‹ Le clef des grands mystèresChapitre 27 sur 123 · RÉSUMÉ 1)K LA PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ 1)K LA PREMIÈRE PARTIE

LA FOI

Oh ! ne jouons pas sur les mots. C'est vous qui ne savez [)as ce que je crois, et je le crois précisément, panîe (jue vouais le savez pas. Avez-vous la prétention d'être infinie? N'êtes-vous pas àcba<iue instant arrêtée par le mystère? Le mystère c'est pour vous une ignorance infinie qui réduirait à néant le fini de votre savoir, si je ne rilluminais de mes ardentes aspirations, et, si ((uand vous dites : Je ne sais plus, je ne m'écriais : Et moi, je commence à croire.

LA SCIENCE

Mais vos aspirations et leur objet ne sont et ne [)euvent être pour. moi que des hypothèses.

LA FOI

Sans doute, mais ce sont des certitudes i)our moi, puisf|ue sans ces hypothèses, je douterais même de vos certitudes.

LA SCIENCE

Mais si vous commencez (m je m'arrête, vous commencez toujours tro|> lot cl témérairement. Mes |)rogn s attestent que je marche toujoui^;.

LA FOI

Qu'importent vos pro^ircssi je nianlio loujoiiis(lc\;iiil vous?

MYSTKRES RKUGIEUX.

LA SCIENCE

Toi, uiarehcr! rêveuse d'olcrnité, tu as trop dédaigné la terre, tes pieds sont enj^ounlis.

LA FOI

Je me lais porter |)ar mes enfanls.

LA SCIENCE

Ce* sont des aveugles (|ui en portent un autre, gare aux précipices!

LA FOI

Non, mes enlants ne sont point aveugles, bleu an contraire, ils jouissent d'une double vue, ils voient [»ar tes yeux ce (|ue tu peux leur démontrer sur la lerre, et ils contemplent par les miens ce (pie je leur montre dans le ciel.

LA SCIENCE

Qu'en pense la raison ?

LA RAISON

Je pense, o mes clières institutrices, que vous petur^ riez réalis(»r un a|)ologue fo'jcbant, celui du pcu^J^li^tm (H de raveuirle. La science reproebe à la foi de ne saviiir l»as marcher sur la lerre, et la foi dit que la screnee m voit vU'u dans le ciel des aspirations et de IV'îernitr. Au lieu de S(Mpierell(»r, la S(Mence et la foidevRiioiil s'unir: (jue la science» [jorle la foi, et que la foi console h scmkVQ en lui apprenant à espérer et à aimer.

Hi:siMi": i)i: la î'^hmieri: pautik.

LA SCIKNCK.

<;rth* idfvosi lu»llr, mais r'rst iiiio niopio. Lu loi luo iliiM «h's :il)siinlilrs, «*t je voïKlnn iiuïrchor sans elle.

L\ FOI

Oii*a|»poll(»s-ln <l(\s ahsiiiililes.'

LA SriKNCK.

.ra|>|>elleal»sunlilés des |)ro[)osi(i<)ns eoniraires à mes liéniMMslrations.romiiK^ |Kire\em|)le, (|iie (rois fout iiii, i|irim l)i(Mi s'es! Tail. Iioimiie, r'esl-à-ilire que rintini sVst Tait Uni. (Jiie rKteriiel (^^t mtul, que Dieu a puni son lils innoeent du |)crlié des lionnues eoupahles...

LA K»l.

N'i'udis pas davanla^M^ Kmis»s par lt>i. ees pro|M»siions sont en ellel des ahsuidilés. Sais-tu ee (pu» eVst pie le MnniluT en Dieu, toi qui ne ennnais [tas Ditni ? ?<Mi\-lu raisonner sur les opérations de rinconiui, |)eu\- Il eompnMidre les mystères de la eharilé? Je dois toii-

OllîS(*lî'r ;*hMlïtir punr lui, (';ir\.Htlll Ivs rnîïJjirrii.iis^ iitrS

ifli nna lions î^'niieiit alis<)H^éi*s [lar (*slliéorèmeH: i** k#*- **iîi toi, et tu serais moi, pour mieux dir>r, je n*»^ i ^ ;plns, el la raison, en présroec de riidini, if i loajoum ûveuKlée|Kirte8rlouk*sansëj inl)iii>; ^

Au moins jriisut|»t* fin h hunv |asde diiiieiilis >i

LA KOI.

