LE NOMBRE NEUF
Voici l'ermite du tarot; voici le nombre des iniliéB et des |>rophètes.
Les prophètes sont des solitaires, car c'est leur d||||l|||ée de n'être jamais écoutés. ** ^•
Ils voient autrement que les autre8;fib pressentrot l6B malheurs à venir. Aussi on les emprisonne, on les tm^ ou on les halToue, on les re|K)usse connue deslépreufl on les laisse mourir de faim.
&2 MYSTÈRES RELIGIEUI.
Puis, quand les événements arrivent, on dit : Ce sont ces gens-là qui nous ont porté malheur.
Maintenant, comme toujours à la veille des grands désastres, nos rues sont pleines de prophètes.
J'en ai rencontré dans les prisons; j'en ai vu quinooraient oubliés dans des galetas.
Toute la grande ville en a vu un dont la prophétie silencieuse était de tourner sans cesse et de marcher toujours couvert de haillons dans le palais du luxe et de la richesse.
J'en ai vu un dont le visage rayonnait comme celui du Christ : il avait les mains calleuses et le vêtement du travailleur, et il pétrissait des épopées avec de l'argile. H tordait ensemble le glaive du droit et le sceptre du devoir, et sur cette colonne d'or et d'acier il inaugurait le signe créateur de Tamour.
Un jour, dans une grande assemblée du peuple, il descendit dans la rue tenant un pain qu'il rompit et qu'il distribua, en disant : Pain de Dieu, fais-toi pain pour tous !
J'en connais un autre qui s'est écrié : Je ne veux plus adorer le Dieu du diable; je ne veux pas d'un bourreau pour mon Dieu ! Et l'on a cru qu'il blasphémait.
Non; mais l'énergie de sa foi débordait en paroles inexactes et imprudentes.
Il disait encore, dans la folie de sa charité blessée :
Tous les hommes sont solidaires, et ils expient les uns pour les autres, comme ils méritent les uns pour les autres.
La peine du péché, c'est la mort.
Le p^^hé lui-même est (Vailleurs une peine, et la plus grande des peines. Un grand crime n'est qu'un grand malheur.
Le plus mauvais des hommes, c'est celui qui se croit meilleur que les autres.
Les hoaunes passionnais sont excusables, puisqu'ils sont passifs. Passion veut dire souffrance et rédemption par la douleur.
(le que nous api>elon8 liberté n est que la toute-puissanœ de l'attrait divin. I^s martyrs disaient : Il vaut mieux obéir à Dieu (pfaux hommes.
Le moins parlait des actes d amour vaut mieux (|ue la meilleure pan>lc de piété.
Ne jugez pas, ne parlez guère, aimez et agissez. Un autre est venu qui a dit : Prolestez contre les niauvaises doctrines par les bonnes œuvres, mais ne vous séparez de personne.
Relevez tous les autels, purifiez tous les temples, et tenez-vous préls [)ourla visite de Tespril d*amour.
Que chacun prie suivant son rite et communie avec les siens, mais ne condamnez pas les autres.
I ne pratique de religion n'est jamais méprisable, car c'est le signe d'une grande et sainte pensée.
Prier ensemble, l'estronnnunierà la même espérance, à la même foi et à la même charité.
Le signe n'esl rien par lui-mcinc : c'est la foi qui le sanctilie.
Uï religion est le lien le plus sacré et le plus fort de Tassociation liinnainc, et faire acte de religion, c est faire acte d'humanil('\
lili MYSTÈRES RELIGIEUX.
Quand les hommes comprendront enfin qu'il ne Giut pas disputer sur les choses qu'on ignore,
Quand ils sentiront qu un peu de charité vaut mieux que beaucoup d'influence et de domination.
Quand tout le monde respectera ce que ]||^;)piêiiie respecte dans la moindre de ses créatures : la spdhfànéité de Tobéissance et la liberté du devoir,
Alors il n'y aura plus qu'une religion dans le monde, la religion chrétienne et universelle, la vraie religion catholique, qui ne reniera plus elle-même par des restrictions de lieux ou de personnes.
Femme, disait le Sauveur à la Samaritaine, je te dis en vérité que le temps vient où les hommes n'adoreront plus Dieu ni dans Jérusalem ni sur cette montagne, car Dieu est espril, et ses véritables adorateurs doivent le servir en esprit et en vérité.