CHAPITRE PREMIER
LA CLEF Dl MESMÉUISME.
Mesmer a l'elrouvé la sriiiur secirle «le la iialuro, il «e Ta |KMnt inveiilée.
I^ substance preinière uniijiie et éléiiienlaire dont il pmclame l'existeiK^e dans ses aplKirisiiies élail eoiimie «l'Hermès et de P\ thagore.
Syiiésiiis qui la eliaiile dans ses liymiies, en avait trouvé la rév(^ation parmi les souvenii^s |)latni)ieiens de l'A'ole d'Alexandrie :
Mtot 'raya, fAcoe ^A^a
Ilcsf yvé cnaptiza. irvoia \3ovoç ivt)cj;c /«Off^;
" l ne senle sotirre, une senle raeine de liimière rt sV'|ianunit en Ihms branelies «le s|ilendeur. Un
circule autour de la terre et vivifie, sous (rinnombrables formes, toutes les parties de la substance animée. »
'Hymnes Je Synésitis^ hymne II.)
>resuier a vu dans la matière élémentaire une substance indiflercnte au mouvement comme au repos. Soumise au mouvement, elle est volatile, retombée dans le repos elle est fixe, et il n'a pas compris que le mouvement est inhérent à la substance première, qu'il résulte non de son indiflérence, mais de son aptitude combinées nn mouvement et à un repos équilibrés Tun par Tautre; (|ue le repos absolu n'est nulle part dans la matière universellement vivante, mais (|ue le fixe attire le volatil pour le lixer, tandis (|ue le volatil ronge le fixe pour le volatiliser. Que le prétendu repos des particules fixées en apparence n'est qu'ime lutte plus acharnée et une tension plus grande d(î leurs forces fin idiques qui s'immobilisent (Ml se neutralisant. C'est ainsi que, suivant Hermès, ce qui est en liant est comme ce qui est en bas, la même fon^e qui dilate la vapeur, resserre et durcit le glaçon; tout obéit aux lois de la vie inhérentes à la subslanoe première; cette suhstan(»e attire et repousse et se coagule et se dissout avec une (constante harmonie; elle est double; elle est amlrogyne; elle s'embrasse et se fécoinh»; elle lutte, clic triom[)he, elle détruit, elle renouvelle, mais elle ne s'abandonne jamais à finertie, (nr l'inertie pour elle serait la mort.
(^est cette substance première (pie désigne le rét^thiératique de la (ienèse lorsque le verbe des Ëloïni fait la lumière en lui ordonnant d'être.
CLEF DU MESMKRISME. 121
Eloïm dit : Que la Inmioro soit et la lumière fui.
(]etfe lumière, dont le nom hébreu est itK, aour, est 'or fluide et vivant de la philosophie hermétique. Son irineipe [)Ositif est leur soufre; son prineipe négatif leur iiercure, et ses principes équilibrés forment ce qu'ils ont lominé leur sel.
Il faudrait donc au lieu du sixième aphorisme de VIesmer ainsi conçu :
« I-a matière est indilVérenfe à être en mouvement ou i être en repos. »
Etablir celui-ci :
I^ matière universelle est nécessitée au mouvement p;ir sa double aimantation et cherche A)tidement ré(|uilibre.
Et en déduire les suivants :
1^ régularité et la variété dans le mouvement résultent lies combinaisons diverses de Téquilibre.
Tu point éf{uilibré de tous (*otés reste immobile pour i*ela même qu'il est doué de mouvement.
Ijf^ fluide est une matière en grand mouvement et tou« jours agitée parla variation des (V|uilibres.
Le solide est la même matière en petit mouvement ou en rt*|K)S apparent, parce cprelle est plus ou moins solide* ment é<|uilibrée.
Il n'est pas de corps solide (|ui ne puisse immédiateluent être |)ulvérisé, s'évanouir en fumée et devenir invh siblesi réquilibredc ses molécules venait a cesser toat à (*uup.
Il n'est |ias de corps fluide (|ui ne |>uisse devenir i I uislaiit même plus dur f|ue le diamant, si Ion |)OUVaK
on équilibrer iinincklialomenf les moléeulos eonslilutives.
Diriger les îiimants, e/cst donc détruire ou créer les formes, c'est produire en apparence ou anéantir les corps, c'est exercer la foute-puissance de la nature.
