‹ Le clavier d'or: sonnetsChapitre 11 sur 23 · HH M I · texte numérisé non relu

HH M I

Le Carquois.

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A Gustave Bridier.

Our les monts lumineux de Madian, V Exilé J Courbe au souffle divin sa tête prophétique. Vètoile du berger semble une urne mystique Où s abreuve sans fin son cœur inconsolé.

Son œil, charbon ardent étrangement voilé, Sent peser l'infini dans son orbe extatique, Et ses pieds tout meurtris foulent la terre antique- OU le buisson sacré flamboie, inviolé.

Il n'ose pas franchir F inconnu qui Vèctase : Sous le feu du mystère il voit rouler la mer Orageuse du doute et du grand rire amer.

Ainsi sur le sol chaud que la science embrase Les prêtres du passé ne s'aventurent pas, Craignant que T avenir n'éclate sous leurs pas.

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Le Carquois. 113

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/H ! noms le gardons mal, ce vieux nom héroïque Qui fit trembler jadis la sombre papauté, Ce nom superbe et fier, par Coligny porté, Vibrant comme un mot d'ordre en un combat épique.

Or il savait prier, le bon peuple hérétique ; Mais il savait aussi mourir sans lâcheté Pour sa cause invaincue et pour la liberté, N'ayant pour Marseillaise ardente qu'un cantique.

Ces révoltés avaient, pour saper les remparts,

Pour assaillir tes murs, Ô noire citadelle,

La foi qui met V audace au cœur comme aux regards!

Ils voyaient poindre au ciel une aurore immortelle : L'idée, astre serein, illuminait leurs yeux, Et de Quatre-vingt-neuf ils étaient les aïeux.

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T uther était bien fait pour son rôle d'athlète. ) Les muscles n'auraient pas chez lui trahi la tête; En ses robustes chairs coulait un. flot de sang. Aussi bien que sa foi son bras était puissant.

Sa voix large montait comme un bruit de tempête Et luttait pour l'esprit en défendant la bête : Un prêtre marié, f' était chaste et décent; On étouffe le cœur en le rétrécissant.

Son poignet eût aidé sa vieille Bible austère, Quand, .superbe, il traquait les charlatans véreux Vendant le paradis pour acheter la terre.

Le rire ensoleillait son bon air plantureux, Et c'est après un verre, en sortant de la table, Que ce moine vaillant faisait la guerre au diable.

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