naïvelé à son avantage. La liberté, qu'il prône à toute occasion, est une poudre qu'il lance pour l'aveugler, et la constitution un leurre pour te tromper. Ou l'on te tient dans l'ignorance de tes devoirs, ou l'on t'enseigne de fausses doctrines, ou l'on te séduit par d'irréalisables proniesses. Bref, ton éducation civile et politique esi non seulement imparfaite, mais encore nuisible à tes intérêts,

Où la trouver, cette éducation, la seule vraie, la

seule qui promet san: ‘; faire ? Quel est le magistère qui, en t'éclairan: :: échauffe de son amour ”?

Consulte ta propre i.: .vire, et tu iras à bonne

adresse. L'Église t'apparattra au seuil de ta vie et

sur la voie de tes évolutions. Te relisant, tu la

verras, sentinelle vigilante, à la garde de tes droits. Elle t'a relevé à tes propres yeux et aux yeux des grands, et, encore aujourd'hui, ses pontifes t'exaltent en te présentant le type divin, Jésus de Nazareth, comme la persontification de ton civisme humble, mais accompli, si tu ne t'en écartes pas. Songe aux citoyens qui te continueront, peuple de l'avenir, Ta survivance est dans les vertus de justice, d'honnêteté, de dévouement dont elle pénétrera leurs âmes. Que tes enfants s’assuient sur les bancs de ses écoles, qu'ils boivent les enseignements qui descendent de ses chaires comme de sources pures et fortifiantes, qu'ils grandissent sous sa tutelle et qu'ils marchent sous sa conduite ! « La sagesse politique elle-même, a dit Léon XIII, conseille de laisser aux évêques et au clergé leur part dans l'instruction et l'éducation de la jeunesse (1). » Heureux le peuple, plus heureux que celui qui n'a qu'un civisme sans idéal élevé, sans moralité divine, sans frein dans la jouissance, sans guide dans la prospérité, sans appui dans l'épreuve, heureux le peuple, lorsque la Providence de Dieu le couvre de son indéfectible protection, lorsqu'elle projette sa lumière sur son chemin, lorsqu'elle le vivifie de sa chaleur, lumière des devoirs, chaleur du patriotisme ! Puisque tout peuple a sa mission, si bien définie par l'évêque de Meaux, à l'instar de «tout homme venant en ce monde » il ne paraît pas qu'un jour ; non, il n'est pas emporté par le vent de ce qu’on a appelé la fatalité, pour expliquer tout événement qui entraine à la ruine : mais, il

(1) Eneyel. Officio sanctissimo,

s droits, eux des ; t'exalle Nazacivisme pas.

peuple rtus de le pénét sur les 1ements sources Sous sa ! « La II, conur part se (1). »

lui qui roralité s guide e, heu- Dieu le squ'elle ‘elle le chaleur 1ission, star de paraît par le pliquer ais, il

respire à l'aise, il se tieat debout, ferme, fort « des talents qu'il a reçus », il est immortel, autant du moins qu'il y ait immortalité ici-bas, où tout passe et s'éteint.

Chefs de nations, ministres, députés, maires, conseillers de ville, de village, jurisconsuites, publicistes, professeurs, patrons et autres qui tous régnez sur vos concitoyens par l'ascendant d'un esprit comblé des dons de la nature, ou de la fortune qui pousse en avant, ou de la faveur qui s'attache à un nom, vous-mêmes, placés au plus abaissé des sommets, « docteurs en Jérusalem », dont l'opinion a son poids, amis influents auprès des puissants, en un mot, maîtres de n'importe quel homme, rappelez-vous que d'au-dessus de la terre vous est venue la prérogative de commander, qu'elle vous a été communiquée pour le bonheur de vos semblables, et que vous en portez la charge et la responsabilité devant Dieu, le distributeur des biens et le juge de l'emploi que l'on en fait ; rappelez-vous que ce bonheur est dans un pays bien gouverné, une cité bien administrée, une maison bien ordonnée, toute association bien constituée.