Je ne Tai jamais fait et je ne puis jamais le faire

LA SCIENCE

Ainsi, tu n'as jamais cru, par exemple, qu'une vierge puisse être mère sans cesser d'être vierge, et cela dans Tordre physique, naturel, positif, en dépit de toutes ks lois de la nature; lu n'affirmes pas qu'un morceau de paii est non-seulement un Dieu, mais un vrai corps liumaio avec ses os et ses veines, ses organes, son sang, en sorte que tu fais de tes enfants qui mangent ce pain un petit peuple d'anthropophages.

LA FOI

11 n'est pas un chrétien qui ne soit révolté de ce que tu viens de dire. Cela prouve assez qu'ils ne comprennent pas mes enseignements de cette manière positive i grossière. Le surnaturel que j'affirme est au -dessus delà nature et ne saurait, par conséquent, s'opposer à ëk\ les paroles de foi ne sont comprises que par la foi; riei qu'en les répétant, la science les dénature. Je me sers de tes mots, parce que je n'en ai pas d'autres; uA puisque lu trouves mes discours absurdes, tu dois en et»dure que je donne à ces mêmes mots une sigiiificatioi qui t'échappe. Le Sauveur, en révélant le dogme de h présence réelle n'a-t-il pas dit : La chair ici ne sert A rien, mes paroles sont esprit et vie. Je ne te donne pask

RÉSUMÉ DE L\ PREBil^.RE PARTIE. 101

myslùro de rinearnalion pour un phénomène d'anatomie, ni ('clui de la transsubstantiation pour une manipulation chimique. De quel droit crierais-tu à I absurdité? Je ne raisonne sur rien de ce que tu connais; de quel droit dirais-tu que je dëraisoime?

LA SCIENCE

Je commence à te comprendre, ou plutôt je vois que je ne te comprendrai jamais. En ce cas, restons séparées^ jamais je n'aurai besoin de loi.

LA FOI

Je suis moins orgueilleuse et je reconnais que tu peux m 'cire ulilc. Peut-être aussi sans moi si*rais-tu bien triste cl bien désespérée, et je ne veux me séparer de loi que si la raison y consent.

LA RAISON

Gardez-vous bien <le le faire. Je vous suis nécessaire i toutes deux. El moi que ferais-je sans vous? J'ai besoin de .<^ivoir et de croire pour être juste. Mais je ne dois jamais confondre ce que je sîiis avec ce que je crois. Savoir <'e n'est plus croire, croire c'est ne pas savoir encore, l/objet (le la seiencc est le connu, la foi ne s'en occupe pas cl le laisse tout à la science. L'objet de la foi est l'inconnu, la sciciirc |)eul le chercher, innis non le définir; elle est donc fonw, du moins provisoinMuenl, d'accepter les définitions de la foi qu'il lui est iMip(»ssiblc

102 MYSTi^RES RKUGIGUX.

même de criliiiuer. Soulenicnt si la si^ieiuv rononoo à b foi, elle renonce à TesiK^ranee el à Tamour dont IVxîsIoihy et la nécessité sont |X)urlinit aussi évidenies |KHirb scientH? qne i>our la foi, h\ foi, connno fait jisyoliologituie, est du domaine de la siùcnce, et la scieniv, ooniinc manifestation de la lumièi\3 de Dieu dans rintolligi^iice humaine, est du doniaiue de la foi. l-a science el la fw doivent donc s'admettre, se ivsjKVter muluelloinent, se soutenir même et se iK)rter secoui^ au l>esoin, mais sans jamais empiéter i'imc sur Tautiw Le moyen de les miir c'est de ne jamais les confondis. Jamais il ne peut y avoir de contradiction enti^e elles, car en se servaut dt^ mêmes mots, elles ne parlent pas la même langue.

Là foi.

Eh bien! ma sccur la science, <iuV>n dites-vous?

LA S1.IKNCK.

Je dis que nous étions séparées |mr un déplorable malentendu et cpic désormais nous pouvons n)archcr ensemble. Mais auipiel de les dilTérenls symboles vas-tu rae rattacher? Serai-je juive, catholique, nnisulmane ou protestante?

LA FOI

Tu resteras la science et tu seras universelle.

LA SCIENCE

C'est-à-dire catholi(|uc, si je comprends bien. Mais (juedois-jc |KMiscr (l(»s dilTércnlcs religions?

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