Notre niédiatein* plastique est un aimant qui allire ou qui repousse la lumière astrale sous la pression de la volonté, (l'est un corps lumineux (|ui reproduit avec la pli» grande fac^ilité les lonnes correspondantes aux idées.
r/est le miroir de Timagination. Ce corps se nouirit de lumière astrale, exactemeni comme le corps organiqiie se nourrit des produits de la terre. Pendant le somnioil il absorbe la lumière astrale par immersion, et pendant la veille, par une sorte de respiration plus ou moins lenle. yuand s(» produisent les pbénomènes du somnambulisme naturel, le médiateur plastique est surcbargé d'une noiuTiturc qu'il difrère mal. La volonté alors, bien que liée parla tor[)eur du sommeil, rejjousse instinctivement le médiateiH' vers les organes pour le dégager, et il se fait une réaction, en quelque sorte mécanique, qui éijuilibre par le mouvement du corps la lumière du médiateur. C'est i)our cela qu'il est si dangereux d'éveiller les sonmambules en sursaut, car le médiateur engorgé peut se retirer alors subitement vers le réservoir comnfiun et abandonner entièrement les organes (]ui se trouvent alors séparés de lame, c(î qui occasionne la mort.
L'état de sumnanïiiulisme, soit naturel, soit factice, est donc extrêmement dangereux, parce qu'en réunisMnl les pbénomènes de la veille à ceux du sommeil, il constitue une sorte d(» grand écart entre deux momies
CLEF Dt MRSMÉniSMR. 12^^
^'àino reimiant les ressorts do la vio parliciilière, tout en »e baignant dans la vie nniverselle, éprouve nn bienître inexprimable et hieherait volontiers les branelies lenenses qni la tiennent suspendue au-dessus du (h>urant. Dans les extases de toutes sortes la situation est la même. Si la volonté s'y plonge avec un etTort passionné nu même s'y abandonne tout entière, le sujet peut rester idiote |)aralysé ou mourir.
Les ballucinations et les visions résultent de blessures Taites au médialeur plastique et de sa |)aralysie locale. Tantôt il cesse de rayonner et substitue des imafres condensées en quel(|ue sorte aux réalités montrées [)ai* la lumière, tantôt il rayonne avec trop de force et se condense en dehors autour de quelipit? foyer fortuit et déréglé, comme le sang dans les excroissan(*es d<* chair, aloi's les rhimèn^sde notre cerveau preinientun corps et sendilent prendre une àme, nous nous apparaissons a nous-mêmes radieux ou dilïormes comme Tidéal de nos désirs ou de m>s erainles.
Les hallucinations étant des rêves de i^ersount^s éveillées, supposent toujours un état analogue au somnambulisme. Mais, en sens contraire; le sonmambulisine c'est le sommeil empruntant au réveil ses phénomènes ; Thallucination c'est la veille assujettie encore en partie à Tivresse astrale du sonuneil.
Nos (*orps ihiidiques s attirent et s(* re|K)ussenl les uns les autres, suivant des lois conformes à celles de Télec- Iririté. tl'est ce (pii proiluil les sympathies et les anli|»atliies in^tindives. Ils s'étpiilibreiil ainsi les uns lesanlres, t*l e\*sl |H)ur cela «pn* les hallucinalions sont souvent
12i MYSTÈRES MAGNÉTIQUES.
eoiilagieuses ; les projections anormales changeni les eournnls lumineux; la perturbation rVun malade gagne les natures les plus sensitives, un cercle d'illusions s'établit et toute une foule y est facilement entraînée. C'est rhistoire des apparitions étranges et des prodiges populaires. Ainsi s'expliquent les miracles des médiums d'Amérique et les vertiges des tourneurs de tables (|ui reproduisent de nos jours les extases des dervicbes tourneurs. Les sorciei^s lapons avec leurs tambours magiquc^s et les jongleurs médecins des sauvages arrivent à des résultats pareils par des procédés semblables; leui^s dieux ou leur diable n'y sont pour rien.
Les fous et les idiols sont plus sensibles au magnétisme que les personnes saines d'esprit ; on doit en con>- |)rondr(* la raison • il faut peu de (*liose |K)ur tourner complètement la tête d'un bomme ivre, et l'on gagne plus facilement une maladie quand tous les organes sont disposés cravance à en subir les impressions et h en manifester les désordres. ,
Los maladies iluidi((ues ont leurs crises fatales. Toute tension anormale de ra[)pareil nerveux aboutit à la tension contraire suivant les lois nécessaires de Téquilibre. Ln amour exagéré se cbangeen aversion, et toute haioe exaltée touclic de bien près à l'amour; la réaction se fait soudainement avec l'éclat et la violence de la foudre. L'i}jinoran(»e alors se désole ou s'indigne; la science tt résigne» et se lait.