Que faut-il pour atteindre à cette fin ? 11 nous semble l'avoir dit clairement, des âmes chrétiennes. A vous, sinon à les créer, du moins, à les perfectionner. Soyez chrétiens d'abord, et elles vous suivront. Soyez chrétiens dans la doctrine qui s'impose par la vérité, soyez chrétiens dans la morale qui porte une sanction divine, soyez chrétisns dans vos aspirations, celles même qui tendent à une félicité terrestre : Dieu ne s'y refuse pas, puisqu'il a donné à l'homme le génie. Soyez chrétiens dans

ces vertus civiques : pureté d'intention, élévation dans les motifs, probité dans les moyens, modestie dans le succès, courage à l'épreuve, justice et charité, dévouement jusqu'à la dernière limite à la cause publique.

Vertus civiques, avons-nous dit ; vertus chrétiennes plutôt. Seule la religion les engendre, non pas cette religion du paganisme qui louait les dieux pour flatter les passions, qui fit de Cicéron le plus vaniteux et le plus intéressé des pères de la patrie, non pas cette religion qui s'exprimait en « de beaux gestes » et écrasait les petits de tout le poids des seigneurs, non pas cette religion de tribune à la Mirabeau, aux grandes poses, aux phrases sonores. sans personnel désintéressement, non pas cette religion, qui n'en est Pas une, vague, « nationale et libre », à la Clémenceau, qui s'est traduite dans la plus connue des tyrannies de notre siècle, non pas cette religion qui, dans l'école prétendue neutre, donne à l'erreur préséance sur la vérité, au mal sur la vertu, non pas cette religion qui ne consent Dieu qu'entre les quatre murs de l'église, non plus cette religion d'une tolérance coupable, de concessions de la part de quelques-uns de ses enfants, d'adoucissements qui mélent quelques gouttes de miel à des tonneaux de vinaigre, selon le mot de saint François de Sales, un peu de bon aux vices du temps ; mais cette religion toute de lumière, de force, d'amour, cette religion fondée par le Christ, qui n'entend pas de partage dans ses enseignements, cette religion qui n'a qu'un seul Docteur et Guide, le Pape de Rome, et se nomme l'Église catholique.

En elle est la sagesse, en elle la charité, Elle est

lévation 1odestie et chate à la

Ss chrére, non s dieux le plus patrie, > beaux ds des e à la nores, te reliiale et lans la n pas eutre, al sur t Dieu s cette ssions adoumiel à saint s du e, de hrist, Ients, uide, ique.

le est

« lumen de cœlo », la lumitre qui descend du ciel ; elle est aussi « ignis ardens », le feu qui embrase les âmes d'une ardeur allant jusqu'à la croix. Portez vos regards sur l'étoile fixée au blason de l'immortel Léon XIIL, relisez l'Encyclique qu'il adresse aux Princes et aux chefs d'État, méditez les paroles que ce plus grand politique de son temps prononça en de si solennelles circonstances, et vous n'aurez pas besoin d'autre enseignement pour votre vie civique. Approchez aussi de la flamme qui dévore le cœur du pieux Pontife régnant, Pie X ; et elle vous communiquera « le zèle de votre maison », l'amour de vos subordonnés, la passion du bien, l'esprit de sacrifice sans lequel pas d'œuvre fructueuse. Léon XIIL, intelligence ; Pie X, charité.

À vous, jeunes gens, nos dernières paroles ; à vous, parce que vous êtes la réparation d'un passé maculé de tant de fautes, hélas ! déshonoré de tant de hontes ; parce que vous êtes la consolation et l'espoir du présent qui s'arrête pour penser, parce que, comme l'avenir appartient à Dieu, vous en serez les instruments. Nous voudrions conclure notre testament par vous. Rien ne nous oblige à dicter nos « dernières volontés », à léguer des œuvres, à donner des conseils suprêmes, ni l’âge, ni la dignité ni la science, ni le peu de bien que nous avons semé le long de notre voie, humble apôtre de l'Église. Nous n'imitons pas Chateaubriand qui écrivit ses « Mémoires d'outre-tombe », avant d'y être descendu ; ce serait une vanité qui ne nous est pas permise.

