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Pans une chambre étroite, aux murs nus et glacés, Une lampe vacille. Un homme solitaire, Pâle, triste, accablé, courbe son front austère Dans ses mains; ses regards fixes sont oppressés. ■■
O sombre vision ! ce sont lès trépassés !
Il voit monter au ciel les élus du Calvaire Et les maudits rouler dans V abîme sévère, Au milieu des concerts des justes empressés.
Mais il entend aussi les longs râles sans trêve Et les sanglots affreux que poussent les damnés Vers le séjour heureux des saints prédestinés.'
Tout à coup, il chancelle et voudrait fuir son rêve : Car lui, Calvin, s'est vu, plus livide et défait, Eteignant de ses pleurs- le bûcher de Servët t
Le Carquois.
T A main sur le Talmud, V enfant d'Israël prie .- / « Préserve, Adonaï, ion peuple de l'erreur! >> La main sur le Coran, un Turc dit en son cœur : « Garde tes fils, Allah, d'une doctrine impie ! »
La main sur l'Evangile, un chrétien communie ;
La foi met à son front le calme du bonheur.
Il invoque à genoux le divin Rédempteur :
« Sauve, ô Dieu, ton troupeau de l'infecte hérésie ! »
L'antique synagogue au dôme étincelant,
La superbe mosquée à haut minaret blanc }
Et la gothique église aux vieilles flèches fières,
Font un triangle saint où chaque adorateur
Eprouve pour chaque autre une pieuse horreur.
Ces trois enfants d'un Dieu ri ont pas su qu'ils sont frères!
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O ara, la légitime, a chassé l'étrangère.
J La servante féconde erre sous le grand ciel y . Et distille en son cœur qui bouillonne le fiel Qu'elle verse en pleurant dans l'âme aventurière
Du fils de V abandon, assis sur une pierre.
C'est ainsi que pleura la mère d'Ismaël ; C'est ainsi que grandit dans le faux Israël Une haine farouche, inoubliable, altière.
Et quand fange appela la délaissée Agar, De V enfant du désert s'anima le regard ; Et, d'une voix superbe, au messager divin
Il jeta comme un cri cette injure suprême :
« Laisse-nous, Dieu d'Abram, seuls avec notre faim,
Seuls avec les lions, moins cruels que toi-même ! »
I n8 Le Carquois. I *
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T Tn bedeau resté cuistre et devenu pédant J Entre dans V officine oit saint Veuillot distille Du fiel de sacristie et des parfums de style. Le bon Père l'achète et le paye au comptant.
Le nouvel acolyte, au zèle débordant, Verse sa part d'injure et son trésor de bile Dans le chaudron sacré aVoù Técumoire habile Du doux apôtre exclut tout terme accommodant.
Le Maître lui commet les critiques honnêtes Dans un sale coin borgne, où les jeunes poètes Ont leur douche d'eau noire et d'encens empesté.
Et si Victor Hugo s'avise d'un chef-d'œuvre.
Le cancre aux doigts hideux, gluants comme une pieuvre,
X bave, et Veuillot dit : « Bravo ! c'est èreintè ! »
Le Carquois.