11 y a dtHix amours, ccîlui du cœur et celui de la tête, Tamour du cuiur ne s'exalte jamais, il se recueille H grandit lentement a travers les épreuves et lessacrificd^
CLKF DL' MESMÉRISMR. 1:25
rameur de la tète purcMiienl nrrvcnix et passionné no vit que d'enthousiasme, se heurte (M)ntre tous les devoii>$, Imite l'ofyet aimé en chose (*onquis(% est égoïste, exifreant, inquiet, tyrannique et tiiiine l'ataleinent après hii le suieide pour <»ataslrophe finale, ou Tachiltère pour remède. Os |)hénoinèncs sont eonslants (»omnn* la nature, inexorables comme la fatalité.
lue jeune artiste pleine d'avenir et de eouraj^e avait |K)ur mari un honnête honune, un ehereheurde seienee, un poêle auquel elle ne |>ouvait repro(»her (pfun excès d'amour piuir elle, elle Ta cpiitté en routrageant, et <lepnis elle (Continue a le haïr. Klle aussi c«*pendant est une honnête temme. mais le monde impitoyable la ju^e et la cnndanme. O n*est pourtant pas maintenant (|u'elle est coupable. Sa faute, s1l est permis de lui en re|)rocher une, c'est d'avoir d'abord follement et passionnément aimé sou mari.
Mais, dira-t-on, l'ame hiunaine n'est (b)nc pas libre? — Non, elle ne l'est plus dès qu'vlle s'abandonne au verlijre des lussions. Il n'y a que la s;iji:esse qui soit libre, les passions désordonnées sont le domaine de la folie, et la folie c'est la fatalité.
Ce que nous avons dit de l'amour |K)ut se dire aussi de la religion qui est le plus puissant, mais aussi le plus enivrant des amours. La |Kission reli{?ieuse a aussi e.\eès et ses réactions fatales. On peut avmr et des sigmates, comme saint Francoifl tomber ensuite dans desabinies dedébanc
Les natures passionnel^ sont des ai attirent ou repoussent avec force.
120 MYSTiCRES MACNÉTWES.
On peut ma^ii(His<MM)c doux manières : preinièrenieot en agisHîuit par la volonté sur le médiateur [riasiique <run(* autre personne dont la volonté et les aetes ut trouvent, par conséipienl, subordonnés a cette action.
ScfondiMuent, en a^nssant sur la volonté d'une personne, soit par Tintimidation, soit par la persuasion, pour (pie la volonté imi)n\ssionnée modifie à notre firé le médiateur plasiicpie et les actes de celte pcrsotine,
On niaî^nélise pyr le rayonnement, par le wnlaH, par le re<rard et jiar la J^arol(^
L(\s vibrations d(» la voix modifient le moiivenient de la lumière astrale v\ sont un vébiiule puissant du iïki- ^qiclisme.
Le souille ebaud mafrnctise positivement, et le souffle IVoid ma^rnétise négativement.
lue insulllalion cbaude et prolongée sur la colonne vertébrahs au-dessous du eervelet, peut occasionner «b pbéiiomèues éroti<[U(*s.
Si l'on met la main droite sur la lélc et h maing:iurlf sous les |)icds d'inu* personne envelojipéc de Inine 0)}k soit*, on la traverse tout entière d'yne éHnccUe magnéti<pie, cl Ton |)eut oeeasionner une révolution nerveuse dans son orji:auisme avec la rapidité de la foudre.
Les fiasses majmétiques ne servent iju*à diriger h lonlé du majîuéliseur en la confirmant par des at1<^. fit sont des signes et rien de plus. L'acte de k voliiDté «§1 exprimé et non opéTé par ces signes
L(* charbon en |>oudr(î absorbe et retient It J astrale. C/est ce qui explique le miroir majti^jjjfei |)0tet.
CLEF DU MESMÉHISME. 127
Des ligures tracées au charbon appai^issent lumineuses iune personne magnétisée et prennent pour elle, suivant la (lire(*tion (Jonnée par la volontd du magnétiseur, les tonnes les plus gracieuses ou les plus eflVayantes.
La lumière astrale ou plutôt vitale du médiateur plastique absorbée par le charbon, devient toute négative, î'esl pourquoi les animaux que rélectricîté tourmente, »mme |»ar exemple les chats, aiment à se rouler sur le charbon. La médecine utilisera un jour cette propriété, A les personnes nerveuses y trouveront un grand soulajpement.