‹ Le clef des grands mystèresChapitre 3 sur 123 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

GEKMEK BAILLIËRE, LIBRAIRE-ÉDITEUR,

Hue de r£cuIc-(le-Médecine, 17.

LO^DRBH I :«BW-YOBK

li^jle laUllèrr, 219, Ifffit sireet. | BaUUèrf brolbers, UO, Inalf ay.

HADEID, C. BAU.I.Y-BAILUÈRE, C.Vl.LE UEL PRINCIPE, 11. Pruits de liudacliuu cl de icpiuduilwu ic^ci ves.

PRÉFACE

l.os esprits humains ont le vertige du mystère. Le mystère est Tabîme qui attire sans cessi? notre curiosité inquiète par ses Ibrmidahles prolondeurs.

Le plus grand mystère de Tinlini c'est Texistcnce de Celui pour (}ui seul tout est sans mystère.

Comprenant rinfini qui est essentiellement incompréhensible, il est lui-même le mystère infini et éternellement insondable, c'est-à-dire qu'il est en toute apparence, cet absurde par ex(*ellencc, au(pjel croyait Tertullien.

Nécessiiirement absurde, puiscjuc la raison doit renoncer pour jamais àTattcindre; nécessairement croyable, puis<jue la S(Menc(» et la raison, loin de démontrer qu'il n'est pas, sont latalement entraînées à laisser croire qu'il est et à Padorcr elles-mcmcs les yeux fermés.

C'est que cet absurdt» csl la source inlinie de la raison, la lumière ressort éternellement (l(»s lénèbrcs éternelles, la siieiHH*, cette Babel de rcs[)rit, piMit tordre et entasser ses spirales en miuitant toujoiu^; t^llc [courra l'aire osciller la terre, elle ne touchera jamais au rwl.

Dieu, r'cst c(» que nous ap|)rciidrons étcriK^Ilt^nent à connaître. C'est par consé(|ncul ce que nous ne saurons jamais.

PREFACE

Le domaine du mystère est donc un champ ouvert aux conquêtes de Fintelligence. On peut y marcher avec audace, jamais on n'en amoindrira l'étendue, on changera seulement d'horizons. Tout savoir est le rêve de l'impossible, mais malheur à qui n'ose pas tout apprendre, et qui ne sait pas que pour savoir quelque chose il faut se résigner à étudier toujours!

On dit que pour bien apprendre il faut oublier plusieurs fois. Le monde a suivi celte méthode. Tout ce qui est en question de nos jours avait été résolu par des anciens; antérieures à nos aimales, leurs solutions écrites en hiéroglyphes n'avaient plus de sens pour nous ; un homme en a retrouvé la clef, il i\ ouvert les nécropoles de la science antique et il donne à son siècle tout un monde de théorèmes oubliés, de synthèses simples et sublimes comme la nature, rayonnant toujours de l'unité et se multipliant comme les nombres, avec des proportions si exactes que le connu démontre et révèle l'inconrm. Comprendre cette science c'est voir Dieu. L'auteur de ce livre, en terminant son ouvrage, pensera l'avoir démontré.

Puis, quand vous aurez vu Dieu, l'hiérophante vous dira : Tournez-vous, et dans l'ombre que vous projetez en présence de ce soleil des intelligences, il vous fera apparaître le diable, ce fantôme noir que vous voyez quand vous ne regardez pas Dieu, et quand vous croyez remplir le ciel de votre ombre, parce que les vapeurs de la terre semblent la grandir en montant.

Accorder dans l'ordre religieux la science avec la révélation, et la raison avec la foi, démontrer en philoso-

PflÉPACE. lit

phie les principes absolus qui concilient toutes les antinomies, révéler enfin l'équilibre universel des forces naturelles, tel est le triple but de cet ouvrage, qui sera, par conséquent, divisé en trois parties.

Nous montrerons donc, la vraie religion avec de tels caractères que personne, croyant ou non, ne pourra la méconnaître, ce sera l'absolu en matière de religion. Nous établirons en philosophie les caractères immuables de celte vérité, qui est en science réalité, en jugement RAISON, et en morale justice. Enfin, nous ferons connaître ces lois de la nature, dont l'équilibre est le maintien, et nous montrerons combien sont vaines les fantaisies de notre imagination devant les réalités fécondes du mouvement et de la vie. Nous inviterons ainsi les grands poètes de l'avenir à refaire la divine comédie, non plus d'après les rêves de l'homme, mais suivant les mathématiques de Dieu.

Mystères des autres mondes, forces cachées, révélations étranges, maladies mystérieuses, facultés exceptionnelles, esprits, apparitions, paradoxes magiques, arcanes hermétiques, nous dirons tout et nous expliquerons tout. Qui donc nous a donné cette puissance? Nous ne craignons pas de le révéler à nos lecteurs.

11 existe un alphabet occulte et sacré que les Hébreux attribuent à Hénoch, les Égyptiens à Thauth ou ù Mercure Trismégiste, les Grecs à Cadmus et ù Palamède. Cet alphabet, connu des pythagoriciens, se compose d'idées absolues attachées à des signes et à des nombres, et réalise par ses combinaisons les mathématiques de la pensée. Salomon avait représenté cet alphabet par soixante-douze*

tV PRÉFACE

noms écrits sur trente-six talismans, et c'est ce que les initiés de TOrient nomment encore les petites clefs ou clavicules de Salomon. Ces clefs sont décrites et leur usage est expliqué dans un livre dont le dogme traditionnel remonte au patriarche Abraham, c*est le Sépher- Jézirah, et avec rintcUigencc du Sépher-Jézirah, on pénètre le sens caché duZohar, le grand livre dogmatique de la Kabbale des Hébreux. Les Clavicules de Salomon, oubliées avec le lemps et qu'on disait perdues, nous les avons reirouvées et nous avons ouvert sans peine toutes les portes des vieux sanctuaires où la vérité absolue semblait dormir, toujours jeune et toujours belle, comme cette princesse d'une légende enfantine qui attend pendant un siècle de sommeil Tépoux qui doit la réveiller.

Après notre livre il y aura encore des mystères, mais plus haut et plus loin dans les profondeurs iniinies. Celle pubhcation est une lumière ou une folie, une myslilication ou un monument. Lisez, réfléchissez et jugez.

LA

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