Mais, nous aimons la jeunesse, parce qu'elle renferme dans son sein l'humanité, parce que ses

Hindi tiens osétemenrimennee | monmaraéipeerntréaisierifraneeuniesnnesse1à

ne

A add ag 28

+ Rd esta à

F8 vo dat 1 ému rer var M ga Pt:

CET PR Ter

veines sont chaudes du sang de notre race. L'émotion nous gagne à la vue de ce citoyen adolescent, parce que la patrie sera tel qu'il est. S'il est instruit, elle sera éclairée : s'il est sage, celle aura ses Salomons ; s'il est juste, ses tribunaux rendront des arrêts sans appels ; s'il est vrai, elle ne se trompera pas dans ses voies : s'il est honnête, pas de fraudes, pas d'ambiguités, pas d'altération dans les contrats ; s'il est droit, pas d'affaissement dans la conscience publique ; s'il est chaste, le débordement de la Rome corrompue aura sa digue ; s'il est doux, Qil possédera le royaume des cieux », s'il est pieux, la grâce divine l'inondera ; Si son âme est grande et généreuse, il sera à la défense de la liberté ; s'il aime, il tombera sur les Plaines d'Abraham, mais se relèvera à Châteauguay, il se dressera dans les parlements, le front noble, la fierté dans l'œil, et tous les droits seront tenus serrés contre sa poitrine. Il sera le citoyen chrétien dans toute l'acception du mot.

Est-ce un rêve ? Est-ce une illusion ? Est-ce l'obsession d'une pensée ? Amis, nous souhaitons que vous l'ayez ce rêve, pour le réaliser ; que vous l'ayez cette pensée qui s'exprime par la générosité, ce désir qui se porte au bonheur de ses concitoyens. Dans un temps où l'on doute du patriotisme, puisse votre âme se passionner Pour la cause sucrée de la nation !

Voulez-vous ne Pas passer inutiles sur le sol natal OÙ AU pays d'adoption ; voulez-vous encore moins nêtre pas nuisibles dans le champ du travail, comme des plantes infectieuses : voulez-vous que la reconnaissance, quoique tardive, lève autour de

L'émolescent, st insura ses ndront € trompas de ans les dans la lement t doux, pieux, grande é ; s'il , Mais ns les œil, et a poiaccep-

Est-ce aitons

vous osité, yens.

uisse

de la

natal noins ivail, que ür de

votre nom, comme une fleur nait d'une glèbe remuée et rafraîchie par une main attentive : voulez-vous un dernier et doux sommeil préparé par une conscience satisfaite du devoir accompli et du bien répandu autour de soi : voulez-vous qu'un monument. comme celui de Sainte-Foye, regardant les Laurentides, vous redise à la postérité, fière de sa génération ? Qu'il sorte de votre phalange des Donoso Cortès, des penseurs profonds et de sages politiques ; des O'Connell, des audacieux émancipateurs du peuple souffrant dans ses droits violés : des Montalembert, des crateurs à la parole franche et ‘atholique ; des Windthorst, des valeureux dans les combats du faible contre le fort : des de Mun, des hommes « sans peur et sans reproche » ! Qu'ils renaissent en vous, ces héros du passé qui nous ont engendrés dans la foi et la liberté, ceux dont nous avons püblié le civisme chrétien !

LE

Phi Me pren mnth ses: agi henri at ronde

* * a “nt + + tement omnpn de ob EDIT AUD NN SR) rasé

Nic ptet " canne de MA er

Page 1